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[Critique] “Future Man” saison 1 : Retour vers le futur

Future Man, un futur hit ? Après avoir débarqué sur Hulu, la série produite par Seth Rogen et Evan Goldberg avec Josh Hutcherson est diffusé sur OCS Choc à partir du dimanche 18 mars 2018 à 20h40. L’avis de Bulles de Culture sur les premiers épisodes de Future Man saison 1 de Howard Overman, Kyle Hunter et Ariel Shaffir. 

Synopsis :

Technicien de surface le jour et gamer de classe mondiale la nuit, Josh Futterman (Josh Hutcherson) est recruté par de mystérieux visiteurs venus du futur afin de voyager dans le temps et éviter l’extinction imminente de l’humanité…

Leurs prières ont été entendues. Après la série Preacher, Seth Rogen et Evan Goldberg poursuivent leur collaboration avec Future Man, condensé de références à la culture geek, de punchlines chronométrées et de séquences d’action bien calibrées. Cette fois, ils se contentent de produire – en plus d’avoir réalisé le pilote – et confient les manettes à deux acolytes de longue date, Ariel Shaffir et Kyle Hunter (L’interview qui tue, Sausage Party), ainsi qu’à Howard Overman, créateur des Misfits.

Future Man saison 1 : Une série par des geeks, pour des geeks ?

Loin de s’en cacher, les treize épisodes de Future Man saison 1 visent une audience plutôt jeune sans pour autant renier les moins jeunes. Chargée de clins d’œil aux icônes geeks (Mario, Pac-Man, Barbarella…) comme la nostalgique Stranger Things, la série emprunte même son pitch au film Starfighter, évoqué dans le pilote. Après la fin de sa partie de Biotic War, Josh Futterman est surpris de voir en chair et en os les héros de son jeu. Sa mission façon Terminator/Retour vers le futur : retourner en 1969 et arrêter l’homme qui causera la fin de l’humanité. Et comme l’un des reproches récurrents fait à la série Stranger Things est d’être dépourvue de substance une fois qu’on en retire les références, hommages et caricatures, alors que resterait-il si l’on enlevait la même artillerie dans Future Man ?

Une tendance actuelle : la culture du passé est omniprésente sur nos écrans et devient parfois le postulat ultime, tandis que le jeu vidéo sert de raccordement entre la réalité et le virtuel : Pixels, Jumanji, Tron, Ready Player One… L’intérêt : embarquer à bord d’une aventure effrénée, parcourir des lieux atypiques, assister à des scènes d’action à nous faire vibrer comme une manette de Playstation… Et là-dessus, en moins de 30 minutes par épisode, Future Man saison 1 ne lésine pas sur les moyens et impressionne du mieux qu’elle peut. Grande gagnante des Emmy Awards grâce à The Handmaid’s Tale, Hulu espère donc avoir trouvé le Master Chief qui lui permettra de remporter les prochaines batailles et lui éviter le Game Over.

Une histoire en trois dimensions ?

La première scène d’action de Future Man saison 1 annonce la couleur sans quitter son registre parodique. Pour une série qui ne se prend pas au sérieux, il y a là un cachet cinématographique qui témoigne du sérieux de sa production. Star de la saga Hunger Games, Josh Hutcherson a certainement exigé lui aussi un cachet honorable. Plutôt à l’aise dans le registre Seth Rogen/Evan Goldberg, la tête d’affiche est épaulée par Eliza Coupe (Casual, Scrubs) et Derek Wilson (Preacher). Sans montrer plus de relief qu’un jeu en 2D, ses deux compagnons de route prouvent que les scénaristes veulent faire dans la légèreté et rien d’autre.

Josh Futterman est l’élu/le héros/le sauveur. Mais s’il est un expert du joystick, il manie moins bien les codes de la réalité. La virtualité est un refuge, dit-il. « Mais tu peux faire tout ce que ton esprit t’autorise à faire », avance sa mère, incarnée par Glenne Headly. Les possibilités sont infinies, la créativité n’a aucune limite et dans la vie, personne n’est vraiment piégée comme dans le labyrinthe de Pac-Man. Il suffit de trouver où l’on peut être utile et doué. Voilà sans doute le propos des auteurs.

Future Man, un vieux fantasme

Quoiqu’il en soit, Future Man saison 1 se situe davantage du côté des plaisirs coupables, des parties de jeu plutôt funs et très branchées « sous la ceinture ». On se nourrit du fantasme propre à tout gamer, à savoir s’introduire dans le jeu et manipuler ses composants. Qui ne rêve pas de découvrir le manoir Croft avec Lara en personne ? Ou d’une visite guidée de Racoon City ? Ou d’un accrobranche avec Nathan Drake ? Quand le cinéma aborde l’idée, l’inconvénient reste que le spectateur ne peut connaitre qu’un plaisir passif. D’autant plus que l’objectif final, à savoir sauver le monde, est un grand classique. Et le voyage dans le temps, un prétexte pour changer de décor et de mode vestimentaire. La forme l’emporte sur le fond.

Si vous aimez les voyages dans le temps, les superpositions jeu/réalité et l’humour à la Seth Rogen/Evan Goldberg, Future Man saison 1 a toutes les raisons de vous attirer dans son univers. En sautant sur l’occasion, Hulu savait qu’une niche de gamers et fans de séries attendait des projets de ce genre. C’est sans doute suffisant pour lui assurer un bel avenir et espérer 2 ou 3 vies en plus, même si tout le monde n’y trouvera pas son bonheur à cause de sa nature très ciblée. De notre côté, on enregistre Future Man sur notre carte-mémoire et on attend de voir si le jeu en vaut la chandelle.

En savoir plus :

  • Future Man saison 1, 13 épisodes de 26 minutes, est diffusé sur OCS Choc à partir du dimanche 18 mars 2018 à 20h40 (deux épisodes par semaine). La série sera également diffusée en streaming et disponible en replay sur OCS Go
  • Glenne Headly (Urgences, The Night Of) est malheureusement décédée en juin dernier après avoir le tournage de 5 épisodes de Future Man saison 1. Les scénaristes ont donc été contraint d’improviser la disparition du personnage car ils ont refusé de le recaster
  • Pour la première fois, Sony Pictures Television s’est associé à Hulu pour coproduire la série
  • Site officiel de la série
Paul Vogel

Paul Vogel

Rédacteur/Editor chez Bulles de Culture
Piégé très tôt dans l'Engrenages des séries, impossible de passer plus de 24h chrono sans sauter dans La Quatrième Dimension, sous peine de finir aux Urgences. Citation inspirante préférée : "Sheeeeeeiit" (Clay Davis, "The Wire").

TOP 5 TV : "Six Feet Under", "Breaking Bad", "The Wire", "Urgences", "Lost"
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