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Ma Vie de Courgette affiche

Critique / « Ma vie de Courgette » (2016) de Claude Barras

Après avoir été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2016, le film d’animation Ma vie de Courgette de Claude Barras continue son très beau parcours en festivals en remportant le Cristal du long-métrage et le Prix du public au Festival d’Annecy la même année. La critique et l’avis film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux.

Ma vie de Courgette : élan de solidarité chez les enfants maltraités

Ma Vie de Courgette image
© Ritaproductions

Ma vie de Courgette est une adaptation du livre de Gilles Paris, Autobiographie d’une courgette. Il met en avant la thématique singulière de la détresse et de la maltraitance chez les enfants. Alors que de nombreux films traitent de la misère dans les centres d’accueil, comme par exemple Les 400 coups de François Truffaut ou Les Choristes de Christophe Barratier, Ma vie de Courgette prend le contrepied en mettant en avant la solidarité et la camaraderie au sein de ces lieux. Les enfants cohabitent, chacun avec leurs douleurs, et ils s’unissent contre un monde extérieur menaçant.

Le scénario, écrit par Céline Sciamma, réalisatrice notamment de Bande de filles (2014), est d’une extrême intelligence. Il met au centre du récit des éléments très durs : la mort, l’immigration, l’abandon, la perversité, et essaie de les transposer à destination d’un public jeune.

Pas sûr pourtznt que Ma vie de Courgette soit vraiment un film pour enfants. Néanmoins, le réalisateur opte pour un point de vue didactique et très ordonné. Il n’hésite pas à casser la continuité de sa mise en scène pour faire quelques apartés légères, notamment au travers d’un nid d’oiseaux logé dans un arbre de la cour du centre. L’intimisme de la dramaturgie transparait à travers de longs plans séquences donnant un rythme assez lent.

Une simplicité dramatique qui finit par émouvoir

Ma Vie de Courgette image
© Ritaproductions

On est dans une construction émotionnelle ascensionnelle. On commence par des phases de présentation, plutôt drôles, où Courgette apprend à connaitre ses camarades. Puis, peu à peu, les personnages secondaires, adjuvants comme opposants, viennent donner du caractère au film. On retrouvera de la bienveillance chez la directrice du foyer ou encore chez le policier, seconde famille pour Courgette. On aura par contre du rejet pour la tante de Camille qui souhaite récupérer sa nièce uniquement pour toucher des allocations. La simplicité finit par émouvoir dans Ma vie de Courgette.

Ma Vie de Courgette image
© Ritaproductions

L’audace de ce film n’est pas uniquement sur le plan scénaristique mais transparait également sur le plan technique. Film français en stop-motion, il a fallu énormément de travail et un savoir-faire drastique pour venir à bout d’une soixantaine de décors et plus de cinquante marionnettes. Même si le procédé a l’air artisanal face aux rendus du numérique, on est quand même impressionné par l’image extrêmement lumineuse.

Du côté de la musique, Ma vie de Courgette a fait appel à l’auteure-compositrice, musicienne et chanteuse Sophie Hunger qui pose notamment sa voix roque sur une reprise du titre Le Vent Nous Portera du groupe Noir Désir.  La partition est sensible grâce à la présence de la guitare.

Ma vie de Courgette est la petite perle d’animation franco-suisse qui montre à quel point ce type de film est capable d’inventivité.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 19/10/2016
  • Distribution France : Gebeka Films
  • Film à partir de 8 ans
Antoine Corte

3 Commentaires

  1. buchard emmanuel

    dommage que ce film ne soit pas en version sous-titrée pour les malentendants!

  2. Bonjour ce film est un film Suisse…eh oui, la francophonie ne s’arrête pas à la France !

    • Bulles de Culture

      Bonjour,

      Merci pour votre remarque mais en réalité, le film est franco-suisse. Nous avons donc corrigé l’article en conséquence.

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