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Je verrai toujours vos visages image film cinéma justice restaurative
Gilles Lellouche, Miou-Miou, Fred Testot, Dali Benssalah dans le film "Je verrai toujours vos visages" de Jeanne Herry © Christophe Brachet / 2022 – CHI-FOU-MI PRODUCTIONS – TRESOR FILMS – STUDIOCANAL – FRANCE 3 CINEMA.7

“Je verrai toujours vos visages” ce soir sur France 2 : le film doublement primé sur la justice restaurative

Je verrai toujours vos visages (2023) est diffusé pour la première fois en clair ce dimanche soir sur France 2. Le film de Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos et Leïla Bekhti, aborde le sujet de la justice restaurative, processus méconnu en France. La critique et l’avis de Bulles de Culture.

Synopsis :

Condamnés pour vols violents ou victimes d’agressions (homejacking, braquages, viol incestueux), Nassim (Dali Benssalah), Issa (Birane Ba), Thomas (Fred Testot), Grégoire (Gilles Lellouche), Nawelle (Leïla Bekhti), Sabine (Miou-Miou) et Chloé (Adèle Exarchopoulos) s’engagent dans la justice restaurative.

Je verrai toujours vos visages : mise en lumière de la justice restaurative

Je verrai toujours vos visages image film cinéma justice restaurative
Adèle Exarchopoulos dans le film “Je verrai toujours vos visages” de Jeanne Herry © 2022 – CHI-FOU-MI PRODUCTIONS – TRESOR FILMS – STUDIOCANAL – FRANCE 3 CINEMA.7

En 2018, Jeanne Herry suivait pas à pas les coulisses de l’adoption avec Pupille. Après avoir signé la série Mouche, adaptation de Fleabag, la réalisatrice est revenu au cinéma avec Je verrai toujours vos visages.

De toute évidence, le film s’envisage comme une vitrine pour la justice restaurative, pratique permettant de faire dialoguer la victime d’une infraction avec l’auteur d’un même crime. Cette mesure, couramment utilisée dans certains pays, la Belgique et le Royaume-Uni notamment, n’en est, en France, qu’à ses balbutiements.

On saisit donc l’intérêt de la démarche pour la réalisatrice, qui consiste à user de la fiction pour prôner publiquement les bénéfices de la méthode, notamment auprès des gouvernants.

La justice restaurative peut notamment servir à préparer une réinsertion, comme c’est le cas, dans le film, pour le personnage de Nassim (Dali Benssalah). D’un autre côté, les victimes se libèrent de maux qu’ils n’avaient jamais pu exprimer.

Jeanne Herry, toujours dans l’émotion forte

En filmant les rencontres dans le huis clos de la prison, la cinéaste Jeanne Herry fait de nous les spectateurs d’images certes statiques, mais portées par des dialogues intenses, la caméra étant alors un témoin bienveillant et à l’écoute des personnes.

Par ailleurs, le film Je verrai toujours vos visages n’hésite pas à aller plus frontalement sur le terrain des affects en abordant l’histoire de Chloé (Adèle Exarchopoulos) — dont nous suivons en parallèle le chemin de croix —, qui se prépare à rencontrer son frère, auteur de multiples viols à son égard.

À travers les entrevues entre Chloé et l’animatrice (Élodie Bouchez), Jeanne Herry parvient à provoquer une émotion forte, et à créer une véritable empathie pour la jeune femme. La délicatesse d’Élodie Bouchez et la fragilité d’Adèle Exarchopoulos sont la clé de voûte de cette mise en scène précise

Notre avis ?

Après Pupille, Jeanne Herry parvient une nouvelle fois à émouvoir avec le puissant Je verrai toujours vos visages. Le film plaide pour la nécessité de la justice restaurative, sans mettre de côté un souci de fiction qui miroite d’émotions.

Secrets de tournage, anecdotes : le saviez-vous ?

  • Le film a été récompensé du César de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Adèle Exarchopoulos et du César des lycéens en 2024.
  • La musique originale a été composée par Pascal Sangla.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 29/03/2023
  • Distribution France : StudioCanal
  • Je verrai toujours vos visages est diffusé sur France 2 le dimanche 7 septembre 2025 à 21h10
  • Le film est proposé en streaming et replay gratuit sur France.tv
Antoine Corte

Un commentaire

  1. C’est un film extra-ordinaire, qui devrait obligatoirement être visionné dans les prisons par les détenus criminels de droit commun. Cela pourrait bien changer certains comportements;

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