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Bonjour l'asile photo film 2024
Agat Films

Critique / “Bonjour l’Asile” (2025) de Judith Davis

Bonjour l’Asile marque le retour remarqué de Judith Davis derrière la caméra. Après le succès de Tout ce qu’il me reste de la Révolution (2018), la réalisatrice confirme son penchant pour les comédies engagées qui allient légèreté et réflexion politique. Ce nouveau film s’inscrit dans la lignée de ses œuvres en abordant les fractures idéologiques et les luttes collectives dans un cadre singulier. L’avis et la critique sur le film. 

Synopsis :

Jeanne quitte quelques jours le stress de la vie urbaine pour aller voir sa grande amie Elisa, récemment installée à la campagne. Au cœur des bois voisins, un château abandonné devenu tiers-lieu, foisonne d’initiatives collectives. Elisa aimerait s’y investir, mais entre biberons et couches lavables, elle n’en a pas le temps. Jeanne, en militante des villes, n’y voit aucun intérêt. Quant à Amaury, promoteur en hôtellerie de luxe, le château, lui, il veut l’acheter. Tous trois convergent malgré eux vers ce lieu d’entraide et de subversion… Mais combien de temps cet asile d’aujourd’hui pourra-t-il résister à ce monde de fou ?

Le film suit les trajectoires croisées de trois personnages principaux : Jeanne, militante désabusée à la flamme vacillante ; Élisa, une mère surmenée ; et Amaury, promoteur opportuniste. Si ce trio promettait un riche terrain d’exploration sociale, le scénario s’égare en multipliant les thèmes. Écologie, charge mentale, solidarité, tensions économiques : autant de sujets passionnants mais effleurés, qui peinent à s’articuler en une narration cohérente.

Le résultat est un film à l’ambition admirable mais trop dispersé, où les thématiques se succèdent sans trouver leur véritable unité. Les personnages souffrent également d’une écriture un peu rigide.

Toutefois, la photographie, subtilement naturaliste, magnifie à la fois la nature environnante et le chaos vibrant des initiatives communautaires. Ce cadre visuel, allié à une énergie palpable de la troupe d’acteurs, confère au film un charme indéniable, malgré ses nombreuses maladresses narratives.

En fin de compte, Judith Davis livre une œuvre inégale mais sincère, où le trop-plein d’idées entrave parfois la fluidité du récit. Bonjour l’Asile  continue néanmoins de poser des questions pertinentes sur nos manières de vivre ensemble, rappelant que l’utopie est un chemin semé d’embûches mais nécessaire à rêver.

En savoir plus :

Antoine Corte

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