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Le temps qui nous sépare de la foudre théâtre avis critique
© Fabienne Rappeneau

Critique / « Le temps qui nous sépare de la foudre » au Théâtre de la Contrescarpe

Dernière mise à jour article : 27 novembre 2020 à 17:30

Il faudra attendre la fin du confinement et la réouverture des théâtres pour aller voir Eglantine PERREAU et Apolline BERCHOLZ dans Le temps qui nous sépare de la foudre, cette pièce très pétillante qui associe l’œuvre de Jacques Prévert et Jean-Marie Gustave Le Clézio. L’avis et la critique d’un rédacteur invité.

Cet article vous est proposé par un rédacteur-invité, le chroniqueur Fabrice C..

Synopsis :

« La vie n’est pas toujours drôle mais il faut croire au bonheur ». Telle est la morale de ce spectacle original qui nous livre les confessions et les souvenirs d’une jeune fille pleine de vivacité, interprétée en duo pas deux jeunes comédiennes qui ne manquent ni de réparties, ni de drôleries.

Le temps qui nous sépare de la foudre : rencontre avec Le Clézio et Prévert

Le temps qui nous sépare de la foudre débute par La Valse à mille temps de Jacques Brel. Autant dire que le décor est planté : « Au premier temps de la valse, toute seule tu souris déjà. Au premier temps de la valse, je suis seule, mais je t’aperçois. Et Paris qui bat la mesure… ». Au fil de jeux de mots et de figures de style à la Prévert, mais aussi du langage contemporain, nous sautons du coq à l’âne entre des sentiments personnels, des scènes de rue ou de famille. On déambule dans le 6e arrondissement, rue de Tournon, à quelques pas de Luxembourg, et en fin de semaine on s’aère du côté du côté du bois de Boulogne.

Nous sommes dans un monde d’ados ou post ados où tout va très vite, notamment la parole, car on a tellement de choses à dire, mais aussi à redire sur un monde qui ne tourne pas toujours rond. D’ailleurs, la veste kaki de militaire sied à merveille à nos jolies comédiennes.

Après le stress parisien suivent les vacances au bord de la mer. Pas à Cannes, comme pour Michel Jonaz, qui se contentait à regarder les bateaux, mais en Bretagne où les bottes et le ciré sont de rigueur pour affronter le crachin. Les amoureux de pêche aux coquillages, de crêpes au sarrasin et de toits en ardoise seront comblés. Le petit port de Sainte Marine, en face de Bénodet, est mis en exergue avec raison.

Le temps qui nous sépare de la foudre fait écho au nouveau roman de Jean-Marie Le Clézio publié en début d’année 2020 chez Gallimard : Chanson bretonne. Il faut, en effet, se souvenir que JM G Le Clézio, a souvent été prénommé « l’africain », mais a passé la majeure partie de son enfance en Bretagne.

Dans son dernier ouvrage, le prix Nobel de littérature 1968 écrit notamment : « c’est le sentiment le plus durable que je garde de cette enfance en Bretagne, peut-être parce qu’il rejoint d’une certaine façon la magie de la nature en Afrique, la puissance des orages électriques et des pluies torrentielles qui cascadaient sur le toit de notre case à Ogoja… En Bretagne la violence de la mer, du vent, de la pluie, mais aussi la brûlure du soleil certains jours… la solitude des criques encombrées de galets géants troués de grottes où les vagues explosent… »

Ceux qui connaissent la Pointe de Trévignon ou le Raz de Sein par gros temps ne peuvent qu’adhérer à cette description. Oui, Le temps qui nous sépare de la foudre, n’est pas toujours à des kilomètres, quand on sait que la vitesse du son au niveau de la mer est de 340 m/s.

Il est tout aussi rapide Théâtre à la Contrescarpe où deux jeunes femmes nous parlent de la pluie et du beau temps. « La pluie et le beau temps », qui nous ramène au 4e recueil de Jacques Prévert, où l’auteur nous parle de tout et de rien : de Paris, du temps qui passe, de la guerre, de l’amour, de la vie…

En savoir plus :

Bulles de Culture - Les rédacteur.rice.s invité.e.s

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