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Gros plan sur Robert Pattinson, le visage partiellement dans l’ombre, dans Primetime.
Robert Pattinson incarne Chris Hansen, présentateur de To Catch a Predator, dans Primetime de Lance Oppenheim. A24. Source : Metropolitan Films.

Critique / “Primetime” (2026) de Lance Oppenheim

En salles depuis le 23 septembre et en compétition au dernier Festival de Venise, Primetime explore une télévision qui traque les monstres et fabrique ses vedettes. Une satire de l’audimat dont la fièvre visuelle finit par brouiller le regard. L’avis et la critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

En 2006, Chris Hansen (Robert Pattinson), le présentateur de l’émission To Catch a Predator, entreprend de marquer l’histoire de la télévision.

Primetime : la célébrité en embuscade

Documentariste remarqué, Lance Oppenheim signe son premier long métrage de fiction, inspiré de l’émission To Catch a Predator. Ce programme de la chaîne NBC datant des années 2000 piégeait devant les caméras des prédateurs sexuels présumés.

Robert Pattinson, déjà vu cet été dans L’Odyssée, donne à Chris Hansen, le présentateur vedette, l’obscénité d’un homme qui se contemple en justicier et se rêve en star. Son opportunisme abject prospère dans une société hypnotisée par les écrans, où les chaînes repoussent les limites pour retenir le public. L’humiliation devient un spectacle dont il faut, chaque semaine, relever le degré de violence.

Skyler Gisondo en tee-shirt multicolore, avec la mention « REC », dans Primetime.
Skyler Gisondo joue un jeune comédien engagé comme appât par l’équipe de To Catch a Predator. A24. Source : Metropolitan Films.

Dans son sillage, l’aspirant comédien joué par Skyler Gisondo croit commencer sa carrière d’acteur en servant d’appât pour l’émission. La mise en abyme est cruelle. Venu pour jouer, il se laisse absorber par un dispositif qui exploite son désir d’exister. Son enlisement rappelle les personnages de Requiem for a Dream, de Darren Aronofsky, prisonniers d’une addiction qui dévore jusqu’à leurs rêves. Ici aussi, la promesse d’une autre vie entretient la dépendance.

Cette emprise, le film éprouve pourtant le besoin de la souligner sans relâche. Les effets stroboscopiques donnent une traduction insistante du désordre intérieur du personnage principal. À force de charger l’image de métaphores, Lance Oppenheim réduit le trouble à une succession de symptômes visuels. Les éclairs accaparent le regard et laissent moins de place à la violente saisissante du propos.

En savoir plus :

Antoine Corte

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