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Exposition "Le Paris d'Agnès Varda, de-ci, de-là" du Musée Carnavalet - Histoire de Paris © Jean-Christophe Nurbel / Bulles de Culture

“Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là” : on a vu l’expo au Musée Carnavalet

Nous avons visité Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là du Musée Carnavalet. Cette exposition offre l’opportunité de redécouvrir la cinéaste sous un angle unique et localisé. L’avis de Bulles de Culture.

Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là : humour burlesque, féminisme et regard social

Je n’habite pas Paris, j’habite Paris 14e.
– Agnès Varda

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Affiche de l’exposition “Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là” du Musée Carnavalet – Histoire de Paris © Jean-Christophe Nurbel / Bulles de Culture

C’est par l’entremise du documentaire Les Glaneurs et la Glaneuse, succès surprise en salle en 2012, que je suis entré pour la première fois dans l’univers filmique d’Agnès Varda, disparue en 2019 à l’âge de 90 ans. Un univers humaniste, poétique et amusé que le Musée Carnavalet – Histoire de Paris a eu la bonne idée de remettre en avant dans son sa nouvelle exposition Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là, notamment à travers des extraits de plusieurs de ces films tournés dans la capitale.

Ce qui donne l’occasion de rappeler :

  • son humour burlesque comme avec Jean-Luc Godard jouant les amoureux dans le court-métrage muet et en noir et blanc Les Fiancés du pont Mac Donald, extrait du film Cléo de 5 à 7 (1961),
  • son féminisme dans le long métrage L’Une chante, l’autre pas (1977),
  • son cinéma social comme dans Les Glaneurs et la Glaneuse.

Ainsi qu’un lieu de Paris très spécial pour elle et sur lequel l’exposition fait un focus particulier : sa célèbre cour-atelier de la rue Daguerre, dans le 14e arrondissement de Paris, qui sera le centre de sa vie et de sa créativité dans la photographie, le cinéma et les arts plastiques.

De l’influence du surréalisme

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“Drôles de gueules, printemps, 1952” dans l’exposition “Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là” du Musée Carnavalet – Histoire de Paris © Jean-Christophe Nurbel / Bulles de Culture

Tout l’intérêt et la singularité de l’expo Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là, organisée au sein d’un lieu dédié à l’histoire de la ville de Paris, est d’aborder la prolifique carrière de la cinéaste sous le prisme de ses liens à la Ville Lumière. Un resserrement qui permet ainsi une plongée inédite dans son œuvre et une mise en lumière d’un des ses talents plus méconnu, la photographie En effet, née le 30 mai 1928 à Bruxelles, Arlette Varda devient artisane photographe en 1950 sous le nom d’Agnès Varda, et réalise portraits et reportages.

Parmi ses modèles et bien avant Jacques Demy, il y a la sculptrice et céramiste Valentine Schlegel, disparue en 2021 à l’âge de 95 ans, qui partage à l’époque sa vie et l’encourage à adopter le regard drôle et décalé du surréalisme à travers son objectif. De la centaine de clichés exposée, dont de nombreux inédits, émerge un goût pour la marge, le décalage, l’humour et la poésie et la noirceur. Mentionnons notamment :

  • Le noyé (1950), une composition, faite à partir de deux négatifs, où une tête de mort posée sur la margelle d’un puits donne l’impression de s’enfoncer sous l’eau ;
  • Drôles de gueules, printemps (1952) où de vieilles chaises sont “visageifiées” avec humour ;
  • ses photos drôles et étranges d’artistes, de cinéastes et de comédien.ne.s, comme Federico Fellini au milieu d’éboulis (Fellini à la porte de Vanves, 1956), Anna Karina posant tout sourire, en robe de mariée et parapluie, devant un restaurant (Anne Karina, le jour de son mariage avec Jean-Luc Godard, 3 avril 1961), Alexander Calder tenant un des ses mobiles au milieu de la rue (Alexander Calder, octobre 1954) ou encore Gérard Philippe en tenue de Cid devant des grilles d’ascenseur (Le Cid (Gérard Philippe dans l’ascenseur du TNP, 1952) ;
  • son conte photographique constitué des réactions de passants à la vue d’une petite fille déambulant dans Paris avec un déguisement d’ange (Un ange passe, décembre 1955).

Notre avis ?

En piochant dans l’œuvre protéiforme d’Agnès Varda le long du fil qui l’a relié à la capitale, l’exposition Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là offre une approche resserrée et passionnante sur le parcours artistique exceptionnel d’une artiste talentueuse et engagée.

En savoir plus :

  • Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là au Musée Carnavalet – Histoire de Paris du 9 avril au 24 août 2025
    Adresse : 23 Rue de Sévigné, 75003 Paris
    Horaires : Du mardi au dimanche de 10h à 18h
    Tarifs : Plein tarif : 15 € (plein tarif) / 13 € (tarif réduit)
  • Commissariat général : Valérie Guillaume, directrice du musée Carnavalet – Histoire de Paris
    Commissariat scientifique : Anne de Mondenard, conservatrice générale du patrimoine, responsable du département Photographies et Images numériques du musée Carnavalet – Histoire de Paris
    Comité scientifique : Antoine de Baecque, professeur d’histoire du cinéma à l’École normale supérieure ; Dominique Païni, commissaire d’exposition indépendant ; Carole Sandrin, conservatrice des fonds d’archives photographiques de l’Institut pour la photographie et Rosalie Varda
Jean-Christophe Nurbel

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