La deuxième partie de « La Bataille de Gaulle » a dévoilé ses images le 18 juin et avance sa sortie au 26 juin prochain. Derrière le geste mémoriel, une opération de sauvetage.
Il y a des dates qu’on ne choisit pas par hasard. En lâchant la bande-annonce de J’écris ton nom le 18 juin, jour anniversaire de l’Appel, son distributeur Pathé Films a voulu faire coïncider son calendrier de communication avec celui de l’Histoire. Le procédé est habile, presque trop. Il dit l’ambition du diptyque d’Antonin Baudry, sa volonté d’épouser la geste gaullienne jusque dans son tempo symbolique. Il trahit aussi une fébrilité que les chiffres expliquent sans peine.
Car ce lancement n’est pas qu’un hommage. C’est une manœuvre. La première partie, L’Âge de fer, n’a pas trouvé son public, loin des scores qu’un investissement de plus de soixante-dix millions d’euros était censé justifier. Devant des entrées en deçà des espoirs, le distributeur a resserré l’intervalle entre les deux volets et avancé la sortie du second au 26 juin. La nouvelle bande-annonce arrive donc en pompier, taillée pour corriger l’impression laissée par le premier film.
On la sent d’ailleurs montée comme un démenti. Plus nerveuse, plus spectaculaire, elle promet le souffle que le premier chapitre avait dilué dans la mise en place de ses enjeux. Les années 1942-1944 défilent, l’Histoire bascule vers la Libération, et l’apparition de Thierry Lhermitte en général Giraud vient injecter au casting un nouveau visage que le premier volet n’offrait pas. Tout indique une volonté de monter d’un cran, de répondre au reproche de lenteur par l’accélération.
Reste que ce changement de braquet ne lève pas l’ambiguïté qui mine le projet depuis le départ. Vouloir convoquer la grande Histoire et garder l’œil critique sur une figure aussi massive que de Gaulle, c’est avancer sur une ligne de crête. Le diptyque hésite, oscille entre le monument et le portrait, sans trancher quel public il vise. Une bande-annonce plus vibrante ne règle pas ce flottement. Elle le déplace, en misant sur le spectacle là où le film cherchait la nuance.
Le pari, désormais, tient en une question simple. J’écris ton nom parviendra-t-il à transformer cette lente exposition en élan, ou la deuxième partie héritera-t-elle des défauts de la première sans en récolter les bénéfices ? La réponse tombera dans les salles le 26 juin. La bande-annonce, elle, aura au moins eu le mérite de la franchise sur un point. Quand on change la date et le ton à un mois de l’échéance, c’est qu’on a déjà compris qu’il fallait se battre.
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