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© Tetra Media Fiction / La Pépinière

[INTERVIEW] Frédéric Rosset, créateur de la série « Irresponsable »

« Julien ne sera jamais un père ordinaire
mais il a peut être d’autres choses
à apporter à son fils »

 

Bulles de Culture : Quelle est la genèse de la série Irresponsable ?

Frédéric Rosset : Avant même d’entrer à La Femis, cela faisait un petit moment que j’avais en tête le pitch de départ de la série qui est resté le même jusqu’au bout : cette envie de raconter l’histoire d’un type qui revient chez sa mère, qui est un vrai ado attardé et qui se rend compte qu’il est le père d’un vrai ado. Et donc c’était l’idée d’un duo père/ fils, 30ans/15ans, mais ils ont le même âge mental donc ce sont plutôt des potes qu’un père et un fils.

C’était une façon de traiter la bromance, la romance entre bro’, mais sous l’angle particulier d’un père et d’un fils qui sont deux ados, deux potes. Ensuite quand j’ai pu à La Femis aller plus loin que ce pitch et y réfléchir, je me suis rendu compte qu’il me permettait de traiter de plein de sujets qui m’intéressaient.

Par exemple, avec un autre personnage très important dans la série, la mère [NDLR : Marie, l’ex de Julien et la mère de Jacques, interprétée par Marie Kauffmann], ce qui est super intéressant, c’est qu’elle a forcément la parcours inverse du héros, c’est-à-dire qu’elle a dû apprendre à 15 ans à devenir adulte puisque c’est elle qui a accouché. Donc pour elle, 15 ans plus tard, c’est forcément l’inverse : elle n’a pas eu d’adolescence, elle a dû apprendre à devenir adulte trop vite. Et ces deux personnages opposés me permettent de jouer à la fois sur la comédie de remariage, une forme de comédie romantique que j’aime énormément avec deux opposés qui s’attirent, et de parler de ce qu’est avoir 30 ans aujourd’hui et quelles sont les différences entre trentenaires.

Et en plus, cela me permettait de parler de l’adolescence dans la banlieue parisienne ouest où j’avais passé mon adolescence. C’est une chose que j’avais envie de faire depuis très, très longtemps. Donc à travers juste ce pitch, toutes mes obsessions et tout ce que j’avais envie de faire se regroupaient en un seul projet.

Bulles de Culture : Dans l’épisode 4 de Irresponsable, Marie dit à Julien : « Tu ne seras jamais vraiment un vrai papa et c’est ça qui est bien ». Est-ce que c’est comme cela que vous voyez les parents d’aujourd’hui ?

Frédéric Rosset : Pas forcément. Pour moi, la relation Julien/Jacques a peut-être quelque chose de malsain pour beaucoup de gens mais pour moi, je la trouve plutôt saine et touchante. Julien ne sera jamais un père ordinaire, un père responsable a priori, mais ce n’est pas grave en fait, il a peut être d’autres choses à apporter à son fils.

Mon père était quelqu’un de très responsable mais je viens d’une génération de parents divorcés. J’ai été élevé chez ma mère et j’allais un week-end sur deux chez mon père et du coup, la partie éducation était avec ma mère. Et avec mon père, on avait cette distance-là. J’ai eu l’impression d’avoir deux éducations différentes mais extrêmement complémentaires.

Pour moi, la série s’appelle Irresponsable parce qu’il est « irresponsable » vis-à-vis de la société : il n’a pas de boulot, il n’est pas utile à la société… et j’ai juste envie de dire: « ce n’est pas grave en fait, c’est quelqu’un qui mérite quand même d’être reconnu et qui a quelque chose à partager à cet enfant qui est même plus heureux maintenant qu’il est là ».

Jean-Christophe Nurbel
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