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Critique & Interview / « Les mots s’improsent » de Félix Radu

Dernière mise à jour : octobre 17th, 2021 at 08:59

Dans un spectacle d’1h10, écrit à l’âge de 16 ans, le comédien Félix Radu embarque ses nouveaux aficionados belges et français. Rencontre avec un garçon habité qui, du haut de ses 25 ans, a charmé la rédaction de Bulles de Culture ainsi que notre avis sur son seul en scène Les mots s’improsent

Synopsis :

C’est un virtuose des traits d’esprit qui convoque avec brio les géants de la littérature. Il dénoue les non-sens et complique la logique. Marche en funambule entre théâtre et humour.

Rappelle sur scène Camus, Saint-Exupéry, Rilke, Shakespeare ; les dépoussière d’un revers de manche pour un ultime fou rire. Pour une dernière tendresse. Puis s’égare sans perdre le fil. Jongle malgré lui.

C’est un poète des temps modernes, un fou, un petit prince, transportant dans sa valise le tendre drame de la vie. Alors à l’amour ! A la poésie ! Aux rires ! Et à l’éclat.

Son verbe sur scène rappelle Raymond Devos et dans sa loge celui du Petit Prince de Saint-Exupéry. Félix Radu est un esthète des mots qui vient d’arrêter la radio pour se concentrer sur la chaleur que lui procure la scène et la rencontre avec un public conquis d’avance. Dans les coulisses du Théâtre Royal de Mons (Belgique), dans lequel il a fait une « pause » avant de retourner au Théâtre des Mathurins, il nous a reçus.

Interview de Félix Radu pour le spectacle Les mots s’improsent

Bulles de Culture : Bonjour, Félix ! D’où venez-vous exactement ? On s’y perd ! Durant les confinements successifs de 2020 et 2021, vous avez explosé grâce aux réseaux sociaux, qui se sont régalés de vos chroniques sur La Première (RTBF). Mais sur votre site, on ne voit que le Théâtre des Mathurins de Paris !

Félix Radu : Je suis Namurois et je suis allé en classe libre au Cours Florent. Paris est la ville où je rêvais de vivre, d’y vivre de théâtre et d’amour… J’y ai finalement vécu de ruptures et de pizzas surgelées (rires). J’ai l’habitude de dire que Namur (NDLR : une ville francophone en Belgique) est la ville de ma maman et que Paris est ma ville-amante.

Bulles de Culture : A ce point ?

Félix Radu : Oui, elle est cruelle, froide, intense. On a envie de lui écrire des poèmes et de tomber devant elle à genoux.

Bulles de Culture : C’est l’effet ville-musée à ciel ouvert ?

Félix Radu : Plutôt muse à ciel ouvert (sourire rêveur).

« C’est un spectacle écrit à mes 16 ans »

Bulles de Culture : Et le spectacle Les mots s’improsent, est-il tout récent ?

Félix Radu : Je le joue depuis dix ans ; c’est un spectacle écrit à mes 16 ans. Il n’a été joué qu’au Théâtre des Mathurins dans leur petite salle qui fait 100 places. D’ailleurs, je suis très grand et je touche le plafond là-bas.

Et depuis lors, je me suis essayé à la radio en Belgique et j’ai essayé d’entretenir le lien avec les gens. Je me suis d’ailleurs récemment mis à TikTok et Twitch. Je démarre bien dessus. Peut-être suis-je le seul à passer certains jours 3 à 4 heures sur Instagram pour répondre à absolument tous les messages privés qu’on m’envoie, ne fut-ce que pour écrire « Merci ».

Bulles de Culture : Cette collaboration avec la radio va-t-elle encore continuer ?

Félix Radu : C’est fini depuis cet été, donc c’est tout frais. La radio est un média qui me faisait peur, ça touche tellement de gens et on entre dans tellement de foyers. Ma toute dernière chronique a comptabilisé dix millions de vues, c’est énorme !

C’est un chouette terrain de jeu mais c’est une grosse audience, donc très grosse pression. Ni moi ni la RTBF n’étions préparés. Je leur ai d’ailleurs dit : « Ni vous ni moi sommes heureux, donc si on arrêtait ? » Et ils ont apprécié mon honnêteté. Mais on ne se sépare pas pour autant, on va peut-être juste repartir sur autre chose car je leur ai parlé d’une série destinée aux jeunes que je viens d’écrire pour France Télévisions. La RTBF s’est mise en contact avec le groupe et négocie actuellement avec eux. Elle va peut-être coproduire cette série.

Bulles de Culture : Et après Les mots s’improsent

Félix Radu : J’ai dit OK pour un film au cinéma, mais d’abord je veux me consacrer à une pièce que j’ai écrite, tout en terminant les dates de la tournée pour Les mots s’improsent. Je joue au Théâtre des Mathurins jusque fin 2021. Après la pièce, il y aura un second one-man-show et la fin de l’écriture de mon premier roman.

Propos recueillis le 28 septembre 2021 à Mons, Belgique.

Les mots s’improsent : notre avis

Une poésie clairvoyante, infaillible et indéboulonnable chez Félix Radu ? L’exercice proposé dans le spectacle Les mots s’improsent a bien démontré que sa maturité d’esprit, déjà présente à l’âge de 16 ans, va encore connaître de beaux restes. Infatigable, le jeune Félix a encore de nombreux projets.

Dans ce seul-en-scène, qui va encore se jouer durant plusieurs mois (après Paris, retour en Belgique début 2022), le jeune artiste utilise l’outil de la sophistication pour briller et remet à l’honneur la séduction par les mots. Les jeux verbaux sont nombreux et il faut s’accrocher, mais on ressort avec l’heureuse surprise d’avoir reçu la caresse d’une brise d’été. Et dans la ville de Paris qu’il décrit plus haut comme froide et cruelle, ce n’est pas du luxe !

En savoir plus :

  • Les mots s’improsent  un spectacle écrit et interprété par Félix Radu et mis en scène par Julien Alluguette, au Théâtre des Mathurins du 17 septembre au 31 décembre 2021. Vendredi et samedi à 19h
  • L’agenda des autres représentations de l’artiste en France et en Belgique est à retrouver sur son site officiel
Luigi Lattuca
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