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ENNIO MORRICONE
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François-Guillaume Lorrain livre Louis XIV l'enfant roi

Interview / François-Guillaume Lorrain pour « Louis XIV, l’enfant roi » (2020)

François-Guillaume Lorrain, écrivain et journaliste, a sorti le 16 janvier 2020 son livre Louis XIV, l’enfant roi (XO éditions). L’ouvrage revient sur la jeunesse, peu connue, du monarque absolu entouré de sa mère, Marie-Thérèse d’Autriche, et du cardinal Mazarin. Bulles de Culture a rencontré l’auteur à l’occasion du Salon du Roman Historique 2020 de la ville de Levallois. Notre interview.

Synopsis :

On connaît le Roi-Soleil, mais comment le jeune Louis est-il devenu ce monarque qui fit briller si haut la grandeur de la France ?

L’enfance de Louis XIV est aussi romanesque que douloureuse. Écrasé de professeurs, surveillé par Mazarin qui l’initie aux intrigues et à l’art d’être roi, fouetté par sa mère Anne d’Autriche, qui ne lui passe rien, il reçoit une éducation qui s’apparente à un dressage.

Souverain à cinq ans, il se retrouve projeté dans l’une des périodes les plus tourmentées de notre histoire, la Fronde. Le Parlement le malmène, les princes le défient, le peuple envahit son palais. Louis est à la fois un enfant, capricieux, buté, et un jeune roi qui doit subir en silence le mépris de ses aînés.

Parce qu’il fut très humilié, Louis XIV ne songera ensuite qu’à démontrer toute sa puissance. Avant que le soleil ne se lève, il y avait un « petit homme ». Et c’est à cette intimité que François-Guillaume Lorrain, en romancier passionné d’histoire, redonne vie sous nos yeux. 

Interview de François-Guillaume Lorrain pour Louis XIV, l’enfant roi

Bulles de Culture : Quel est la genèse de ce livre et pourquoi avoir eu l’envie d’écrire sur cette période spécifique de la jeunesse de Louis XIV ? 

François-Guillaume Lorrain : Le premier motif est journalistique. Dans le cadre de mon travail pour le magazine Le Point, je me suis replongé dans les différents mouvements contestataires à l’occasion des gilets jaunes. Je me suis alors penché sur La Fronde, évènement que je n’avais jamais vraiment compris. Il y a à ce moment là une convergence des luttes entre le gouvernement, les princes, les bourgeois. Je retrouve alors un enfant plongé au milieu de cette ébullition pré-révolutionnaire.

Comme j’ai souvent écrit sur l’enfance (L’Elève troublé, Les Enfants du cinéma), je me suis posé la question de la façon dont Louis XIV, encore dans l’impuissance de son âge, a pu ressentir cette période d’instabilité. On exige de lui des tâches primordiales pour la nation, comme écouter des avocats en colère, de passer en revue les armées. Il y avait une contradiction entre l’impuissance et la puissance. Le petit roi était en proie à des injonctions contraires.

Tantôt, le monarque avait l’envie de n’être qu’un enfant et on lui demandait d’être le roi, tantôt il voulait jouer au roi et on lui rappelait qu’il n’était qu’un enfant. Le livre est d’ailleurs construit sur cet écartèlement. La forme du roman s’est imposé car il n’y a que ce genre qui puisse sonder « le coeur et les reins ».  

« Il n’est qu’un bébé et pourtant il y a une mise en branle d’une machine »

Bulles de Culture : Le roman est un enchainement de scènes de vie. Pourquoi avoir choisi cette construction ?

François-Guillaume Lorrain : La première question dans Louis XIV, l’enfant roi était de déterminer le début et la fin de l’histoire. Je trouvais intéressant de la commencer à la naissance. Il n’est qu’un bébé et pourtant il y a une mise en branle d’une machine d’état. L’être qui vient de naitre est le salut du royaume. Très tôt, Louis XIV s’approprie la charge en prenant des décisions qui montrent qu’il a reçu les leçons appropriées de sa mère et de Mazarin.

Je voulais arrêter le roman au moment où l’apprentissage est terminé. Entre temps, il fallait trouver ces séries d’évènements, qui n’occupent parfois qu’une ligne dans la biographie de Louis XIV, pour qu’ils représentent des étapes vers sa construction en tant qu’homme. En lisant des livres sur la période ou des mémoires de confidents, valets de chambres, j’ai glané des moments où le monarque pouvait se confronter à sa condition. Je me suis aussi inspiré de l’écriture du 18ème siècle avec un style concis, ferme, qui galope. Ce n’est pas du tout une écriture qui s’étale avec des descriptions. 

Bulles de Culture : Votre roman a-t-il souhaité humaniser le personnage historique de Louis XIV, généralement décrit comme un roi ferme ? 

François-Guillaume Lorrain : En lisant Louis XIV, l’enfant roi, on comprend pourquoi ce roi, exemple de l’absolutisme, de la mise à distance, s’est radicalisé. Versailles n’est que le pendant d’une blessure d’enfance où il a été secoué, maltraité par la population qui le traitait comme un usurpateur. Louis XIV est le roi inaccessible. Jean-Marie Apostolidès évoquait dans son livre un « Roi-machine ». Tout ce qui peut être jugé comme mécanique ou inhumain émane cependant de quelque chose qui est à mon avis très humain. C’est cet humain là que j’avais envie de décrire. J’avais aussi de la compréhension pour Louis XIV du fait de l’enfance que j’ai vécue. 

En savoir plus :

Antoine Corte

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