Le talent de l’actrice Hafsia Herzi est éclatant dans le film de Rudi Rosenberg où elle est entourée de quatre enfants dénichés via des castings sauvages. Quelques mots d’amour est passé par le Festival de Cannes et doit aujourd’hui passer absolument devant vos yeux. L’avis et la critique coup de cœur de Bulles de Culture.
Synopsis :
Sarcelles, 1995. Erika (Hafsia Herzi) élève seule ses deux enfants. Sa fille Abigaëlle (Ella Bedoucha) se persuade que son père, qu’elle n’a jamais connu, l’aime en silence quelque part. Lorsqu’elle se met en tête de le retrouver, Erika se sent obligée de l’aider, tout en cherchant à la protéger. En grandissant, la quête d’Abigaëlle se transforme en obsession, entraînant avec elle sa mère, sa meilleure amie, et tous ceux qui comptent.
Quelques mots d’amour : une petite pépite pleine de justesse
A l’approche de ses 40 ans, Hafsia Herzi devient une actrice de plus en plus respectée. En 2025, elle n’est pas apparue sur grand écran mais elle a promotionné son joli film La petite dernière en tant que réalisatrice, lequel a reçu la Queer Palm au Festival de Cannes la même année.
En 2026, elle était attendue dans deux films : Histoire de la nuit et Quelques mots d’amour. Si le premier n’a pas encore de date de sortie connue, le second est loué pour sa délicatesse depuis sa sortie en salles. Il a été sélectionné dans la catégorie Un Certain Regard du Festival de Cannes 2026.
Un film sentimentalement authentique et inspiré par Striptease
Le réalisateur Rudi Rosenberg avoue s’être directement inspiré d’un épisode de l’émission culte Striptease (diffusée à l’époque sur France 3 en France), intitulé Papa va venir pour concevoir Quelques mots d’amour. Le fil rouge était le même que pour son nouveau film : une mère élevait seule ses filles et attendait en vain la visite du père. Ce visionnage lui a inspiré le personnage d’Erika. Clin d’œil appuyé à l’émission dans le film : la véritable protagoniste de ce documentaire tient le rôle de la concierge de Sarcelles dans Quelques mots d’amour !
La plupart des rôles secondaires ont d’ailleurs été attribués à des comédiens non professionnels dénichés sur place ou dans la rue, et cela se sent. Dès le début du film, on s’attache à Mateo Danila (Yoni adolescent, l’autre enfant d’Erika) repéré aussi lors d’un casting sauvage. Un futur acteur à suivre.
Ambiance des années 1990-2000 et références populaires
Même le personnage du chien Vanille est attendrissant et a droit à sa propre intrigue dans le film Quelques mots d’amour, à cheval entre les années 1990 et 2000. Sont ainsi glissées en arrière-plan plusieurs références de ces années éternellement célébrées depuis le début du Covid : Star Academy, la comédie musicale Les Dix Commandements, ou encore l’émissio, Vivement dimanche avec Michel Drucker. Un parfum de nostalgie cependant jamais trop appuyé.
Bref, une petite pépite comme on aime en découvrir en s’aventurant dans une salle de cinéma. Sans grands effets, Quelques mots d’amour touche par la justesse de ses personnages et nous ramène à une question aussi simple que vertigineuse : les liens du sang sont-ils toujours plus forts que l’éducation ?
Notre avis ?
Un coup de cœur de Bulles de Culture. Un drame modeste, des acteurs et actrices vrai·e·s, de l’émotion dans l’humour, des thématiques qui s’entrelacent. Quelques mots d’amour montre avec une simplicité désarmante comment émouvoir sans jamais forcer. Une petite pépite. À vraiment voir.
En savoir plus : générique et informations pratiques
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- Réalisation : Rudi Rosenberg
- Scénario : Rudi Rosenberg, en collaboration avec Bruno Tracq
- Avec : Hafsia Herzi (Erika), Nour Salam (Abigaëlle à 14 ans), Ella Bedoucha (Abigaëlle à 7 ans), Mateo Danila (Yoni à 12 ans), Aïdan Djouadi (Yoni à 5 ans), Eden Sarfati (Chloé à 14 ans), Charlie Lugassy (Chloé à 7 ans), Paulette Chetrit (Brigitte), Jacques Sebban (David), Stephan Chargeboeuf (Antoine Garcia)
- Direction de la photographie : Eric Dumont
- Décors : Pascaline Feutry
- Costumes : Muriel Dantard
- Montage : Delphine Genest, Bruno Tracq
- Son : Guilhem Domercq
- Musique originale : Yom, Chapelier Fou
- Production : Hugo Sélignac – Chi-Fou-Mi Productions
- Date de sortie France : 28/10/2026
- Distribution France : Ad Vitam
- Durée : 1h37
- Distinctions : Sélection Un Certain Regard – Festival de Cannes 2026 ; avant-première au Festival du film francophone d’Angoulême 2026
