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Critique / « Les passagers de la nuit » (2022) de Mikhaël Hers

Les passagers de la nuit de Mikhaël Hers avec Charlotte Gainsbourg, Noée Abita et Emmanuelle Béart sort dans les salles de cinéma le 4 mai 2022. Le film sur fond d’hommage aux années 80 est une histoire familiale touchante autour d’une mère esseulée prête à tout pour préserver sa cellule familiale. L’avis et la critique de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Paris, années 80. Elisabeth (Charlotte Gainsbourg) vient d’être quittée par son mari et doit assurer le quotidien de ses deux adolescents, Matthias (Quito Rayon-Richter) et Judith (Megan Northam). Elle trouve un emploi dans une émission de radio de nuit, où elle fait la connaissance de Talulah (Noée Abita), jeune fille désœuvrée qu’elle prend sous son aile. Talulah découvre la chaleur d’un foyer et Matthias la possibilité d’un premier amour, tandis qu’Elisabeth invente son chemin, pour la première fois peut-être. Tous s’aiment, se débattent… leur vie recommencée ?

Les passagers de la nuit : un hommage aux années 80

A la suite de son précédent film d’Amanda, ancré dans l’époque contemporaine autour des tragiques évènements du Bataclan, Mikhaël Hers inscrit son nouveau long métrage, Les passagers de la nuit, dans les années 80, période de son enfance, débutant dans sa proposition cinématographique par l’élection emblématique de François Mitterand le 10 mai 1981, mettant fin ainsi à 23 ans de gouvernement par la droite et signant un espoir de renouveau chez les jeunes socialistes.

Pour s’immerger dans cette nouvelle ère, le réalisateur va chercher à recréer l’ambiance de cette période militante à travers l’utilisation d’images d’archive, issues essentiellement d’anonymes, à laquelle il couple l’utilisation d’une caméra 16 mm pour son tournage afin retrouver le grain et le format d’images associés à cette époque.

Coupée de ces évènements sociaux, Elisabeth, tout juste séparée de son mari, vulnérable mais déterminée, doit trouver des petits boulots pour faire vivre ses deux enfants. Cette mère fait alors la rencontre de Vanda (Emmanuelle Béart) qui l’embauche pour être standardiste dans son émission radiophonique nocturne.

Gardant ce lancinant parfum rétro, Les passagers de la nuit rend hommage à ces instants suspendus issus des ondes nocturnes qui ont longtemps bercé de nombreux auditeurs insomniaques. en particulier, Mikhaël Hers s’inspire de l’émission Les choses de la nuit, animée par Jean-Charles Aschero, qui a tenu en haleine la France de la nuit avant d’être peu à peu remplacée par la télévision. A l’instar de ce rendez-vous hebdomadaire, l’émission de Vanda dans Les passagers de la nuit propose à des anonymes de venir se livrer à cœur ouvert pour des confessions libérée à l’antenne.

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© Pyramide distribution

L’éducation sentimentale en fil conducteur

Les passagers de la nuit est aussi la mise en avant d’une éducation sentimentale à deux âges différents, attachée au parcours d’Elisabeth qui doit apprendre à retomber amoureuse après sa séparation, ainsi que celui de son fils qui ressent ses premiers désirs amoureux pour une jeune marginale de 18 ans, Talulah (Noée Abita), qu’Elisabeth accepte d’héberger dans le domicile familial. Beaucoup de douceur est donnée à cette ode sentimentale sobrement interprétée par Charlotte Gainsbourg étincelante et le jeune espoir, Quito Rayon Richter, dont on ne peut qu’être pris d’affection.

Outre le réveil du sentiment amoureux, d’autres thèmes plus mineurs sont évoqués dans Les passagers de la nuit comme la précarité d’une jeunesse pourtant pleine d’espoir ou les problèmes de drogues. Ces lourdes problématiques sont cependant trop vites balayées et auraient mérité d’être plutôt gommées du scénario que d’apparaitre si partiellement.

Notre avis sur Les passagers de la nuit ?

Les passagers de la nuit est une escapade vers le passé avec une mise en scène sensorielle accentuée par une magnifique musique hypnotique composée par Anton Sanko.

En savoir plus :

Antoine Corte

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