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Milly Alcock souriante en costume de Supergirl, en vol devant un ciel nuageux
Milly Alcock incarne Kara Zor-El, cousine kryptonienne de Superman, dans « Supergirl ». © Warner Bros. Pictures / DC Studios

Critique / « Supergirl » (2026) : la maison DC se fissure à peine posée

En salle depuis le 1er juillet, Supergirl de Craig Gillespie devait donner un second pilier à l’univers relancé par Superman (2025). Il offre à la place une héroïne sans épaisseur, égarée dans une aventure annexe qui ne construit rien.

« Supergirl » : une héroïne qui vole, un film qui s’écrase

Il y a un an, Warner croyait avoir touché terre. Après une décennie de faux départs, de projets enterrés en cours de route et de reboots avortés, le « Superman » de James Gunn posait enfin des fondations. Le film n’était pas exempt de défauts, loin s’en faut, mais il dessinait un socle sur lequel bâtir une nouvelle maison DC. Avec « Supergirl », deuxième long métrage de cet univers ressuscité, l’édifice vacille déjà. Confié à Craig Gillespie, cinéaste pourtant rompu aux portraits de femmes en marge depuis « Moi, Tonya » et « Cruella », le film transforme la promesse d’expansion en aveu de panne sèche.

Kara Zor-El, cousine kryptonienne de l’homme d’acier, apparaissait brièvement à la fin de « Superman ». Ce détour par sa propre aventure devait lui insuffler une énergie singulière, un ton, une raison d’exister à l’écran autrement qu’en silhouette. Il n’en est rien. La scénariste Ana Nogueira, qui adapte pourtant le comic estimé « Woman of Tomorrow » de Tom King, réduit son héroïne à l’archétype de la jeune femme qui écume les fêtes pour noyer son passé. L’idée pouvait nourrir un personnage. Elle reste ici un vernis, sans qu’aucun élément de modernité ne vienne troubler la figure convenue de la blonde presque ingénue, dont les pouvoirs à peu près illimités règlent chaque obstacle avant même qu’il ne fasse enjeu. Seule l’inévitable kryptonite, ressort usé jusqu’à la corde depuis 1978, vient retarder mécaniquement la résolution de sa quête. Milly Alcock, révélée par « House of the Dragon », se démène avec une conviction réelle. Son engagement ne suffit pas à donner corps à ce qui n’a pas été écrit.

Face-à-face entre Supergirl (Milly Alcock) et le méchant Krem (Matthias Schoenaerts) en armure dans le film Supergirl
Kara Zor-El (Milly Alcock) face à Krem (Matthias Schoenaerts), antagoniste du film de Craig Gillespie. © Warner Bros. Pictures / DC Studios

Le monde qui l’entoure ne la sauve pas davantage. D’une planète dévastée à l’autre, le film aligne des créatures qui ressemblent à des copies délavées du bestiaire de « La Guerre des étoiles », tandis que ses pillards, harnachés de cuir et lancés dans le désert à bord de véhicules bricolés, semblent échappés d’un « Mad Max » de seconde main, croisé avec les boucles guerrières d’« Edge of Tomorrow ». Rien, dans cette direction artistique, ne porte la marque d’une invention propre. Jusqu’à Krypto, le chien kryptonien dont chaque apparition trahit sa fonction première. Comme Grogu avant lui chez Lucasfilm, l’animal existe moins pour le récit que pour les rayons de peluches.

Reste le méchant, et c’est peut-être là que le film s’effondre le plus sûrement. Matthias Schoenaerts, acteur d’ordinaire si dense, compose un Krem insipide, menace de papier enfermée dans une intrigue dont la mécanique tourne à vide. Le procédé pourrait au moins densifier le personnage principal. Il produit l’effet inverse. En expédiant Kara aux confins de la galaxie pour une vendetta sans résonance, le scénario l’isole dans une histoire annexe, coupée de la Terre, coupée de son cousin, coupée de tout ce qui pourrait fonder un mythe. « Superman » racontait, quoi qu’on en pense, l’ancrage d’un extraterrestre parmi les hommes. « Supergirl » ne raconte que son propre remplissage.

Milly Alcock en costume de Supergirl dans un couloir de vaisseau spatial, scène du film de Craig Gillespie
Kara Zor-El (Milly Alcock) à bord d’un vaisseau dans « Supergirl » de Craig Gillespie. © Warner Bros. Pictures / DC Studios

Notre avis ?

Craig Gillespie filme cette errance sans nerf, multipliant les scènes d’action au découpage approximatif, où l’héroïne disparaît parfois du champ comme pour esquiver la difficulté de la mettre en scène. Pour un film budgété à 170 millions de dollars, censé porter la deuxième offensive du nouveau DC Universe, l’économie de soin sidère.

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En savoir plus :

    • Date de sortie France : 01/07/2026
    • Distribution France : Warner Bros
Antoine Corte
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