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Youssef Hadji photo
© Rémy Tortosa

Youssef Hajdi dans « Big Bug » : « c’est un alignement d’étoiles qui crée l’univers de Jean-Pierre Jeunet »

Après avoir privilégié les projets télé en 2021 avec Validé, Apprendre à t’aimer ou La Flamme, l’année 2022 de Youssef Hajdi commence fort avec Big Bug, le nouveau film de Jean-Pierre Jeunet disponible sur la plateforme Netflix depuis le 11 février. En plein dans un univers futuriste, le long métrage est une dystopie imaginant un monde gouverné par des machines. L’acteur, qui tient l’un des rôles principaux aux côtés d’Elsa Zylberstein, Stéphane De Groodt et Isabelle Nanty, revient sur cette expérience atypique.

L’interview de Youssef Hajdi pour le film Big Bug

Bulles de Culture (BDC) : Comment Jean-Pierre Jeunet vous a décrit Big Bug ?

Youssef Hajdi (YH) : Jean-Pierre Jeunet préfère envoyer d’abord le script avant de nous expliquer les détails d’un film. On sent qu’il travaille tout de suite avec un univers. C’est comme s’il ouvrait la porte d’une chambre d’enfant avec ce merveilleux monde fantastique. Il nous présente petit à petit les personnages, les objets avec lesquels on va devoir composer. C’est comme ça qu’il fait.

BDC : Voyez-vous dans Big Bug une critique de l’intelligence artificielle et des divers algorithmes qui régissent de plus en plus nos vies ?

YH : Oui, je pense que c’est clairement ça. Il y a une critique sur le monde dans lequel on est, sur les réseaux sociaux, sur la pseudo addiction qu’on peut avoir face à nos écrans. Les robots dans Big Bug sont aussi la métaphore de la faune et la flore qu’on maltraite actuellement. Il ne faut pas attendre la catastrophe pour réagir. Le film raconte aussi qu’à force d’être entourés de robotiques, on se déshumanise petit à petit. Il faut se rendre compte de la chance qu’on a d’être des humains dotés d’émotions, avec la possibilité de partager des choses entre nous.

« On est face à une comédie avec une haute esthétique »

BDC : La photographie de Big Bug est très particulière, caractéristique de la filmographie de Jean-Pierre Jeunet. De même, les décors sont une plongée dans un univers très futuriste. Aviez-vous une idée au moment du tournage du rendu final du film ?

YH : Non, cela a été la grande surprise tous ces effets rajoutés en post prod. Jean-Pierre Jeunet travaille avec des maîtres, Aline Boneto, la cheffe décoration, Nathalie Tissier, la maquilleuse, Madeline Fontaine, cheffe costumière. Chaque corps de métier excelle ! A chaque fois qu’on pose les yeux sur un costume, un décor, il y a un alignement d’étoiles qui crée l’univers de Jean-Pierre Jeunet. Ces chefs se sont évidemment parlés en amont. Jean-Pierre Jeunet nous a montré quelques visuels au moment du tournage. Il y a eu quelques fonds verts, mais pas tant que cela ! On a beaucoup travaillé sur le décor réel de la maison construite en studio. Et puis, je veux aussi parler du cadre de Jean-Pierre Jeunet, tellement travaillé, tellement pensé en amont. Le premier jour, on faisait des essais caméras. Je tourne la scène puis je vais voir les rushs, c’était déjà magnifique. On est face à une comédie avec une haute esthétique.

BIG BUG
© Netflix

BDC : De quelle manière le contexte sanitaire durant le tournage a eu un impact sur votre cohésion d’équipe ?

YH : Déjà, tout le monde était marqué par ce qui se passait. On faisait des tests toutes les 48 heures avec un protocole très strict à respecter. Au fil du tournage, on a senti une symbiose qui se formait entre nous, comme un cocon qui se créé. J’ai notamment fait la rencontre extraordinaire d’Isabelle Nanty. Pour moi, il y aura un avant et un après cette collaboration avec elle. C’est quelqu’un qui bouleverse la vie d’un acteur avec une bonne humeur incroyable. Tous ensemble, on a créé une bande qui nous permettait de s’isoler du stress extérieur causé par le COVID.

« Il y a un engagement de Netflix sur Big Bug qui est très précieux »

BDC :  Quelle a été votre réaction quand on vous a dit que c’était un film pour Netflix ?

YH : J’ai tout de suite été très content. J’adore le cinéma mais il y a un engagement de Netflix sur Big Bug qui est très précieux. Rendez-vous compte, Jean-Pierre Jeunet, pourtant réalisateur phare du cinéma français, a fait le tour de l’ensemble des investisseurs de la filière cinématographique pour produire son film et le sortir en salles. Aucun n’a voulu de ce projet. Or, quand il a été voir Netflix, le service américain lui a tout de suite dit « oui ». Le film va sortir dans le monde entier et va être vu dans toutes les langues, c’est une belle opportunité.

Big Bug film photo 2022
© Netflix

BDC :  La singularité de cette comédie n’en fait-elle pas par essence un film pensé pour l’international ?

YH : Je pense que le propre d’une œuvre est d’être destinée au monde entier. Il ne faut pas segmenter. C’est pour ça qu’en France, on a eu des gros succès populaires à l’international car ce sont des comédies universelles qui parlent au monde entier.

En savoir plus :

  • Big Bug disponible sur Netflix depuis le 11 février 2022
Antoine Corte

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