Les producteurs du très brillant Drive ont récidivé en sortant de leur carton une nouvelle pépite saluée au Festival international du film de Toronto : Night Call (Nightcrawler, 2014). Le titre, inspiré d’une chanson de Kavinsky, donne le ton à cette épopée médiatique sombre et tortueuse réalisée par Dan Gilroy. La critique et l’avis de Bulles de Culture sur ce long métrage coup de cœur rediffusé ce soir sur CSTAR.
Synopsis :
Lou (Jake Gyllenhaal) est un chasseur d’images. À l’écoute des fréquences de la police locale, il guette la survenance d’évènements spectaculaires dans le but de revendre le scoop à une télévision régionale. La bataille fait rage avec ses concurrents. C’est à celui qui sera le plus réactif. La côte de Lou auprès des diffuseurs va considérablement augmentée lorsqu’il arrive avant les forces de l’ordre sur le lieu d’un triple meurtre et qu’il réussit à filmer les assassins. Un jeu de manipulation va alors commencer pour distiller les informations au gré des envies des téléspectateurs.
Night Call : scotchant, époustouflant, génie

Scotchant, époustouflant, génie… les qualificatifs manquent pour décrire ce coup de cœur de l’année 2014. Le film Night Call regorge de références. Visuellement, on est dans une ambiance à la Drive (Nicolas Winding Refn). L’image est sombre, la caméra capte l’intime, notamment dans les scènes où le personnage principal, Lou, est chez lui en train de zapper sur les différentes Unes des journaux télévisés. Seul l’écran y heurte le regard en projetant dans la pièce une lumière crue d’un flash “Breaking news”. On montre ainsi l’apparat de cette télévision qui cache dans l’ombre un monde cruel et malsain.
Au cœur de cet univers, Jake Gyllenhaal, dans le rôle principal, est complètement transformé. Loin de son image de flic orgueilleux dans Prisoners (Denis Villeneuve), il a, ici, les cheveux très longs, est très amaigri et a le regard d’une noirceur fantomatique. Il est le “psychopathe du flash”, aussi flippant que Jack Nicholson dans Shining (Stanley Kubrick).
Un film coup de fouet

Le film Night Call est résolument un pamphlet dénonçant les dérives de la presse à scandales, prête à tout pour faire de l’audience. Quitte à oublier le plus souvent les contraintes morales. Cependant, il dépasse allègrement cette thématique de base. Il plonge le spectateur dans un environnement cynique ou, tel un film de Quentin Tarantino, la violence est réjouissante. C’est dans un délire total qu’on voit se bousculer ces chasseurs d’image, dont fait partie Lou, — allant même souvent jusqu’à se battre — pendant qu’agonise à leurs pieds une victime d’un accident de voiture.
Sans temps mort, le réalisateur alterne habillement entre scènes d’actions — de multiples courses poursuites en voitures rondement menées, avec une intelligence économe — et moments de tension psychologique. On est autant pris par la mouvement général que par les pérégrinations intellectuelles des protagonistes. En fer de lance, on est absorbé par les décisions immorales de la responsable éditoriale Nina, jouée par la très charismatique Rene Russo, qui n’hésite pas à tout faire pour sauver l’audience de sa chaîne, et son poste par la même occasion.
Notre avis ?
Night Call est résolument un film coup de cœur Bulles de Culture et un coup de fouet dans le paysage cinéma de l’année 2014.
Secrets de tournage, anecdotes : le saviez-vous ?
- C’est le 1er long métrage du scénariste Dan Gilroy.
- La distribution comprend Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed et Bill Paxton.
- La musique originale a été composée par James Newton Howard.
En savoir plus :
- Film sorti en DVD/Blu-ray chez Orange Studio le 7 avril 2015. Les bonus intégrés dans l’édition DVD haute définition sont des commentaires audio du réalisateur Dan Gilroy, du producteur Tony Gilroy et du monteur John Gilroy ; une featurette du film (5 min) ; un teaser viral (1 min) ; une galerie photo et vidéo (1 min 20) ; une bande annonce
- Night Call est diffusé sur CSTAR et en streaming gratuit sur le site de CANAL+ le mercredi 1er octobre 2025 à 21h10
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