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Critique / « Je préfère les génies aux abrutis » (2021) : confessions inédites d’Anémone

Brute, franche, sincère et sans tabou. C’est comme ça qu’Anémone revient pour un énième tour de piste en cette année 2021. Les éditions Robert Laffont ont accueilli l’œuvre de son ami, le réalisateur Laurent Brémond : Je préfère les génies aux abrutis, un portrait découpé en confidences, presque au fil de l’eau, de l’inoubliable Thérèse du Père Noël est une ordure. L’avis et la critique livre de Bulles de Culture sur cette sortie heureuse et importante.

Synopsis :

Le succès est-il gage de bonheur ?

En retraçant, à travers ses propres souvenirs, les cinquante ans de carrière d’Anémone, ce livre dévoile les secrets d’une actrice déçue par la célébrité, qui avait choisi de déserter le jeu des apparences pour se retrouver face à elle-même.

Son parcours enseigne une double leçon de courage : elle a tourné le dos à un milieu privilégié pour se risquer sur les chemins du 7e art, puis s’est délibérément éloignée des sirènes du succès.

Anémone parle donc. Sans tabou. Et ce, deux ans après son décès en avril 2019.

Je préfère les génies aux abrutis : confidences d’Anémone à Laurent Brémond

Je préfère les génies aux abrutis de Laurent BRÉMOND t ANÉMONE image livre
© Collection particulière d’Anémone

Quasiment 50 ans de carrière… La comédienne Anémone souffle de là-haut cette bougie symbolique avec une sortie littéraire. Assez inattendue, la biographie rédigée, grâce à des enregistrements audio, par l’un de ses amis, Laurent Brémond (réalisateur de documentaires sociaux), se lit presque d’une traite.

Lors de ses dernières sorties médiatiques, Anémone donnait l’impression d’être déçue de l’époque et de l’idéologie dominante. Elle pourrait donner envie à plus d’un·e l’envie de refermer le bouquin… et pourtant non !

Possédant une intelligence rare, l’actrice éclabousse chaque phrase de réflexions nourries par ses voyages à travers le monde et par ses lectures scientifiques — pas les plus médiatisées, précise son fils dans le livre.

Exclue et retirée

Anémone pratiquait nombre d’années avant sa mort la politique de l’exclusion. Et elle n’avait jamais caché pourquoi : l’argent s’était emparé de tout, les bons rôles étaient rares, Paris était de plus en plus bruyant, les gens du métier n’avaient aucune parole…

Et une fois de plus, la biographie Je préfère les génies aux abrutis — ce titre, c’est tout elle ! — met en exergue la domination masculine.

Parisienne bourgeoise aux idées avant-gardistes, Anne Bourguignon de son vrai nom n’était pas politiquement correcte et l’ouvrait bel et bien pour discuter salaire, direction artistique, etc. Rapidement, le tout-Paris apprend donc qu’elle est devenue « ingérable ». Une stratégie pour saborder sa carrière.

Mais Anémone restera entière, quitte à passer pour une mégère, une « tatie Danielle » en puissance. Les conséquences d’actes typiquement masculines n’ayant jamais su la modeler. Mais, assez étonnamment, la bisbrouille avec la Troupe du Splendid — suite aux zéros de recettes des X rediffusions de leur film-culte à Noël — est passée sous silence.

Notre avis ?

Humain, réfléchi et drôle, Je préfère les génies aux abrutis dessine les contours d’une actrice hors du commun.

En bonus, chaque personne qui achètera ou recevra ce livre pourra y trouver à la fin une lettre du fils de la comédienne, Jacob Bourguignon. Une lettre qui met les larmes aux yeux.

En savoir plus :

  • Je préfère les génies aux abrutis, Laurent Brémond et Anémone, éditions Robert Laffont, 27 mai 2021, 240 pages, 21€
Luigi Lattuca
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