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Le sixième jour photo Dalida
© D.R.

[CRITIQUE] « Le Sixième Jour » (1986) de Youssef Chahine : Dalida, fête ses 30 ans

C’est l’anniversaire des 30 ans pour Le Sixième Jour de Youssef Chahine, dernier film où Dalida apparaît avant son suicide en mai 1987. Il n’avait séduit, quelques mois plus tôt, qu’une poignée de cinéphiles. Aujourd’hui réédité dans la même version que 2007, Bulles de Culture vous le présente. Notre critique. 

Synopsis :

Le Caire 1947: l’epidémie de choléra bat son plein. Saddika vit avec son mari paralytique et son petit fils Hassan dans un sous-sol. Elle rêve du prince charmant et fréquente assidûment les cinémas. Un jour Hassan ramène à la maison Okka, le séduisant montreur de singes, qui découvre facilement la femme dans la mère sacrifiée. Mais Hassan est atteint par la terrible maladie et Saddika mettra tout en œuvre pour sauver son petit-fils.

Le Sixième Jour, le crépuscule de Dalida

 

Le sixième jour photo Dalida
© D.R.

 

2017, année Dalida ! Disparue à cause d’un suicide médicamenteux le 3 mai 1987 à Montmartre, la belle Italo-égyptienne sera célébrée tout au long de cette nouvelle année pour les 30 ans de sa mort. Alors que le Palais Galliera installera bientôt les robes confiées par son frère Orlando dans son antre à l’occasion d’une grande exposition d’avril à août 2017, que l’intégrale (de chez intégrale) Les diamants sont éternels est réédité et que le biopic de Lisa Azuelos va débarquer sur nos écrans, est ressorti ce film sur DVD ce 30 décembre 2016.

En coulisses, il y a tout juste trente ans, on murmurait que Dalida n’a pas supporté de se voir vieille à l’écran. Pas de maquillage, les cheveux cachés, les ongles coupés, elle incarne une femme musulmane éteinte et austère.

Youssef Chahine n’a pas l’habitude de tourner avec de gros budgets. Dans Le Sixième Jour, cela se voit particulièrement sur les scènes en petit bateau. Ce dernier ne vogue même pas et donne l’impression que le personnage de Dalida fait du surplace dans sa mission : guérir son petit fils atteint du choléra.

On ignore si on peut en mourir en six jours mais peu importe, la tension ne se ressent pas. Le film n’est pas pesant ou atrocement noir comme la tenue de Dalida sur l’affiche. Chahine y incorpore même des brides d’humour et de chansons grâce à un acteur aux yeux envoûtants dont le personnage doit tomber sous le charme de celui de l’interprète de Gigi l’amoroso.

Celle-ci restera assez froide dans tout le film, à mille lieux de la créature sensuelle et souriante qui paradait en robe dorée chez les Carpentier ou chez Michel Drucker.

« La naissance d’une vraie tragédienne »,
disaient les critiques

 

Le sixième jour photo Dalida
© D.R.

 

Fin 86, dans tout Paris, Dalida fait sensation dans Le Sixième Jour qui ne démérite pas mais qui n’aurait pas perdu en force ou en émotion sans plusieurs plans à la limite de l’amateurisme. On sourit en tentant d’imaginer que ça ait pu être créé dans les années 80, tant le générique nous fait penser aux années 50 et 60. Mais Hollywood n’existe pas en Egypte… Pas grave, les critiques parisiennes de l’époque saluent surtout la naissance d’une vraie tragédienne qui a trouvé là le moyen de redonner un nouveau souffle à sa carrière – chose qu’elle a toujours fait en faisait fi des modes.

Et c’est là qu’on mesure à quel point le destin savait tout gérer pour Dalida : en lui offrant un tel rôle, il lui a fait comprendre qu’elle était quasiment morte intérieurement comme Saddika, son personnage. « J’ai compris peut-être un peu tard que j’étais encore une femme », chante-elle dans la chanson inspirée du film (mais pas dans la bande originale).

 

Un échec commercial,
une Dalida qui s’éloigne…

 

Le sixième jour photo Dalida
© D.R.

 

Avec ce film, Dalida savait qu’elle prenait un risque dès la lecture du scénario. L’ambiance est fondamentalement différente de ses dernières chansons ensoleillées, à la fin de sa vie (et de ce qui devait être l’ambiance de son prochain album, dixit son frère Orlando). Le public n’est pas allé voir Le Sixième Jour qui est seulement resté projeté au Quartier Latin jusque février 1987, preuve du ‘pointu’ de la chose (qu’Arte n’a plus rediffusée depuis belle lurette).

Mais Dalida n’en voudra pas à son public, elle le savait amoureux d’une certaine image et l’a d’ailleurs laissé avec cette image en choisissant de quitter la vie un soir de mai 87. Son destin a commencé en Egypte et il s’y termine quasiment. Et parmi les fans de Dalida, on retrouve Frédéric Mitterand, qui l’avait interviewée en Egypte sur le tournage du film. Bulles de Culture vous propose, pour conclure, de (re)voir ce moment.

 

 

En savoir plus :

  • Date de distribution France : 03/12/1986
  • Le film a, depuis, été édité deux fois en DVD : en avril 2007 et en décembre 2016 chez LCJ Editions

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