Dernière mise à jour : août 11th, 2025 à 12:27 am
En amont de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, France 2 propose, ce soir, le téléfilm Olympe, une femme dans la Révolution de Julie Gayet et Mathieu Busson. L’avis et la critique film de Bulles de Culture, ainsi que notre interview des réalisteur.rice.s.
Synopsis :
Paris, juillet 1793. Quatre ans après la prise de la Bastille et le début de la Révolution. La situation est explosive et la Terreur bat son plein. Au milieu de ce monde de violences et de mutations, une seule constante à peu près immuable : les femmes n’ont le droit à rien.
L’une des très rares à oser s’élever contre cette injustice, c’est Olympe de Gouges (Julie Gayet). Femme de lettres, femme de combats, Olympe s’oppose frontalement à Robespierre (Frédéric Noaille). Arrêtée par la police d’État, on la transfère finalement vers une maison d’arrêt dans laquelle elle attendra son procès. Au milieu des autres condamnées de toutes conditions, Olympe va continuer de lutter.
Olympe, une femme dans la Révolution : un portrait didactique, engagé et passionnant
Avec un scénario de Marine Ninaud-Bromberg et Sébastien Mounier, avec la collaboration de Mathieu Busson, une image d’Antoine Monod, un son de Christophe Penchenat, des décors de Valérie Valéro, des costumes de Sandrine Bernard, un montage de Thomas Marchand, une musique originale d’Audrey Ismaël et une réalisation de Julie Gayet et Mathieu Busson, Olympe, une femme dans la Révolution met en lumière la vie et les combats de la femme de lettres, révolutionnaire et pionnière du féminisme français, Olympe de Gouges.
Situé en 1793 lors du retour incognito à Paris de d’Olympe de Gouges et sa discrète arrestation pour diffusion d’idées contre-révolutionnaire, ce téléfilm alterne entre :
- ses combats contre l’esclavage, pour le droit de vote des femmes…
- sa vie intime avec un mariage sans amour ayant donné un fils (Lucas Ferraton), ses amants, le poète Michel de Cubières (Dimitri Storoge) et l’entrepreneur Jacques Bietrix (Jean-Pierre Lorit), sa relation avec sa servante (Pauline Serieys)…
- ses séjours en prisons, dont celui dans la prison de femmes supervisée par une directrice intraitable (Émilie Gavois-Kahn), où elle fait la rencontre d’une condamnée à mort pour ses activités contre-révolutionnaires, Madeleine de Kolly (Amandine Dewasmes), et pousse des codétenues à se révolter contre leurs conditions de vie,
- son procès avec, notamment, son face-à-face avec l’accusateur public Fouquier-Tinville (Luc Antoni, vu dans le film Monsieur Aznavour).
Mais peu à peu, celle qui a voulu promouvoir auprès de la reine Marie-Antoinette une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, subira la violence du retour de balancier de la Terreur et les conséquences de son jusqu’au-boutisme face à Robespierre (Frédéric Noaille).
Notre avis ?
Bien que classique dans sa forme, le téléfilm Olympe, une femme dans la Révolution offre un portrait didactique, engagé et passionnant d’une figure majeure, et pourtant méconnue, de l’engagement des femmes pendant la Révolution française, qu’incarne une Julie Gayet totalement investie.
Rencontre avec les réalisateur.rice.s Julie Gayet et Mathieu Busson : “Le film raconte l’histoire de l’émancipation d’une femme”
Bulles de Culture : Qu’est-ce qui vous donné envie de parler d’Olympe de Gouges ?
Julie Gayet : Parce que les Français ne la connaissent pas. J’ai été frappée d’apprendre l’existence de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et de toutes ces femmes pendant la Révolution française. Alors qu’on nous a appris au collège que c’était une révolution avec des hommes pour les hommes.
Bulles de Culture : Les conditions des femmes décrites dans le téléfilm Olympe, une femme dans la Révolution sont encore très actuelles dans certains endroits du monde…
Mathieu Busson : Oui et on le voulait et c’est pour ça qu’il y a ces moments dans les prisons. Il a fallu du temps pour trouver la forme du scénario. On ne voulait pas un biopic classique, chronologique parce que c’est un exercice qui peut vite devenir vite scolaire. On voulait éviter ça et ramener la même modernité qui existe chez Olympe de Gouges. Or, l’enfermement des femmes, l’interdiction de voter, etc. sont encore très prégnants dans le monde d’aujourd’hui.
Bulles de Culture : Qu’est-ce qui vous plu chez elle ?
