Triplement récompensée et déjà disponible en ligne, L’affaire Laura Stern de Marie Kremer et Frédéric Krivine débarque ce soir sur France 2. Interview Bulles de Culture de la co-créatrice de la série.
Rencontre avec la co-créatrice Marie Kremer pour la série L’affaire Laura Stern : “La violence se cache dans toutes les couches de la société”

Primée à La Rochelle et à Sète, la série L’affaire Laura Stern a fait l’ouverture du Luchon Festival 2026, en présence de :
- la comédienne Valérie Bonneton (également présidente du jury Fiction de cette manifestation pyrénéenne),
- la productrice Léa Gabrié (membre du jury Fiction au côté de Valérie Bonneton),
- et la co-créatrice et co-scénariste Marie Kremer.
Après Pauline Parigot au Festival de la Fiction 2025, rencontre Bulles de Culture de Marie Kremer à Luchon.
Bulles de Culture : Vous avez créé et scénarisé la série L’affaire Laura Stern en collaboration avec Frédéric Krivine…
Marie Kremer : En fait, c’est moi qui suis allée vers lui. Je le connaissais déjà sans l’avoir rencontré : j’ai porté ses mots pendant dix ans dans Un village français, à travers Lucienne. Ce personnage féminin cachait son humour, comme lui — et tant d’autres choses qui lui ressemblaient. Découvrir comment un auteur se glisse dans ses textes, et comment nous, comédiens, les incarnons… c’était passionnant.
Ça fait un moment que j’avais envie de réaliser et d’écrire. Et je me suis entourée de scénaristes expérimentés — Guillaume Laurent, Laurent Benégui, et Frédéric Krivine, bien sûr, avec ses 40 ans de métier, parce que j’estime que c’est leur métier et que j’ai besoin d’eux.
Tout est parti d’un café : une discussion, puis six mois de travail discret avec Frédéric, une fois par semaine. On a creusé ce sujet qui me tenait à cœur, jusqu’à l’évidence d’associer Emmanuel Daucé (un autre complice d’Un village français), dont la lecture du projet a été lumineuse. Il est accompagné par Léa Gabrié.
Bulles de Culture : Pourquoi avez-vous confié la réalisation à Akim Isker ?
Marie Kremer : Akim Isker partageait la même nécessité que moi vis-à-vis de ce sujet. Il a une sensibilité extrêmement féminine. Et j’ai trouvé très intéressant d’avoir une mixité à l’écriture et à la production, et un réalisateur homme doté d’une énorme sensibilité, d’un regard juste sur les femmes et d’un engagement rare dans nos métiers.
Bulles de Culture : Est-ce qu’à l’écriture vous aviez déjà une idée sur la distribution des rôles ?
Marie Kremer : On est partis d’une sensibilité, d’une émotion qui m’appartenaient. Au début, l’idée tournait autour d’une victime et on s’est très vite rendu compte que ce qui serait intéressant, c’est qu’on soit très proche des gens. Tout le monde n’est pas une victime.
Notre héroïne, Laura Stern, ne l’est pas, mais elle y est sensible et “entend” la douleur des femmes. Et ça, elle ne peut pas le supporter. Elle sait qu’elles mourront si personne n’agit très vite. Alors elle décide de faire justice elle-même et Valérie Bonneton a su donner vie à ce personnage.
Bulles de Culture : Dès le premier épisode vous nous offrez une scène choc avec une très belle interprétation d’Eva Huault dans le rôle d’Audrey…
Marie Kremer : Eva Huault est magnifique ainsi que toutes les comédiennes qu’Akim Isker a réuni autour de lui pour faire une troupe. Nous avions écrit la première scène vraiment comme dans les tragédies antiques avec ces femmes qui se regroupent ensemble.
Ce groupe de femmes unies était fondamental. Akim Isker s’est entouré de comédiennes incroyables et beaucoup d’entre elles ont été des victimes. Akim Isker a su les emmener vers le jeu et leur vérité, leur présence, c’est ce qui le projet.
Bulles de Culture : Parlons du personnage de Camille, incarnée par Pauline Parigot, qui subit des violences psychologiques…
Marie Kremer : Pauline Parigot a su incarner magnifiquement ce personnage. Camille se tait et ne veut pas porter plainte. Elle en est incapable. Pourtant, elle sent une menace de mort, physique ou psychique, pesée sur elle. Parler de l’emprise, cela me tenait vraiment à cœur parce qu’on n’en parle pas assez.
L’emprise se glisse doucement dans la vie des femmes et même des hommes, il ne faut pas le négliger. Il y a aussi des femmes qui mettent des hommes sous emprise. J’en ai rencontrés pas mal. Mais leur pourcentage est moindre et ce n’était pas le sujet. Cela me tenait vraiment à cœur de développer ça par la fiction et France Télévisions pour que ça rentre dans les foyers et qu’on puisse en parler. Parce que ce sont des violences qui ne se voient pas, mais sont tout aussi importantes. Il faut que les gens comprennent que les femmes qui vivent cette situation-là ont besoin qu’on leur tende la main.
Bulles de Culture : Dans la série, les violences s’immiscent même dans toutes les classes sociales…
Marie Kremer : Oui, ce qui nous tenait à cœur aussi, c’était de montrer que la violence ne touche pas qu’un certain milieu, une certaine nationalité, mais qu’elle se cache dans toutes les couches de la société. Il n’y a pas de comparaison à avoir : quand c’est violent, c’est violent !
Secrets de tournage, anecdotes : le saviez-vous ?
- La série est produite par Emmanuel Daucé et Léa Gabrié (Tetra Media Fiction, groupe TM Studios) et Frédéric Krivine (Torcello Productions).
- La série a été récompensée par 3 prix : Prix de la meilleure série 52′ au Festival de la Fiction 2025 de La Rochelle ; Prix de la meilleure série et de la meilleure interprétation féminine pour Valérie Bonneton au festival CreaTVty 2025 de Sète.
En savoir plus :
- L’affaire Laura Stern (4 x 52 minutes) est diffusée sur France 2 du mercredi 11 mars au mercredi 18 mars 2026 à 21h10
- La série est proposée en streaming et en replay sur France.tv
- La série est aussi disponible en streaming sur HBO Max depuis le jeudi 22 janvier 2026
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