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Critique / “Reine mère” (2024) de Manele Labidi

Avec Reine mère, la réalisatrice Manele Labidi livre un film étonnant sur l’héritage laissé par Charles Martel avec Camélia Jordana. La critique et l’avis de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Amel est un personnage haut en couleur. Elle a du tempérament, de l’ambition pour ses deux filles, une haute estime d’elle-même et forme avec Amor un couple passionné et explosif. Malgré les difficultés financières elle compte bien ne pas quitter les beaux quartiers. Mais la famille est bientôt menacée de perdre son appartement tandis que Mouna, l’aînée des deux filles, se met à avoir d’étranges visions de Charles Martel après avoir appris qu’il avait arrêté les Arabes à Poitiers en 732… Amel n’a plus le choix : elle va devoir se réinventer !

Après Un Divan à Tunis, Manèle Labidi poursuit son exploration des identités et du refus des assignations sociales. Avec Reine Mère, elle plonge dans les années 90, entre comédie et réflexion historique. Amel (Camélia Jordana) et Amor (Sofiane Zermani) luttent pour maintenir leur famille à flot. Leur équilibre vacille lorsque leur fille Mouna (Rim Monfort) commence à avoir des visions de Charles Martel (Damien Bonnard) après avoir découvert la bataille de Poitiers en cours d’histoire.

Manèle Labidi interroge ainsi l’impact du passé sur le présent, puisant dans ses propres souvenirs d’enfance. Elle illustre comment certaines figures historiques, comme Charles Martel, façonnent les représentations identitaires. Malgré des thèmes forts – racisme, place des minorités en France – le ton reste résolument humoristique. Le film se distingue surtout par Amel, personnage haut en couleur porté avec charisme par Camélia Jordana. Loin des clichés, elle incarne une féminité conquérante et livre des répliques cinglantes qui bousculent les conventions.

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Visuellement, Reine Mère séduit par sa reconstitution des années 90 : des couleurs saturées et des décors restreints qui accentuent son identité esthétique. En poussant trop loin la dimension fantastique autour de Charles Martel, la réalisatrice fragilise son récit. L’intrigue peine à trouver une résolution. De plus, le personnage historique sert davantage d’artifice scénaristique que de véritable levier de réflexion, limitant ainsi la portée sociologique du film.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 12/03/2025
  • Distribution France : Diaphana Distribution
Antoine Corte

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