Sur Bulles de Culture, art, cinéma, littérature, musique, spectacles, télévision... chaque jour, la culture sort de sa bulle.
un jour on fera l'amour image série comédie dramatique romance
Natacha Krief dans le téléfilm "Un jour on fera l'amour" © Stromboli Films

Natacha Krief pour “Un jour on fera l’amour” (ARTE) : “Mon personnage est complexe et c’est rare”

Diffusée jeudi soir sur ARTE, la mini-série Un jour on fera l’amour (2026) de Jérôme Bonnell suit Aurore et Noé, deux trentenaires que tout oppose, au cours d’un été caniculaire. L’avis de Bulles de Culture et notre interview de Natacha Krief, récompensée par le Prix Jeune Espoir féminin Adami au Festival de la Fiction 2026.

Synopsis :

Aurore (Natacha Krief) et Noé (Édouard Sulpice) se rencontrent alors qu’ils traversent chacun une période de déséquilibre.

Un jour on fera l’amour : une série récompensée à La Rochelle

jérôme bonnell, natacha krief, édouard sulpice photo série Un jour on fera l'amour Festival de la Fiction de La Rochelle palmarès prix récompenses
Jérôme Bonnell, Natacha Krief, Édouard Sulpice au Festival de la Fiction 2026 © David Roca / Bulles de Culture

Présentée au Festival de la Fiction de La Rochelle 2026, Un jour, on fera l’amour de Jérôme Bonnell a remporté le Prix de la meilleure série comédie. Ses deux interprètes principaux ont également été distingués : Natacha Krief a reçu le Prix Jeune Espoir féminin Adami et Édouard Sulpice le Prix Jeune Espoir masculin Adami.

Notre avis ?

Triplement récompensée, la mini-série Un jour on fera l’amour est une très belle fresque sur la jeunesse. La réalisation de Jérôme Bonnell, à la fois poétique et percutante, distille des secrets lourds, un mal-être palpable, mais aussi des éclats de lumière. On a envie de prendre dans nos bras les deux personnages principaux, de leur dire que la vie peut faire mal, mais qu’ils se relèveront et avanceront. Une petite descente aux enfers dont on sort touché.

Rencontre avec Natacha Krief, interprète d’Aurore : “Elle est toujours à côté d’elle-même”

vanessa archambault, natacha krief photo série Un jour on fera l'amour Festival de la Fiction de La Rochelle
Vanessa Archambault, Natacha Krief au Festival de la Fiction 2026 © David Roca / Bulles de Culture

Bulles de Culture : Quelle a été votre réaction à la lecture du scénario  d’Un jour on fera l’amour ?

Natacha Krief : Avant de lire le scénario, j’ai passé des essais sans l’avoir lu parce que Jérôme Bonnell travaille sans directrice de casting. Il m’avait vue dans le film Rabia de Mareike Engelhardt et il m’avait bien aimée.

J’ai passé une scène d’essai avec Édouard Sulpice et, déjà, en la jouant, je me suis dit : « Je sens que ça va être génial. » C’était une scène où Noé et Aurore, mon personnage, sont un peu ivres dans la rue et débattent, comme dans ces discussions qu’on peut avoir à cinq heures du matin quand on a un peu trop bu. Le personnage d’Aurore prenait beaucoup de place, il débordait. C’était l’une des premières fois que je lisais une scène où un personnage féminin s’autorisait autant à déborder, à prendre autant de place face au personnage masculin, à dire des choses qu’on n’est pas censé dire.

Ensuite, j’ai lu le scénario et ça n’a été que ça. Mon plaisir, en tant que comédienne, était de jouer un rôle où l’on m’autorise à prendre de la place, à dire et à faire des choses que l’on ne me donne habituellement pas la possibilité de faire.

Et surtout, ce qui m’a donné très envie, ce sont ses nombreux paradoxes. Elle est pudique à des endroits où je ne le serais pas forcément et ne l’est pas sur des choses où on ne l’attend pas. Elle est complexe. C’est rare.

