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Roubaix une lumière affiche film critique avis Arnaud Desplechin

Critique / « Roubaix, une lumière » (2019) d’Arnaud Desplechin

Roubaix, une lumière est un polar d’Arnaud Desplechin avec Roschdy Zem, Léa Seydoux et Sara Forestier. Le film, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 2019, sort dans les salles de cinéma le 21 août. La critique et l’avis film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

À Roubaix, un soir de Noël, Daoud (Roschdy Zem), le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude (Léa Seydoux) et Marie (Sara Forestier), sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…

Roubaix, une lumière : premier polar pour Arnaud Desplechin

Pour son premier polar, Arnaud Desplechin décide de s’intéresser à un fait divers de sa ville natale, Roubaix. L’un des chefs lieu du Nord a été à de multiples reprises le centre des intrigues de la filmographie du réalisateur, notamment Les Fantômes d’Ismaël (2017) ou Un Conte de Noël (2007). Pourtant, ce lieu auquel le cinéaste est attaché n’a jamais été montré avec autant de noirceur car le titre de son dernier film, Roubaix, une lumière, est un oxymore. On y voit en effet une fresque sociale où tout est misère. Derrière les façades grisonnantes des maisons, les habitants, autrefois rémunérés par l’industrie du textile, sont aujourd’hui en souffrance. Presque la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Roubaix, une lumière est l’adaptation d’un documentaire de Mosco Boucault, Roubaix, commissariat central, affaires courantes. Arnaud Desplechin adopte pour celle-ci un réalisme en complète immersion dans le quotidien des policiers. La fiction se crée dans la relation entre le vétéran, Daoud, policier habitué au misérabilisme régional, et novice Louis (Antoine Reinartz) qui découvre le plus mauvais versant de l’être humain. 

Roschdy Zem, véritable atout de cette oeuvre policière

Roschdy Zem est le véritable atout de cette oeuvre policière. L’acteur y incarne avec beaucoup de justesse un policier à la carapace solide. Celui qu’on découvrira réalisateur cet été dans Persona non grata (2019) livre une prestation intense et à couper le souffl, toute en sachant garder toute la retenue qui le caractérise. 

Les prestations du duo Sara Forestier et Léa Seydoux sont au contraire beaucoup moins réussies. Les deux comédiennes sont dans une caricatures trop criante d’une forme de paupérisation, prenant des airs naïfs à outrance et un accent provincial trop exagéré. Il faut dire que la mise en scène n’aide pas à les mettre en valeur. Le scénario manque également de dynamisme avec une enquête trop descriptive et aux détails inutiles. En adoptant une vision réaliste, Arnaud Desplechin perd du rythme au cours de longues séquences d’interrogatoire où la vérité met du temps à émerger. 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 21/08/2019
  • Distribution France : Le Pacte
Antoine Corte

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