Julie Gayet : Son côté très concret, très jusqu’au-boutiste et le fait qu’elle ne lâchait jamais. J’ai retrouvé sûrement chez elle un petit peu d’Agnès Varda, avec qui j’avais commencé dans le cinéma. Cette idée de ne pas lâcher et de faire.
Ce qui est fou c’est qu’Olympe de Gouges est autodidacte. Et c’est aussi ça que raconte le film, l’histoire de l’émancipation d’une femme. Elle vient d’un milieu bourgeois de Montauban et elle monte à Paris, apprend tout toute seule et se donne zéro limite. Elle fait, elle ose et parle. Or, toutes les femmes qui ont osé parler dans l’histoire, on les a décrédibilisées de leurs vivants. Ce n’est alors qu’une fois mortes qu’elles sont décrites comme super.
Mathieu Busson : C’est aussi une très grande naïve. Sans dévoiler l’issue de son procès pour ceux qui ne la connaissent pas, elle croyait à la justice. Elle n’avait pas l’impression d’avoir été contre la Révolution. Elle avait une sorte de grande naïveté de se dire que la justice des hommes existe.
“J’ai passé tout le film avec l’impression qu’Olympe de Gouges était avec moi”
Bulles de Culture : Était-ce une évidence pour vous de l’incarner ?
Mathieu Busson : En fait, elle ne voulait pas la jouer. Et c’est Anne Holmes [NDLR : directrice des programmes et de la fiction française de France Télévisions], Christie Molia, la productrice [NDLR : chez Moteur S’il Vous Plaît], puis moi qui lui avons dit que s’il y en a une qui devait l’interpréter, c’était elle.
Bulles de Culture : Pourquoi cette hésitation ?
Julie Gayet : Le syndrome de l’imposteur des femmes. En plus, comme elle venait de Montauban, qu’elle avait un accent du sud-ouest très poussé et que les Parisiens s’en moquaient, j’étais persuadée qu’il fallait que ce soit une actrice qui est cet accent car moi, je ne voulais pas faire semblant de l’avoir. Et ce qu’ont dit Anne Holmes et les autres, c’est que c’était mieux d’avoir quelqu’un qu’on connaît pour l’incarner et qu’elle est mon énergie.
Bulles de Culture : Est-ce qu’interpréter ce personnage dans Olympe, une femme dans la Révolution vous a transformée ?
Julie Gayet : Je parle encore plus (rires). J’ai passé tout le film avec l’impression qu’elle était avec moi. C’est un peu bizarre parce que je ne suis pas du tout mystique, je suis au contraire très cartésienne, mais j’avais comme une pression de me dire qu’il fallait que la représentation soit juste et qu’il fallait essayer de mettre ce que j’ai ressenti dans ses écrits, son côté passionaria.
“C’est terrible de penser qu’il y a encore une régression des droits des femmes partout dans le monde”
Bulles de Culture : Quelles sensations avez-vous eu en montant sur…
Bulles de Culture : Est-ce qu’il y a des scènes particulières pour vous dans le film ?
Mathieu Busson : Au scénario, c’était…
Secrets de tournage, anecdotes : le saviez-vous ?
- Le téléfilm devait, au départ, faire partie d’une série. “La productrice Christie Molia voulait faire une série sur les femmes pendant la Révolution, en France mais aussi en Suisse, en Angleterre…” confie le coréalisateur Mathieu Busson.
- Le tournage s’est déroulé du 26 septembre au 23 octobre 2023 en région Occitanie (Gouffern en Auge, Gramont, Lectoure, Toulouse, Villefranche-de-Rouergue).
- A l’occasion de la diffusion de cette fiction unitaire, les éditions Flammarion ont sorti, en février 2025, un livre éponyme inspiré par le téléfilm et écrit par la professeure de littérature du 18e siècle Florence Lotterie et la maîtresse de conférence en langues et littérature du 18e siècle Élise Pavy-Guilbert. “Elles racontent l’histoire d’Olympe de Gouges à partir de notre scénario , mais elles comblent tout ce qu’on n’a pas pu raconter, précisent des détails historiques qu’on n’a pas eu le temps de mettre…” précise Mathieu Busson.
- Côté distinctions, cette fiction unitaire a été projetée hors compétition au Festival de la Fiction 2024 et a été sélectionné en compétition officielle au festival CreaTVty 2024.
En savoir plus :
- Olympe, une femme dans la Révolution est diffusé sur France 2 le lundi 3 mars 2025 à 21h10
- Le téléfilm est proposé en streaming et en replay sur France.tv
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