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Critique / « Chère Léa » (2021) de Jérôme Bonnell : l’amour hors-champ

Dernière mise à jour : janvier 12th, 2022 at 09:01

Chère Léa est le nouveau film de Jérôme Bonnell avec Anaïs Demoustier et Grégory Montel dans les salles le 15 décembre. Cette comédie romantique suit un homme qui écrit une lettre à son ancienne petite copine. La critique et l’avis film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Après une nuit arrosée, Jonas (Grégory Montel) décide sur un coup de tête de rendre visite à son ancienne petite amie, Léa (Anaïs Demoustier), dont il est toujours amoureux. Malgré leur relation encore passionnelle, Léa le rejette. Éperdu, Jonas se rend au café d’en face pour lui écrire une longue lettre, bousculant ainsi sa journée de travail, et suscitant la curiosité du patron du café (Grégory Gadebois). La journée ne fait que commencer…

Chère Léa : la passion amoureuse rompue

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© Céline Nieszawer

Après À trois on y va et Le temps de l’aventure, Jérôme Bonnell confirme son talent pour l’écriture d’histoires d’amours délicates et sensibles. Avec Chère Léa, il va encore une fois décrire la passion amoureuse et son lot de non-dits en utilisant la force du hors-champ.

La relation entre Jonas et Léa appartient au passé. On comprend au début du film qu’elle a été passionnelle et intense. Et le réalisateur a choisi de commencer son intrigue, non pas au cœur de leur idylle, mais une fois que leur histoire est rompue, ne faisant alors qu’évoquer des moments de bonheur passés qui ont laissé des cicatrices.

Ainsi, dans les premières minutes de Chère Léa, les deux anciens amants se retrouvent et se confrontent. Ce seront les seuls moments où les deux comédiens qui les incarnent, Anaïs Demoustier et Grégory Montel, seront ensemble à l’écran.

Pour le reste du film, Grégory Montel va rester seul attablé au café pour essayer d’écrire avec difficulté une lettre à son ancienne amoureuse.

De l’autre côté de la rue, il y aura l’appartement de son ex-copine avec la silhouette d’Anaïs Demoustier qui va apparaitre succinctement à la fenêtre ou en bas de l’immeuble lorsqu’elle y sortira furtivement.

Jérôme Bonnell évoque donc magnifiquement l’absence de l’être aimée et son inaccessibilité à travers la figure d’un personnage que l’on voit peu physiquement mais qui est pourtant au cœur de l’intrigue.

Une proximité inatteignable

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© Céline Nieszawer

Chère Léa renforce sa dimension romantique à travers des références littéraires classiques brièvement évoquées et faisant de Jonas l’amoureux au balcon à l’instar de Roméo qui guette l’apparition de Juliette.

Après des mois de confinement, le film renvoie également, sans le vouloir, à un quotidien que l’on a tous vécu. En effet, l’impossibilité de voir un proche alors qu’il est de l’autre côté de la rue parle désormais davantage à la plupart d’entre nous. Sous forme de restrictions intérieures, Jonas s’interdit d’aller voir Léa alors qu’il est à 200 mètres d’elle, ce qui accroit son désir pour elle.

Heureusement, le protagoniste trouve dans ses errements amoureux des soutiens insolites comme celui du patron du bar rustre et rugueux, interprété par l’excellent Grégory Gadebois, qui saura lui remettre les pieds sur terre.

Notre avis ?

Chère Léa est une touchante comédie romantique entre douce légèreté et drame passionnel. Jérôme Bonnell montre encore une fois à quel point le sentiment amoureux le fascine, le torture et le lance dans des réflexions sur la passion, un sentiment éternel qui perdure bien au-delà de la relation.

En savoir plus :

Antoine Corte

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