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Une lycéenne devant une fresque antique dans La Gradiva de Marine Atlan
Dans La Gradiva, Marine Atlan confronte la jeunesse aux traces du passé. © Films du Poisson / Bibi Film TV / Arte France Cinéma

“La Gradiva” : que signifie le titre du film de Marine Atlan ?

En salles depuis le 21 octobre 2026, La Gradiva de Marine Atlan porte un titre aussi mystérieux que son voyage scolaire à Naples et Pompéi. Derrière ce mot se cachent une sculpture antique, une nouvelle de Wilhelm Jensen, une célèbre analyse de Sigmund Freud et l’idée d’un destin qui se met en mouvement. Voici la signification du titre du film.

Le mot Gradiva signifie en latin « celle qui marche ». Dans le film de Marine Atlan, il renvoie à une femme représentée sur un bas-relief antique, baptisée ainsi par l’écrivain allemand Wilhelm Jensen. La figure, ensuite étudiée par Sigmund Freud, devient une image du désir, du passé enfoui et de ce qui revient soudain à la surface. Autant de motifs qui traversent le récit du film.

Gradiva signifie « celle qui marche »

Contrairement à ce que son association avec Pompéi pourrait laisser penser, Gradiva n’est pas le nom historique d’une femme retrouvée parmi les vestiges de la cité. Il a été inventé par Wilhelm Jensen à partir d’un bas-relief antique aujourd’hui conservé au musée Chiaramonti, au Vatican.

La sculpture montre plusieurs jeunes femmes avançant en procession. Wilhelm Jensen s’intéresse à la première d’entre elles, dont la démarche, un pied légèrement relevé, semble suspendue entre l’immobilité de la pierre et le mouvement. Il la nomme Gradiva, autrement dit « celle qui marche ». Les Musées du Vatican précisent que le relief appartient à une composition probablement inspirée d’un original grec du IVe siècle avant notre ère.

Le titre choisi par Marine Atlan contient donc dès l’origine une contradiction féconde : Gradiva est une femme figée depuis des siècles, mais représentée en train d’avancer.

De Wilhelm Jensen à Sigmund Freud

Publié en 1903, le récit Gradiva, fantaisie pompéienne raconte l’histoire de Norbert Hanold, un jeune archéologue fasciné par cette silhouette. Il finit par imaginer que la femme du bas-relief vivait à Pompéi au moment de l’éruption du Vésuve.

Son obsession le conduit jusqu’aux ruines de la ville, où il croit reconnaître Gradiva sous les traits d’une jeune femme. Celle-ci se révèle liée à un souvenir d’enfance qu’il avait refoulé : Zoé Bertgang, une ancienne voisine pour laquelle il éprouvait des sentiments qu’il n’avait jamais véritablement reconnus.

Sigmund Freud consacre ensuite une étude au texte de Wilhelm Jensen. Il y voit une illustration du fonctionnement de l’inconscient : comme l’archéologue dégage progressivement des vestiges ensevelis, l’esprit peut faire resurgir des désirs et des souvenirs enfouis. Pompéi devient ainsi un lieu où le passé, bien que recouvert, n’a jamais totalement disparu, comme le rappelle le Freud Museum.

Pourquoi Marine Atlan a-t-elle choisi le titre La Gradiva ?

Dans son entretien pour la Semaine de la Critique, Marine Atlan explique le choix du titre. Celle-ci a découvert la nouvelle de Wilhelm Jensen par l’intermédiaire du texte de Sigmund Freud. La cinéaste a été attirée par sa sonorité latine et mystérieuse, mais aussi par cette femme qui marche, dont le mouvement peut devenir une allégorie du destin.

Pour la réalisatrice, la figure de Gradiva fait naître à la fois le fantasme, le déplacement et l’idée d’une trajectoire que les personnages ne maîtrisent pas entièrement. Son caractère presque mythologique offre également un contrepoint au réalisme des premières scènes du film.

Le choix du titre n’est donc pas une simple référence savante. Il donne une indication sur la manière dont il faut regarder le récit.

Deux lycéens descendent un escalier à Naples dans La Gradiva
Dans La Gradiva, le voyage à Naples met les lycéens en mouvement. © Films du Poisson / Bibi Film TV / Arte France Cinéma

Ce que le titre La Gradiva révèle du film

Dans La Gradiva, une classe de lycéens français se rend à Naples et Pompéi. Le voyage les met littéralement en mouvement, mais il accompagne également un passage plus profond : celui qui conduit de l’adolescence vers l’âge adulte.

Comme la femme du bas-relief, les personnages semblent saisis au milieu d’un pas. Ils ne sont plus tout à fait les enfants qu’ils étaient, sans encore savoir quels adultes ils deviendront. Les désirs, les colères, les rivalités et les différences sociales qui traversent le groupe font progressivement vaciller les places que chacun croyait occuper.

Le rapprochement est particulièrement sensible autour de Toni, personnage déraciné qui tente de comprendre ses origines napolitaines et l’histoire familiale dont il a hérité. Son enquête ressemble à un travail archéologique. Il avance parmi des traces dont le sens ne lui apparaît que progressivement. Marine Atlan décrit elle-même Toni comme un jeune homme rattrapé par son héritage et par un déterminisme social qui prend peu à peu une dimension tragique.

La Gradiva ne désigne donc pas nécessairement une seule jeune femme du film. Elle peut représenter le mouvement de l’ensemble du groupe, chacun marchant vers une vérité qu’il ne perçoit pas encore.

Questions fréquentes sur la signification du titre La Gradiva

Que signifie le mot Gradiva ?

Gradiva signifie en latin « celle qui marche ». Ce nom a été donné par Wilhelm Jensen à une jeune femme représentée en mouvement sur un bas-relief antique.

Quel est le rapport entre Gradiva et Freud ?

Sigmund Freud a analysé la nouvelle de Wilhelm Jensen pour étudier le rêve, le désir refoulé et le retour du passé. Ce travail permet de rapprocher la psychanalyse de l’archéologie.

Le film La Gradiva est-il adapté d’un livre ?

Non. Le film de Marine Atlan est une histoire originale. Il emprunte toutefois son titre et plusieurs motifs symboliques à la nouvelle Gradiva, fantaisie pompéienne de Wilhelm Jensen.

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Antoine Corte

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