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Critique & Interviews / « Sauvage » (2018) de Camille Vidal-Naquet

Dernière mise à jour article : 11 juillet 2020 à 23:52

« Ce personnage, c’est l’amour absolu, sans condition »

Bulles de Culture : Félix Maritaud, une certaine enfance se dégage de votre façon d’incarner Léo. Avez-vous travaillé dans ce sens pour le long métrage Sauvage ? L’enfance est-elle sortie naturellement lorsque vous avez investi le personnage ?

Félix Maritaud : On n’a jamais parlé avec Camille de cet aspect d’enfance, de naïveté, de candeur. Mais quand tu développes un don d’amour comme lui, tu vas forcément du côté de l’enfance puisque la psychologie est liée au monde adulte. Ce personnage, c’est un peu l’Agapé, c’est l’amour absolu, sans condition, sans besoin de répartition. On voulait qu’il soit solaire, lumineux dans ce don d’amour.

Bulles de Culture : Éric Bernard, vous incarnez Ahd, dont Léo est amoureux. Il s’agit d’un personnage assez ambigu, qui rejette violemment les avances de Léo, qui dit ne pas être homosexuel mais qui est prêt à vivre avec un homme pour s’intégrer à la société…

Éric Bernard : On est entre chien et loup avec le personnage de Léo, qui serait un loup, et Ahd, qui est un chien domestiqué mais un animal tout de même. J’ai travaillé ce personnage très instinctivement. C’était facile parce que j’avais en permanence le regard de Camille qui me disait si j’étais juste ou non. Contrairement à Léo qui a un jaillissement permanent, pour mon personnage, je voulais que ça reste très intérieur. Ça ne déborde pas trop et on a une figure paternelle, finalement.

« Ceux qui meurent sont ceux qui ont peur de mourir »

Bulles de Culture : Léo est hors psychologie, est-il également hors danger ? On a le sentiment qu’il ne se soucie jamais du danger…

Félix Maritaud : Sa vie en tant qu’être propre a tellement peu d’importance pour lui, il a tellement dématérialisé son corps, il est tellement à côté de la plaque… qu’il pourrait tenter la mort à tout moment car il ne mourra jamais. Ceux qui meurent sont ceux qui ont peur de mourir.

Éric Bernard : La vie s’accroche à lui.

Félix Maritaud : C’est comme les gens qui font des sports extrêmes : c’est à partir du moment où tu te poses des questions que tu meurs. Il n’a pas conscience des risques. Cette instantanéité des choses en fait un personnage assez iconique.

Zoé Klein

Un commentaire

  1. Magnifique film, à voir impérativement pour sa force.

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