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Critique / « Falling » (2020) de Viggo Mortensen

Celui qui sera à jamais Aragorn pour ses fans passe derrière la caméra avec Falling, le 19 mai au cinéma. Pour son premier film, Viggo Mortensen nous livre un portrait de famille bouleversant, à l’image des personnages qu’il a souvent interprété à l’écran, à la fois puissant et touchant. L’avis et la critique du film de Bulles de Culture.

Synopsis :

John (Viggo Mortensen) vit en Californie avec son compagnon Eric (Terry Chen) et leur fille adoptive Mónica (Gabby Velis), loin de la vie rurale conservatrice qu’il a quitté voilà des années. Son père, Willis (Lance Henriksen), un homme obstiné issu d’une époque révolue, vit désormais seul dans la ferme isolée où a grandi John.
L’esprit de Willis déclinant, John l’emmène avec lui dans l’Ouest, dans l’espoir que sa sœur Sarah (Laura Linney) et lui pourront trouver au vieil homme un foyer plus proche de chez eux. Mais les bonnes intentions se heurtent au refus absolu de Willis, qui ne veut rien changer à son mode de vie…

Falling comme la chute, la fin

La chute c’est celle du sens de la réalité. Ce moment de la vie où l’on perd peu à peu ses facultés, lorsqu’on se mélange entre le présent et le passé. C’est ce qui arrive à Willis, le père de John qui oscille entre ses souvenirs tronqués et une réalité qui souvent lui déplaît. Falling raconte ces allers et retours, parfois très douloureux pour ceux qui l’entourent. Pour son premier film, Viggo Mortensen nous offre des transitions en douceur. Les ruptures dans son récit non linéaires sont plutôt poétiques, s’alignant sur le rythme que pourrait avoir cet esprit déclinant. Un bruit, un changement de temps et Willis replonge. Des passages magnifiquement interprétés par Lance Henricksen, la perte du sens de la réalité a rarement été aussi bien illustrée, un subtil mélange de violence et d’humanité.

La fin c’est celle de la vie, moment qui est annoncé par la chute, celui de la perte de ses moyens contre laquelle on lutte. Un moment inéluctable contre lequel  le vieux Willis va quand s’acharner, exacerbant les défauts du jeune Willis qui ont déjà tant fait souffrir autour de lui. Falling raconte ainsi la difficulté d’accompagner dans leur fin des personnes qui nous sont chères malgré tout ce qu’elles ont pu nous faire subir. Lorsque la tristesse des prochains adieux se pointe et que amour et rancœur se disputent la place, l’un pensant que cela ne sert plus à rien, l’autre disant criant qu’il n’est jamais trop tard pour régler ses comptes.

Falling photo film avis critique 2
© Metropolitan Films

Falling comme Falling in love again…

De Viggo Mortensen qui, pour son premier long métrage, écrit et réalise un film touchant. Celui qui a souvent incarné au cinéma des hommes complexes, mi-délicats, mi-brutes épaisses, fait preuve de finesse dans sa mise en scène. Si on sent une direction méticuleuse, jusqu’à la note de piano qui arrive juste à un moment précis, l’ensemble est entouré d’une délicatesse dont on ne doute pas au premier abord, floué comme on peut l’être par la rudesse de l’incorrigible Willis. Et comme il y va! On en vient à guetter sa prochaine sortie de route, on rigole de ses audaces qui n’ont rien à envier à Connasse! On applaudit la patience de ses enfants, on se réjouit de ce choc des générations. Et puis on est touché, voire bouleversé par l’amour qui flotte malgré tout autour de tout cela…

Falling est une première plutôt réussie. Pas vraiment surprenant, venant d’un acteur qui a souvent brillé par l’intelligence de son jeu et a appris des plus grands. Viggo Mortensen s’offre d’ailleurs le plaisir d’inviter celui qui lui a offert ses plus rôles, David Cronenberg, dans une des scènes les plus drôles.  Certains trouveront peut-être le film maniéré, avec des excès que l’on ose lorsqu’on tourne son premier. L’avis d’autres sera de toute façon biaisé car, ils ont été si séduits par Tom (A History of violence), Nikolaï ( Les Promesses de l’Ombre), ou encore Sigmund (A Dangerous Method) qu’ils pardonneront même à Viggo Mortensen un petit déhanché inutile qu’il a pu croire nécessaire pour rentrer dans la peau de John…

 

En savoir plus  :

Fanny N.

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