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« Excavation of the Future » : Angelika Markul à la Galerie Saint-Séverin

Dernière mise à jour : août 22nd, 2021 at 06:17

Très présente à l’international, Angelika Markul s’est installée depuis le 6 mai dans le plus petit centre d’art contemporain de la capitale, la Galerie Saint-Séverin, située au cœur du Quartier latin et gérée par l’association Art Culture et Foi / Paris.

Cet article vous est proposé par un rédacteur-invité, le chroniqueur Fabrice C.

Diplômée des Beaux-Arts de Paris, sculptrice et vidéaste, l’installation de son œuvre Excavation of the Future se prête parfaitement à la situation actuelle de crise sanitaire. D’autant que sa réflexion autour des questions de mémoire, d’exploration des vestiges, des notions d’extinction et sa création – qui donne à voir un monde oublié – s’expriment pleinement ainsi.

L’ambiguité des matériaux pour nous interroger sur nos origines

Angelika Markul réalise des paysages étranges aux formes et aux matières peu reconnaissables, dont les éléments sculpturaux jouent sur l’ambiguïté des matériaux entre l’usage du bronze et de la cire. « Dans une esthétique crépusculaire, générée par un néon sphérique étrangement solaire, Excavations of the Future nous confronte aux éléments morts, abandonnés qui jalonnent et jonchent certains lieux, que ce soient des pièces réelles ou des zones mentales. L’impression d’enfermement qui se dégage de la vitrine est renforcée par le recouvrement des parois de feutre symbolisant protection assourdissante et ensevelissement » explique Odile Burluraux, commissaire de l’exposition.

« Cela fait plus de 15 ans que j’utilise des vitrines », précise Angelika Markul, « c’est quelque chose qui s’inscrit dans mon œuvre. Mais c’est la première fois que j’expose dans une vitrine extérieure, et de surcroît sans connotation commerciale. J’ai hâte d’aller à la galerie, à la sortie du confinement quand seul le soleil timide en néon viendra une autre dimension à cette réalisation. »

L’artiste, d’origine polonaise, diplômée des Beaux-arts de Paris, avait proposé trois pièces différentes, mais la galerie a finalement choisi « Excavations of the Future » qui présente un aspect de l’œuvre « Les Gorges du diable », réalisation majeure de l’exposition « Terre de départ » (Palais de Tokyo, Paris, 2014). « Cela m’a obligé à remodeler l’œuvre en fonction de l’espace attribué. Un exercice que j’apprécie particulièrement. »

« Chez moi, il n’y a pas de forme. Il y a un côté cadavre, fossilisé… ». Métal, cire, plastique, peau d’animaux, mais aussi feutrines issues de déchets de vêtements compressés, Angelika Markul joue sur l’ambiguité des matériaux pour « nous interroger sur nos origines, nos traces, nos reliques »…

La Galerie Saint-Séverin : « un très bon « club »

Angelika Markul devant Gorge du diable Photo de Marc Domage copyright Courtesy of thr artist
© D.R.

« La proposition d’Odile Burturaux d’exposer dans cette galerie m’a beaucoup intéressée », nous dit-elle : « C’est un très bon « club », qui existe depuis 30 ans, et accueille d’excellents artistes »

Depuis 2003, le concept original de ce lieu réputé de l’art contemporain au cœur du quartier latin repose sur la présentation d’une ou plusieurs œuvres en vitrine, visibles jour et nuit depuis la rue piétonne. Les expositions sont programmées par des personnalités engagées du monde de l’art d’aujourd’hui et spécialement conçues pour la galerie par des artistes invités. Elles s’offrent sans contrainte à tout passant curieux.

Placée face à l’église Saint-Séverin, la galerie est de facto engagée dans un dialogue entre les créateurs d’aujourd’hui et la communauté chrétienne. Depuis plus de trente ans, des formes d’art variées y ont trouvé un lieu de séjour au rythme de cinq expositions par an, dont la participation à Nuit blanche.            

150 artistes, parmi les plus représentatifs de leur génération, y ont exposé des œuvres qui, bien que n’étant pas de l’art sacré, sont souvent empreintes de spiritualité. On a pu y admirer des plasticiens reconnus comme Christian Boltanski, Jean-Pierre Raynaud, Geneviève Asse, Gina Pane, Giuseppe Penone, Sarkis, Claude Rutault…, et de jeunes talents.

Par ailleurs, afin de faciliter la connaissance de l’art contemporain et de ses créateurs, Art, Culture et Foi/Paris a institué un cycle de 8 conférences annuelles ouvertes à tous : « Art contemporain et spiritualité« .

En savoir plus :

Bulles de Culture - Les rédacteur.rice.s invité.e.s

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