Dernière mise à jour : juin 13th, 2020 à 03:21 pm
Travailler dans un cabinet de conseil en management, s’occuper de ses deux filles et de son épouse ne suffisent pas à remplir l’emploi du temps de Mathieu Menegaux. Aussi durant ses heures creuses, vers cinquante ans, il est devenu écrivain pour le plus grand plaisir des lecteurs. Portrait de cet auteur de talent.
Je me suis tue, Un fils parfait et Est-ce ainsi que les hommes jugent ? : les trois premiers livres de Mathieu Menegaux

Autre similitude, ces trois romans sont racontés par chaque victime, deux hommes et une femme. Une mère de famille, un père de famille, une femme mariée sans enfants sont ainsi entrainés progressivement mais inexorablement vers les profondeurs du désespoir et de la déchéance. Les états d’esprit de chaque victime sont analysés, expertisés et disséqués avec force et détails.
La parole, un thème central

Ce sont aussi des espaces sociaux qui se referment progressivement avec l’exclusion par les amis, la famille ou des collègues de travail. La rage, la hargne et la peur agitent ces coupables désignés à la vindicte populaire. La détresse, la solitude, la honte, voire la culpabilité envahissent ces personnes.
Le fait inattendu chez Mathieu Ménégaux

Enfin, ces histoires ont une filiation évidente, tant dans le style que dans le rythme. La concision extrême du texte ne permet aucune perte de temps, aucune digression. Seul l’essentiel est écrit pour aller droit au but. Rien de superflu, tout est précis, le juste mot est employé. Tout est parfaitement restitué avec sobriété et aucun voyeurisme.
Claire, Daphné, Gustavo : des personnages multiples
Claire (Je me suis tue), Daphné (Un fils parfait) et Gustavo (Est-ce ainsi que les hommes jugent ?) trouveront la résolution à leurs dérives de manière plus ou moins violente. Ils demeureront des personnages indélébiles dans nos mémoires tant leur histoire est marquante et reflète si bien la société actuelle dans ses déviances les plus malsaines.
Je me suis tue, Un fils parfait et Est-ce ainsi que les hommes jugent ? méritent le plus large public possible. Tous disponibles aux Éditions Points, ils sont aussi prenants et brillants l’un que l’autre. Chaque lecteur aura sa préférence mais aura surtout le plaisir d’avoir découvert un très bon auteur. Une certitude : Mathieu Menegaux va devoir changer de style pour éviter d’être accusé de répétition. La réponse sera donnée en lisant son dernier roman, Disparaître, disponible depuis le 8 janvier 2020.
En savoir plus :
- Je me suis tue, Mathieu Menegaux, Éditions Grasset, 1er avril 2015, 192 pages, à partir de 16.50 euros
- Un fils parfait, Mathieu Menegaux, Éditions Grasset, 1er février 2017, 240 pages, à partir de 16.50 euros
- Est-ce que les hommes jugent ?, Mathieu Menegaux, Éditions Grasset, 2 mai 2018 , 234 pages, à partir de 18 euros
- Disparaitre, Mathieu Menegaux, Éditions Grasset, 8 janvier 2020 , 216 pages, à partir de 18 euros
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