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Critique / « Adorables » (2020) de Solange Cicurel

Dernière mise à jour : juin 1st, 2021 at 05:21

Après Faut pas lui dire (2016), la réalisatrice et scénariste Solange Cicurel se lance dans l’autopsie d’une crise d’adolescence pour son deuxième film, Adorables. Le long métrage réunit au casting Elsa Zylberstein, Lucien Jean Baptiste et la jeune Ioni Matos. Il est dans les salles de cinéma depuis le 22 juillet. La critique et l’avis film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Emma (Elsa Zylberstein) et Victor (Lucien Jean Baptiste) sont les parents de Lila (Ioni Matos). Alors qu’elle fête ses 14 ans, Lila commence sa crise d’ado et passe d’une enfant parfaite à une adolescente insupportable. Victor tente d’apaiser les tensions mais entre mère et fille, la guerre est déclarée ! Tous les coups sont permis et plus question d’être adorables…

Adorables, perte de contrôle d’un scénario bancal

Quel parent ne redoute pas la crise d’adolescence de sa progéniture, période épineuse durant laquelle son gentil bambin se transforme en monstre sans scrupule ?

C’est sur ce moment de vie très particulier que le deuxième long métrage de Solange Cicurel se modèle avec comme source d’inspiration le mythique conflit de La Guerre des Rose (Danny DeVito).

Pourtant, tout semble bien commencer dans Adorables avec des personnages clichés à la vie plus que paisible.

La maman, Emma, est psychothérapeute. Divorcée du père de son enfant, elle prône la non violence et l’écoute mutuelle avec sa fille, Lila. Les deux ont une relation fusionnelle idyllique qu’on ne voit que dans les films avec câlins, bisous et compréhension mutuelle à la limite du » gnangnan ».

La psychothérapeute en est à laisser son portable allumé en pleine consultation pour guetter un éventuel appel de sa fille. Lorsque celui-ci sonne, elle finit par répondre et interrompre sa patiente alors en pleine confession sur les difficultés de sa vie sexuelle.

Puis, tout à coup, la crise d’adolescence tombe, tel un couperet qui tranche net avec la situation utopique précédente suite… à une simple interdiction de sortir en boite, c’est-à-dire soirée au combien décisive puisqu’elle aurait permis à Lila de retrouver son amoureux.

Du coup, c’est la guerre à la maison et une justification pour perdre le contrôle d’un scénario déjà bien bancal.

Des situations ubuesques poussées à l’extrême

Adorables Photo film Elsa Zylberstein, Ioni Matos, Lucien Jean-Baptiste
© Nicolas Schul

Les situations dans Adorables sont poussées à l’extrême, entre la fille qui veut faire arrêter sa mère par la police ou les perfidies d’une mère qui s’incruste par surprise lors d’une soirée juvénile au grand dam de sa progéniture.

Ce qui interpelle particulièrement dans Adorables, ce sont surtout les réactions invectives d’une mère, qui réagit en véritable adolescente face à la situation. Emma préfère jeter le doudou de sa fille à la poubelle plutôt que de réagir en mère responsable.

Elsa Zylberstein en fait ainsi des caisses, alternant colères criardes et mélancolie à se gausser. Mais le pire de la mièvrerie arrive lorsque son personnage tombe amoureuse du jeune DJ de la fameuse soirée interdite, joué par Max Boublil pas crédible du tout. Seul Lucien Jean Baptiste met un peu de gaité et de simplicité en tant que père médiateur.

Notre avis ?

Loin des réflexions plus profondes sur la construction d’une relation mère-fille que Lisa Azuelos a pu avoir dans LOL, Adorables ne fouille aucunement son sujet, préférant des situations comiques qui tombent à l’eau.

Le film de Solange Cicurel délivre un récit ubuesque dans lequel on a bien du mal à se projeter.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 22/07/2020
  • Distribution France : Orange Studio Distribution / UGC Distribution
Antoine Corte

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