Le célèbre chef-d’oeuvre de Jean Genet incarné par une jeune compagnie inventive au Théâtre Pixel, à Paris. Un exemple de théâtre subversif par le Collectif 42. L’avis et la critique de Bulles de Culture sur Les Bonnes.
Synopsis :
Claire (Marie Hamamdjian) et Solange (Alix Petitgenet), deux sœurs et bonnes au service de “Madame” (Thomas Briquet), profitent de son absence pour rejouer un rituel immuable : l’une incarne “Madame “, l’autre la servante, puis elles inversent les rôles. Leur rituel fait apparaître une relation traversée par la haine et la fascination, où les rôles se brouillent au fil du jeu.
Après avoir éloigné l’amant de Madame par une fausse dénonciation destinée à l’envoyer au bagne, leur objectif, leur fantasme central est d’assassiner “Madame”, en la poignardant ou en l’empoisonnant, pour ensuite s’approprier ses biens. Mais à la sonnerie d’un réveil annonçant l’arrivée imminente de Madame, la frontière entre le jeu et la réalité devient de plus en plus floue. L’inquiétude des deux bonnes s’amplifie et leur langage devient de plus en plus venimeux…
Les Bonnes : Une tension dramatique
En 1947, lors de la première représentation de la pièce de Jean Genet, le comportement brutal et sauvage des bonnes avaient scandalisé nombre de spectateurs. La pièce avait suscité du malaise et avait reçu un accueil défavorable, loin des succès répétés des nombreuses réinterprétations et représentations qui suivront.
Dans la deuxième partie de la pièce Les Bonnes, la tension dramatique atteint en effet son paroxysme. Les relations des trois personnages, “Madame” (Thomas Briquet), Claire (Marie Hamamdjian) et Solange (Alix Petitgenet), sont traversées à la fois par la haine et la fascination. Et quand l’amant de Madame téléphone pour annoncer sa libération et donner rendez-vous à celle-ci, le complot des bonnes s’effondre. La pièce se termine alors par une issue fatale.
Un classique du théâtre de l’absurde
Cette œuvre de Jean Genet est l’une des plus jouées et des plus étudiées. Elle est inspirée d’un fait divers de 1933, où les soeurs Papin ont assassiné sauvagement leur patronne sans raison apparente.
Pour ceux qui tirent ce sujet à l’oral du baccalauréat, ce n’est pas une synécure de commenter Les Bonnes tant son analyse est complexe. Mais quand une jeune compagnie de talent, comme le Collectif 42, s’y attaque, nous pouvons vite être emportés.
La mise en scène de Marina Delavau, et le jeu des trois acteurs, Thomas Briquet (c’est en effet un homme qui joue le rôle de “Madame” !), Alix Petitgenet et Marie Hamamdjian, donnent la force et la violence qui font la beauté de ce texte.
“Explorer Les Bonnes, c’est explorer nos luttes intimes et savoir pourquoi l’on se bat”, explique l’équipe du Collectif 42, dont c’est la deuxième création.
La troupe joue dans un décor dépouillé, où l’on remarque toutefois un violoncelle que l’actrice, musicienne et excellente chanteuse Marie Hamamdjian sait faire vibrer avec délicatesse. Les costumes signés Manon Aubry de Maraumont-Arie, à la fois extravagants et soignés, mettent notamment en valeur l’élégance d’Alix Petitgenet et Thomas Briquet.
Notre avis ?
Vu par le Collectif 42, Les Bonnes reste un classique du théâtre de l’absurde qui n’a pas pris une ride !
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En savoir plus : informations pratiques
- Les Bonnes, un drame de Jean Genet, par le Collectif 42 au Théâtre Pixel du 2 octobre au 20 novembre 2026. Tous les vendredis à 21h15
- Mise en scène : Marina Delavau
Avec : Thomas Briquet, Alix Petitgenet et Marie Hamamdjian
Costumes : Manon Aubry de Maraumont-Arie
Lumières : Nino Treillard
Durée : 80 minutes
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