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Charlotte Gainsbourg en Gisèle Halimi devant les prévenues au tribunal dans L’Affaire Marie-Claire
Le procès de Bobigny reconstitué dans L’Affaire Marie-Claire. © Photo : Marie-Camille Orlando / 2026 QUAD - FAM ADNP - GAUMONT - FRANCE 3 CINEMA

“L’Affaire Marie-Claire” : au delà du film, l’histoire vraie du procès de Bobigny

Dernière mise à jour : novembre 4th, 2026 à 08:54 pm

Au cinéma le 4 novembre 2026, L’Affaire Marie-Claire revient sur le procès de Bobigny. Derrière Charlotte Gainsbourg en Gisèle Halimi, l’histoire vraie d’une adolescente et de sa mère poursuivies après un avortement clandestin, avant la loi Veil.

En 1972, Marie-Claire Chevalier doit répondre devant la justice d’un avortement pratiqué après un viol. Sa mère et les femmes qui l’ont aidée sont également poursuivies. Avec L’Affaire Marie-Claire, Lauriane Escaffre et Yvo Muller portent à l’écran cette affaire devenue un moment décisif du combat pour le droit à l’avortement. Charlotte Gainsbourg incarne Gisèle Halimi, leur avocate, et Cécile de France prête ses traits à Michèle Chevalier, la mère de la victime.

L’Affaire Marie-Claire : qui était-elle ?

À l’automne 1971, Marie-Claire est une lycéenne de seize ans. Enceinte à la suite d’un viol de son petit ami (17 ans au moment des faits), elle veut avorter. Sa mère, employée à la RATP qui élève seule ses trois filles, l’aide à trouver une solution clandestine. Deux collègues participent à cette recherche. L’auteur du viol dénonce ensuite l’avortement à la police.

Comme le rappelle le ministère de la Justice, Marie-Claire est poursuivie sur le fondement de l’article 317 du Code pénal. Sa mère et les deux collègues le sont pour complicité. La femme qui a pratiqué l’intervention est, elle aussi, inculpée.

À cette époque, les femmes disposant d’argent peuvent partir avorter à l’étranger. Pour celles qui n’en ont pas les moyens, la clandestinité expose aux risques sanitaires et aux poursuites judiciaires. Cette inégalité sociale occupera une place centrale dans la défense de Gisèle Halimi.

Charlotte Gainsbourg en Gisèle Halimi, en robe d’avocate dans L’Affaire Marie-Claire
Charlotte Gainsbourg incarne Gisèle Halimi. © Photo : Marie-Camille Orlando / 2026 QUAD – FAM ADNP – GAUMONT – FRANCE 3 CINEMA

Comment Gisèle Halimi a fait le procès de la loi

Michèle Chevalier contacte l’avocate après avoir lu son livre consacré à Djamila Boupacha, militante algérienne torturée et violée en détention. Gisèle Halimi accepte de les défendre et, avec l’accord de ses clientes, engage une bataille contre la législation qui les poursuit.

Son engagement s’inscrit dans une mobilisation déjà organisée. L’association Choisir la cause des femmes, fondée en juillet 1971 notamment avec Simone de Beauvoir, s’est donné pour mission de défendre gratuitement les femmes poursuivies pour avortement. Elle prend en charge l’affaire de Bobigny.

À l’audience des majeures, Gisèle Halimi fait entendre des témoins comme Simone de Beauvoir, Jacques Monod ou le professeur Paul Milliez. Leurs interventions permettent d’aborder les conséquences concrètes de l’interdiction. Médecin catholique, Paul Milliez explique qu’il aurait aidé Marie-Claire. La défense confronte ainsi les magistrats aux situations humaines que la loi condamne.

Les deux procès de Bobigny et leurs verdicts

Contrairement à ce qu’on voit dans le film qui condense l’action à un seul procès, l’expression « procès de Bobigny » recouvre en réalité deux procédures. Le 11 octobre 1972, Marie-Claire, mineure, comparaît à huis clos devant le tribunal pour enfants. Elle est relaxée. Le 8 novembre, les quatre femmes majeures sont jugées en audience publique.

Le jugement les concernant intervient le 22 novembre 1972. Michèle Chevalier est condamnée à 500 francs d’amende avec sursis. Ses deux collègues sont relaxées. La femme ayant pratiqué l’avortement est condamnée à un an de prison avec sursis. Ces verdicts distincts sont rappelés dans le dossier historique de Réseau Canopé.

En savoir plus :

Antoine Corte

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