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Affiche du film "The Christophers"

Critique / “The Christophers” (2025) de Steven Soderbergh

L’un des réalisateurs les plus prolifiques d’Hollywood, Steven Soderbergh, revient aux affaires avec The Christophers. Sous le prétexte d’une histoire familiale, il nous livre un face-à-face brillant entre deux acteurs magnétiques, Sir Ian McKellen et Michaela Coel.


Synopsis :

Des enfants (Jessica Gunning et James Corden) d’un artiste autrefois célèbre (Ian Mckellen) engagent une faussaire (Michaela Coel) pour compléter ses œuvres inachevées afin qu’elles puissent être découvertes et vendues après sa mort.

The Christophers : la vie d’artiste

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Ian McKellen, Michaela Coel dans le film “The Christophers” © Courtesy of Neon

The Christophers, c’est l’histoire d’une série de peintures inachevées dont les futurs héritiers veulent profiter. C’est aussi la rencontre entre deux artistes, un ayant connu la lumière et l’autre l’underground. Le réalisateur Steven Soderbergh, qui est surtout connu du grand public pour la série Ocean’s Eleven, Twelve et Thirteen, explore ici de nombreux aspects de la vie si particulière d’un artiste. On peut résumer en disant que certains y voient un moyen de donner forme, ici en peinture, aux émotions qui les animent.

The Christophers évoque cette mise à nu et ses conséquences, comme l’a vécu Lori (Michaela Coel), dont le travail a été démoli en direct par Julian Sklar (Ian McKellen). Au passage, le film pointe du doigt ces tentatives douteuses de vulgarisation culturelle, avec ses effets pervers de starification sur l’ego et l’entourage. On l’a souvent vu : pour faire de l’audience, on vanne, les (télé)spectateurs rigolent et l’artiste s’effondre. Ou alors ce sont les familles qui ne voient dans la gloire qu’un moyen d’en tirer profit.

Venant d’un réalisateur, qui a fait des films grand public tout en restant respecté pour ses choix artistiques, des questions s’imposent naturellement : crée-t-on pour soi ou pour les autres ? Crée-t-on parce qu’on ne peut s’en empêcher ? Pourquoi s’arrête-t-on ? Et pourquoi, alors, Les Christophers n’a-t-il pas été achevé ?

Le film raconte aussi la rencontre entre deux artistes, deux générations, et surtout entre deux acteurs magnétiques : Ian McKellen et Michaela Coel.

Casting british et duo pas si improbable

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Jessica Gunning, James Corden dans le film “The Christophers” © Claudette Barius

Entre James Corden et Jessica Gunning, plusieurs fois récompensée pour son rôle dans la série Mon petit renne sur Netflix, qui incarnent les héritiers peu scrupuleux, et les deux personnages principaux, joués par Ian McKellen et Michaela Coel, Steven Soderbergh enchaîne avec un deuxième film à casting résolument britannique, après The Insider (2025).

À croire qu’il a lui aussi succombé pour le talent brut de ces acteurs, souvent formés au théâtre classique. C’est flagrant avec Ian McKellen : ses rôles iconiques sous un casque (Magnéto) ou avec une barbe blanche (Gandalf) ont presque fait oublier à beaucoup qu’il reste avant tout un monstre sacré. La façon dont il passe, avec une aisance déconcertante, d’un monologue à des répliques déroutantes, qui font la personnalité excentrique de Julian Sklar, en est la preuve.

Face à ce concentré d’expériences et de talents, il fallait une Michaela Coel. Dans The Christophers, Impossible de rester indifférent à son physique unique, qui lui donne une présence magnétique avant même qu’elle n’ouvre la bouche. D’ailleurs, ce physique semble magnétiser la caméra de Soderbergh, qui la cadre sous tous les angles, toujours avec un effet saisissant. Et ce n’est rien enlever de son talent que de dire que son visage statuesque rappelle qu’un acteur doit aussi savoir jouer de son animalité.

The Christophers devient alors un dialogue entre deux êtres que tout semble opposer, l’un volubile, l’autre plus avare de mots, mais qui se retrouvent dans une complicité rare, celle qu’on ne partage qu’avec ses pairs, ceux qui comprennent les affres de la création. Le choix de Steven Soderbergh de privilégier les plans serrés sur leurs échanges renforce d’ailleurs cette impression : Michaela Coel fait bien plus qu’être une simple sparring-partner face à la personnalité haute en couleur d’Ian McKellen. On en vient alors à se dire qu’une autre actrice n’aurait pas apporté autant d’intensité aux scènes, et donc au film.

Notre avis ?

On aime ce cinéma intimiste du long métrage The Christophers, qui vaut surtout pour la confrontation entre deux artistes, bien plus que pour les chamailleries familiales dont on finit par perdre le fil, ou pour l’histoire derrière les tableaux, traitée de façon presque anecdotique.

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Fanny N.
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