Bulles de Culture : La scène où son amie (Chloé Lecerf) lui avoue sa jalousie est très forte…

Natacha Krief : Je trouve ça beau d’oser dire parfois que l’on est jalouse. C’est quelque chose d’extrêmement tabou. Nous avons souvent été mises en compétition entre femmes et, parfois, je trouve que cela libère de dire que l’on est jalouse.

“C’est une histoire de libération”

un jour on fera l'amour image série comédie dramatique  romance
Natacha Krief, Édouard Sulpice dans le téléfilm “Un jour on fera l’amour” © Stromboli Films

Bulles de Culture : Dans Un jour on fera l’amour, Aurore se bat avec elle-même. Comment avez-vous construit cette fêlure ?

Natacha Krief : Ce qui m’a guidée tout au long du tournage, c’est l’idée qu’elle traverse une période de sa vie où rien ne se passe comme elle le voudrait. Mais sait-elle vraiment ce qu’elle veut ? Je ne crois pas.

Elle est en permanence un peu à côté d’elle-même. Cela peut être douloureux de vivre comme ça, de ne pas être du tout alignée avec soi-même, d’être passive dans sa vie et, en même temps, d’avoir toujours besoin de donner aux autres l’impression que l’on maîtrise. Alors qu’en réalité, on ne maîtrise rien et on ne sait même pas où on va et ce qu’on veut.

C’est la rencontre avec Noé qui va l’aider à se réaliser. Cela ne va pas la sauver. C’est une manière de raconter l’amour différemment. Ce n’est pas le coup de foudre, l’amour qui décentre de soi-même, chamboule. Elle est déjà complètement à côté d’elle-même lorsqu’elle rencontre quelqu’un qui, petit à petit, va lui redonner une forme de verticalité.

Bulles de Culture : Etes-vous satisfaite de la fin, sans la dévoiler ?

Natacha Krief : Oui, je suis très contente de cette fin. Cela fait du bien parce qu’Aurore est un personnage qui se malmène elle-même. Il y a quelque chose qui nous libère en tant que spectateur et elle se libère également.

Ce n’est pas un happy end, c’est ouvert, ce n’est pas manichéen. Pour Noé aussi. C’est une histoire de libération. On commence tous avec beaucoup de carapace, puis, à la fin, on enlève des couches. On essaie de se rendre plus léger.

“J’ai enchaîné avec la série Glamsquad pour Prime Video”

Bulles de Culture : Avez-vous d’autres projets à venir ? Vous reverra-t-on prochainement au cinéma ?

Natacha Krief : Pas au cinéma pour le moment, mais dans une série. Juste après Un jour on fera l’amour, j’ai enchaîné avec une série intitulée Glamsquad, coréalisée par Rebecca Zlotowski et Agathe Riedinger pour Prime Video.

La série parle du monde de la mode et des dérives que celui-ci peut engendrer. Mon personnage est complètement différent : j’interprète une jeune influenceuse, un rôle plus jeune. Dans la série de Jérôme Bonnell, je suis assez brute et naturelle. Là, tout à coup, je joue quelqu’un qui porte de faux ongles et a les cheveux complètement lissés. La série sera diffusée sur Amazon en 2027.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par ShowDevant31 (@showdevant31)

En savoir plus : casting, diffusion télé, streaming, replay, distinctions

    • Scénario et réalisation : Jérôme Bonnell
    • Avec : Natacha Krief, Édouard Sulpice, Marc Citti, Laurent Stocker, Olivia Côte, Matthieu Lucci, Olivier Broche, Jeanne Cherhal, Chloé Lecerf
    • Production : ARTE France et Stromboli Films
    • Prix de la meilleure série comédie, Prix Jeune Espoir féminin Adami pour Natacha Krief et Prix Jeune Espoir masculin Adami pour Édouard Sulpice au Festival de la Fiction de La Rochelle 2026
    • Un jour on fera l’amour (3 × 45 min) est diffusé sur ARTE le jeudi 29 octobre 2026 à 21h
    • La série est disponible en streaming et en replay gratuit sur Arte.tv
Vanessa Archambault

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *