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Money Affiche critique film

[CRITIQUE] “Money” (2017) : Le thriller caustique

Money de Gela Babluani a été présenté en compétition au Festival du Film Francophone d’Angoulême 2017. Ce thriller noir montre une percée du cinéma français dans ce genre jusque là sous représenté. Notre critique du film et notre rencontre avec l’un des acteurs, Olivier Rabourdin. 

Synopsis :

Fatigués de leurs fins de mois difficiles, trois jeunes sans avenir voient l’opportunité de gagner beaucoup d’argent en volant une mallette à un notable du Havre. Sans le savoir, ils viennent de braquer un secrétaire d’État corrompu et de voler l’argent d’une entreprise criminelle. Débute alors, une spirale qui les dépasse complètement.

Critique de Money : thriller décalé qui manque d’audace

 

Money critique du film Vincent Rottiers
© Océan Films

On peut reconnaître au réalisateur Gela Babluani d’avoir l’audace de la jeunesse. À seulement 28 ans, le cinéaste, fils de Temur Babluani, innove avec 13 Tzameti (2005). Sa proposition en noir et blanc extrêmement violente a de la personnalité avec un personnage principal qui apprend les rituels de la barbarie.

Avec Money, on ne quitte pas cette jeunesse puisque l’histoire reste ancrée dans cette période d’insouciance où rien ne parait grave. A l’image, on retrouve ces héros candides qui se heurtent à la dangerosité du système mafieux. Totalement dans son temps, Money porte une ingéniosité liée aux caractères iconoclastes de ses protagonistes. Cette bande de potes résonne d’une universalité débordante tant elle est composée d’individus dans lesquels on peut se reconnaitre.

 

Money Critique du film
© Océan Films

C’est quand on rentre dans le développement dramatique que Money pêche par son côté trop consensuel. C’est très étonnant pour  Gela Babluani qui n’a de cesse de clamer le non conventionnel. On souhaitait que le film assume à plein son aspect décalé par cet humour noir exacerbé que le réalisateur distille à travers certains dialogues. Si Money réussit à marquer son originalité par certaines scènes, notamment la pendaison, la noirceur de l’ensemble enlève vite la patte originale du réalisateur.

On a pourtant un trio de méchants  épatants. Benoit Magimel,Louis-Do de Lencquesaing et Olivier Rabourdin sont ensemle les bonnes sales gueules du cinema français. Et on les aime beaucoup. Il manque donc à Money une ouverture vers l’incongru pour en faire un film qui restera dans le paysage Polar français.

Rencontre avec Olivier Rabourdin, le malfrat du film

 

Olivier Rabourdin Money critique film
© Océan Films

Dans le cadre du Festival du film Francophone d’Angoulême, où Money était en compétition, nous avons rencontré Olivier Rabourdin. Celui qui apparaît dans la série Engrenages de Canal plus ou dans plusieurs films de Xavier Beauvois (Des Hommes et des Dieux, Les Gardiennes) est l’une des têtes machiavéliques du film de Gela Babluani. Nous lui avons posé des questions sur son rôle et son parcours. Moments choisis :

Une bonne histoire peut se raconter comme une blague selon l’adage américain, Olivier Rabourdin voit dans celle de Money un bon moment drôle : “des jeunes croient qu’une valise de pognon va changer leurs vies, c’est une fable humoristique

Mais il tient à souligner l’aspect social et noir du film. “Gela Babluani me fait penser à Quentin Tarantino. Il veut faire un truc tellement énorme, presque absurde, que ça finit forcément par faire marrer“.

Quand on l’interroge sur son rôle de malfrat, l’acteur défend son personnage corps et âmes : “je pars du principe que je ne joue jamais des méchants. Dans Money, il est simplement payer comme un prolo. La valise le rend fou. Par contre, je ne défendrai pas le personnage de Louis-Do de Lencquesaing qui est vraiment un salaud. Quand à Benoit Magimel, il joue le pragmatique. Il fait simplement bien son boulot…de tueur”.

Olivier Rabourdin commente ses choix de rôles “non en fonction de leurs tailles mais par rapport au projet. Évidement la personnalité du réalisateur compte énormément. J’aime le côté varié des choix que je fais. Par exemple, je sors d’un court métrage dans lequel j’ai pris beaucoup de plaisirs à m’investir en tant que médecin urgentiste. Je ne l’avais jamais fait”.

Il rajoute, “je suivrais Gela Babluani au bout du monde. C’est un homme qui disparaît. Puis, à un moment donné, il revient toujours avec des projets super. J’avais déjà tourné avec lui, notamment sur 13 Tzameti. C’était également d’une originalité folle. C’est un peu ce qui le caractérise d’ailleurs. À chaque fois qu’il veut transmettre quelque chose, c’est terriblement juste“.

Dans Money, c’est surtout un travail en solitaire pour Olivier Rabourdin qui a beaucoup tourné seul devant la caméra sans autre acteur à côté de son téléphone. “J’ai donc découvert l’ampleur de Money lors de son visionnage et je peux dire qu’il me plait beaucoup“.

Sur la direction d’acteurs, Olivier Rabourdin explique qu’il a été très dirigé par Gela Babluani qui savait précisément ce qu’il voulait. A l’inverse, il nous indique que Xavier Beauvois laisse plus de libertés dans sa direction.

Entretien réalisé le 25 août 2017 à Angoulême.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 27/09/2017
  • Distribution France : Océan Films
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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