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© Frédérique C. / Bulles de Culture

Critique Avignon 2021 / « Le Fil à la Patte » par la Compagnie AIDAS

La metteure en scène Danuta Zarazik revisite Le Fil à la Patte au Festival OFF d’Avignon 2021. Cette comédie en trois actes de Georges Feydeau a connu dès sa création en 1894 un immense succès. La Compagnie AIDAS en propose dans le cadre du festival avignonnais une version virevoltante : amants, maîtresses, portes qui claquent et quiproquos s’enchaînent à vive allure. L’avis et la critique théâtre de Bulles de Culture.

Synopsis :

Fernand Bois d’Enghien (Valentin Pulicani), beau parleur de la Belle Époque, est l’amant de la chanteuse de café-concert Lucette Gautier (Jade Marino). Cette dernière est par ailleurs aimée par le général mexicain Irrigua (Clément Joubert).

Bois d’Enghien le volage, a décidé de rompre avec Lucette afin d’épouser le jour même, Viviane Duverger (Gaia Mauro), une riche héritière. Mais la baronne Duverger (Giulia De Amicis), mère de Viviane, demande à Lucette de venir chanter au mariage de sa fille. C’est alors que tous les rouages du vaudeville se mettent en branle.

Le Fil à la Patte : une farce burlesque

La mise en scène de Danuta Zarazik respecte le genre du vaudeville de la pièce de théâtre Le Fil à la Patte. Les comédiens sont neuf sur scène. Ils sautent, courent, tombent et rebondissent sur les planches. Comme dans la pure tradition des tréteaux historiques, le spectacle se joue en plein air. Il est rythmé par des chansons a capella : « A Paris », « Frou Frou », « C’est l’histoire d’un amour »

Les 4 personnages principaux sont magistralement interprétés. Bois d’Enghien (Valentin Pulicani), roi des lâches, accumule les situations plus inextricables les unes que les autres. Et les quiproquos, sel de la comédie, s’enchevêtrent.

La frivole Lucette (Jade Marino), Bouzin (Erwan Bleteau), le maladroit clerc de notaire, l’exubérant général Irrigua (Clément Joubert), et la servante espiègle (remarquable Cindy Sebastian) correspondent à des types, des caractères atemporels du vaudeville.

Aux cascades, succèdent des arrêts sur image pendant les apartés des personnages. Zarazik sait imposer à sa troupe un rythme nécessaire à toute comédie.

Le nerf de la guerre : l’argent

Le moteur de cette société de la Belle Époque est l’argent. C’est lui le fond noir du Fil à la patte. Malgré leurs défauts, tous les personnages deviennent fréquentables à la condition d’être riches. Feydeau est lucide face aux défauts de ses contemporains.

Mais cette pièce devient comédie grâce au rythme précis d’une horloge, insufflé par le texte du dramaturge et la mise en scène de Danuta Zarazik. Le vaudeville demande des dialogues et des péripéties écrits avec une grande finesse. L’art de la construction des pièces de Feydeau est toujours poussé à la perfection.

La Compagnie AIDAS (Académie Internationale Des Arts du Spectacle) met en place une mécanique parfaitement réglée… jusqu’à l’entracte. Il est en effet dommage que l’énergie soit rompue par un changement de décor qui pouvait être évité.

Mais le texte est défendu avec énergie par la troupe. L’humour de Feydeau et sa férocité sont servis avec fougue. Les malheurs des personnages provoquent le rire. La critique de la société y est acerbe.

Notre avis ?

Malgré un mistral violent, malgré la poussière qui vole, malgré les voix qui souffrent, la Compagnie AIDAS tient la barre et nous propose une version ébouriffante de la pièce Le Fil à la patte.

En savoir plus :

Frédérique C.

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