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Critique / « Sans Filtre » (2022) de Ruben Östlund

Deux influenceurs participent à une croisière pour personnes fortunées. Sans Filtre (Triangle of Sadness), palme d’or 2022, est une chronique cinglante sur le monde actuel fondé sur l’apparence et l’argent. Ruben Östlund garde ici son statut de cinéaste de l’excès. La critique et l’avis de Bulles de Culture sur ce film évènement dans les salles le 28 septembre 2022. 

Synopsis :

Carl (Harris Dickinson) et Yaya (Charlbi Dean Kriek) forment un couple de mannequins. Le jeune homme participe à des castings pour devenir égérie d’une prestigieuse marque de mode. Lors d’un diner dans un restaurant chic une dispute éclate entre eux. Carl souhaite que Yaya règle l’addition, cette dernière s’étant engagée à l’inviter. Or Yaya trouve inélégant qu’un homme demande à une femme de régler le diner, bien qu’ayant des revenus plus aisés que ceux de son compagnon. Elle finit par céder mais sa carte bancaire est refusée. Le film se poursuit sur un bateau luxueux où les deux amoureux sont conviés à une croisière aux côtés de riches passagers.

Sans filtre : récit provocateur pour évoquer les inégalités sociales

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© Plattform

Avec Sans filtre, Ruben Östlund obtient sa seconde Palme d’or lors du dernier festival de Cannes, cinq ans après le caustique The Square. Toujours dans la confrontation des rapports de classes, le cinéaste suédois va construire son récit en trois parties. Il établit une description des bassesses de la classe privilégiée pour aboutir à la vengeance programmée des « petits gens » maltraités.

Dans Sans filtre, on retrouve la patte narrative très caractéristique du réalisateur révélé par Snow Therapy. Ce dernier étire ses scènes au maximum ce qui instaure une situation de malaise notamment lorsque Carl se dispute avec sa compagne. Le mannequin tente d’inverser les codes sociaux et obtenir qu’elle règle la note du restaurant. Cependant, si ce rythme caractéristique a parfois l’effet escompté, il ralentit le récit et alourdit le long métrage qui souffre d’un ventre mou dans sa dernière partie.

Souvent provocateur, Ruben Östlund sait savamment doser sa narration pour être toujours entre comédie et malaise. La scène de la tempête, où les désordres gastriques des passagers, vomissant à outrance une bile jaunâtre avant de baigner dedans durant de longues minutes, restera mémorable. Le réalisateur complètement décomplexé réussit à provoquer l’hilarité sans avoir peur de provoquer le dégoût. Cette « nausée » est d’ailleurs la métaphore parfaite du ressenti de cinéaste suédois envers les inégalités sociales du monde moderne. La croisière est d’ailleurs un fort symbole de cette opulence prenant comme décor l’ancien yacht du milliardaire Onassis, navire mythique des années 50-60 qui accueillit toute l’élite.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 27/09/2022
  • Distribution France : Bac Films

 

Antoine Corte

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