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Critique / « Une intime conviction » (2018) d’Antoine Raimbault

Une intime conviction d’Antoine Raimbault, sur le procès en appel de Jacques Viguier, est sorti dans les salles de cinéma le 6 février 2019. L’avis et la critique film de Bulles de Culture sur cette œuvre avec Marina Foïs et Olivier Gourmet. 

Synopsis :

Depuis que Nora (Marina Foïs) a assisté au procès de Jacques Viguier (Laurent Lucas), accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau (Olivier Gourmet) de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l’injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.

Un intime conviction, la réalité fiction d’Antoine Raimbault

Une intime conviction critique film avis cinema Photo Marina Foïs, Olivier Gourmet
© Séverine Brigeot

Pour son premier film, Antoine Raimbault s’attaque à une réalité fiction autour de la célèbre affaire Viguier. Cette chronique judiciaire avait occupé l’opinion publique en 2010. L’accusé comparaissait alors en appel pour le meurtre de sa femme. Sans preuve réelle de sa culpabilité, celui-ci avait été relaxé en première instance. C’est le célèbre avocat Eric Dupond-Moretti qui a défendu ce mari accusé et qui a tout fait pour prouver que le dossier était vide. 

Dans le long métrage Une intime conviction, la trame autour du procès, notamment la plaidoirie de Maitre Dupond-Moretti, suit donc pas à pas les multiples rebondissements de l’affaire avec une rigueur exemplaire. Les joutes oratoires de l’avocat sont notamment interprétées avec brio par Olivier Gourmet : l’acteur y met du panache en incarnant un ténor du barreau qui ose. Le film rend ainsi hommage à ce haut personnage du droit. On le voit notamment reprendre violemment les juges qui le perturbent durant son interrogatoire. La plaidoirie est également un moment fort qui réussit à nous mettre dans la peau d’un juré. Évidemment, on se questionne tous sur l’innocence ou non de cet individu qui semble broyer par une machine judiciaire incontrôlée. 

Nora, héroïne qui manque de raison

Une intime conviction critique avis fim cinéma Photo Marina Foïs
© Séverine Brigeot

On a néanmoins plus de mal avec toute la partie fiction du film autour du personnage de Nora. Héroïne à la Erin Brockovich incarnée par Marina Foïs, celle-ci perturbe par son investissement déraisonnable de la recherche de vérité. Elle est montrée à la limite de la folie et capable de sacrifier sa famille et son emploi au service d’un accusé qu’elle connait à peine. Ce manque de raison apparait cruellement quand Nora tente de rentrer dans la chambre de Dupond-Moretti en plein milieu de la nuit. Assez dérangeant, ce personnage imaginé par Antoine Raimbault distille une théorie controversée sur le meurtre en le faisant porter par l’amant de la victime. Cette liberté prise avec le dossier est assez perturbante dans la mesure où elle n’est pas la vérité judiciaire. Alors qu’une réplique de Dupond-Moretti dans le film clame qu’il ne faut pas trouver « un coupable », le réalisateur fait tout l’inverse en essayant de donner à son public une réponse à l’affaire, qui n’en aura probablement jamais. 

Fallait-il vraiment opter pour ce traitement dans Une intime conviction ? La réponse est évidemment non. Bien d’autres étapes du dossier méritaient d’en faire une fiction beaucoup plus palpitante (l’enquête, le premier procès…). Il est dommage que par le petit bout de la lorgnette, le film essaie d’intensifier la dimension romanesque d’une histoire qui n’en avait pas forcément besoin. 

En savoir plus :

Antoine Corte

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