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Gilles Lellouche, coiffé d’un chapeau, dans le rôle de Jean Moulin dans Moulin (2026).
Gilles Lellouche dans Moulin de László Nemes. © Pitchipoï Productions / Studio TF1 / Szabolcs Barakonyi

« Moulin » : quelle est la véritable histoire de Jean Moulin racontée dans le film avec Gilles Lellouche ?

Dernière mise à jour : octobre 27th, 2026 à 06:02 pm

Au cinéma le 28 octobre 2026, Moulin de László Nemes confie à Gilles Lellouche le rôle de Jean Moulin, arrêté à Caluire en juin 1943 puis torturé par Klaus Barbie. Le film s’appuie sur ces événements historiques, tout en inventant des personnages et des situations autour des derniers jours du résistant.

Synopsis :

En juin 1943, Jean Moulin (Gilles Lellouche), engagé dans l’unification de la Résistance, est arrêté. Il est interrogé par Klaus Barbie (Lars Eidinger), chef de la Gestapo de Lyon, qui cherche à lui arracher des informations.

Présenté en compétition au Festival de Cannes, Moulin resserre son récit autour de l’arrestation et des interrogatoires du représentant du général Charles de Gaulle. Face à Gilles Lellouche, Lars Eidinger incarne le chef de la Gestapo lyonnaise. Cette confrontation repose sur des faits évoqués dans le parcours du résistant, dont le déroulement précis demeure cependant très incomplètement documenté.

Gilles Lellouche interprète Jean Moulin, assis à son bureau dans le film Moulin (2026).
Gilles Lellouche dans le rôle de Jean Moulin. © Pitchipoï Productions / Studio TF1

Jean Moulin, un préfet devenu l’unificateur de la Résistance

En juin 1940, Jean Moulin est préfet d’Eure-et-Loir. À Chartres, les Allemands veulent lui faire signer un texte accusant à tort des tirailleurs africains d’avoir massacré des civils, victimes en réalité de bombardements allemands. Il refuse. Frappé et emprisonné, il tente de se donner la mort en se tranchant la gorge. Il survit à cette blessure, qui lui laisse une cicatrice.

Révoqué par le régime de Vichy en novembre 1940, il rejoint Londres l’année suivante. Charles de Gaulle lui confie la mission de rapprocher les mouvements de résistance. Parachuté dans les Alpilles le 2 janvier 1942, il entreprend ce travail de négociation entre des organisations attachées à leur autonomie et traversées de désaccords politiques.

Cette unification aboutit notamment à la première réunion du Conseil national de la Résistance, qu’il préside le 27 mai 1943. Autour de la table se retrouvent des représentants des mouvements clandestins, des partis politiques et des syndicats. Moins d’un mois plus tard, Jean Moulin est arrêté.

Gilles Lellouche dans le rôle de Jean Moulin, marchant parmi des passants dans Moulin (2026).
Jean Moulin, interprété par Gilles Lellouche, dans le film de László Nemes. © Pitchipoï Productions / Studio TF1

L’arrestation de Caluire et les derniers jours de Jean Moulin

Le 21 juin 1943, plusieurs responsables résistants se réunissent chez le docteur Frédéric Dugoujon, à Caluire-et-Cuire, près de Lyon. Ils doivent organiser la relève après l’arrestation du général Charles Delestraint, chef de l’Armée secrète. La police allemande fait irruption dans la maison et les arrête.

Emprisonné à Montluc, Jean Moulin subit les interrogatoires et les tortures de Klaus Barbie. Il est ensuite transféré en région parisienne. La date retenue pour sa mort est le 8 juillet 1943, pendant son transfert vers l’Allemagne. Le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon emploie toutefois une formulation prudente sur cette date : les circonstances exactes de sa fin restent imparfaitement connues.

Qui a livré Jean Moulin ? Le cas René Hardy

Membre du mouvement Combat, René Hardy assiste à la réunion de Caluire et parvient à s’échapper lors de l’arrestation. Les soupçons se portent rapidement sur lui, d’autant qu’il avait déjà été arrêté puis relâché par les Allemands au début du mois de juin.

Après la guerre, il est jugé à deux reprises, en 1947 et en 1950, et acquitté les deux fois. Même si des soupçons se portent sur lui, aucune certitude n’est établie sur ses responsabilités exactes dans l’affaire de Caluire.

Ce que le film Moulin invente autour de l’histoire vraie

Le scénariste du film, Olivier Demangel, explique que les interrogatoires n’ont pas laissé de compte rendu permettant d’en restituer les échanges. Les dialogues du film sont donc entièrement reconstitués. László Nemes revendique de son côté un point de vue subjectif sur ce qu’a pu éprouver le résistant.

De la même façon, la comtesse de Forez, interprétée par Louise Bourgoin, est un personnage totalement inventé pour enrichir la fiction. Olivier Demangel indique également avoir repris les véritables méthodes de manipulation employées par la Gestapo, comme la fausse libération ou la présence d’un informateur en cellule, sans certitude que Jean Moulin les ait lui-même subies.

Le film donne ainsi une forme aux peurs et à la méfiance d’un prisonnier dont les derniers jours sont peu documentés. L’arrestation et les tortures appartiennent à l’histoire ; le détail des échanges et plusieurs situations relèvent de l’écriture du scénario. Pour les coulisses de cette reconstitution, Bulles de Culture revient aussi sur le travail de préparation du cinéaste.

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Antoine Corte

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