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© CANAL+
Nathalie Baye (Catherine Susini), Maïwenn (Julie Susini), Malik Zidi (Raphaël Berger)

[Critique] “NOX” (2018) : Une série mythologique dans les entrailles de Paris

Cet article est le 22e sur 196 pour Programme TV de Bulles de Culture

NOX, une série sombre et un cocktail plus ou moins réussi entre polar et film d’horreur avec un univers génial et des acteurs à contre-emploi. L’avis de Bulles de Culture sur cette mini-série de Fred Cavayé, Quoc Dang Tran et Jérôme Fansten, indéniablement inspirée par le mythe du Minotaure et diffusée sur Canal+ depuis le lundi 12 mars 2018.

Synopsis :

Au cours d’une opération policière débouchant dans les égouts de Paris, un membre de l’équipe de la PJ, Julie (Maïwenn), disparaît dans les entrailles de la capitale. Rongés par le remord Catherine Susini (Nathalie Baye), sa mère et accessoirement ex-flic, et Raphaël (Malik Zidi), son équipier, se lancent dans une enquête parallèle au péril de leur vie.

NOX ou le Labyrinthe de Dédale

La série NOX a clairement été inspirée par le mythe du Minotaure et on s’est amusé à retrouver les références mythologiques distillées dans la série… En premier lieu, bien évidemment, le Labyrinthe construit par Dédale qui est réinterprété dans NOX par trois niveaux souterrains pour une véritable descente dans des mondes de plus en plus fantasmés et noirs. C’est cette idée de départ qui est vraiment géniale et qui accroche du début à la fin car on a envie d’explorer l’univers et de découvrir jusqu’où les auteurs « sont allés » (dans tous les sens du terme). Ce concept d’un Paris construit sur 3 niveaux secrets est fascinant et très bien rendu par le travail remarquable sur les décors d’Arnaud Roth — voir le documentaire Les coulisses de la Création de NOX très intéressant à ce sujet.

Le(s) Minotaure(s) de NOX

A quoi servait le Labyrinthe de Dédale ? A cacher le le Minotaure bien sûr ! Bête terrible (mais magnifique) à qui l’ont servait 14 jeunes personnes en offrande. Dans la série NOX, les auteurs ont imaginé non pas un mais deux « Minotaures ». Et ces antagonistes sont vraiment terrifiants. Mais ils ne sont pas les seuls… car la vision portée par la série est très sombre et pessimiste. En réalité, tout le monde est « méchant » dans cette histoire (même les « gentils »).Le Dark Net est un lieu interlope permet à tout un chacun d’assouvir ses pulsions les plus primaires. Et encore plus cynique : ceux qui disparaissent dans la série sont ceux dont la société, représentée dans NOX (la nôtre ?), ne se soucie pas, c’est-à-dire les SDF, les migrants… les « déchets » comme dit le personnage d’Emma (Valérie Donzelli).

Le fil d’Ariane de Catherine

NOX image épisode 1-1
© Xavier Lahache / Gaumont /Canal+

Comment s’échapper de ce lieu de réclusion sauf à utiliser le fil d’Ariane ? Les auteurs de Nox ont évidemment brodé sur ce thème tout comme sur l’amour entre Ariane et Thésée, réinterprété dans l’amour (complexe) entre la mère et la fille Julie-Catherine (Maïwenn/Nathalie Baye). Ils ont également respecté la tragédie et le destin funeste des personnages — dans le mythe, c’est le père de Thésée, Egée, qui se suicide. Alors Catherine Susini réussira-t-elle à sauver sa fille ? Avec l’aide de Raphaël, réussiront-ils à ressortir des méandres parisiens ? A échapper à Nox ?

Quelques respirations (et une déception)

NOX image épisode 6-1
© Mika Cotellon / Gaumont Télévision / Canal+

Deux personnages apportent un peu de légèreté (bienvenue) et évitent à la série NOX de plonger dans un univers trop glauque et oppressant. Le Commissaire Hadji (Lubna Azabal), sautillante et futée, ainsi que la hackeuse (Noémie Lvovsky) décalée, drôle, touchante. A l’inverse, c’est la déception en ce qui concerne l’interprétation de Nathalie Baye. Il ne suffit pas de dire « Putain ! » toutes les deux minutes pour être crédible dans un personnage de flic grande gueule, l’énergie n’est pas là — et ça me coûte d’écrire ces lignes parce que j’adore cette actrice. Malik Zidi et Maïwenn quand à eux offrent un jeu d’acteur assez subtil — et nous permettent d’être surpris ou touchés —, sauf la scène de fin qui laisse un peu… perplexe.

Malgré quelques maladresses de la mini-série NOX, on se laisse embarquer dans cet univers singulier et par l’intrigue plutôt bien ficelée des 6 épisodes de 52 minutes.

En savoir plus :

  • NOX est diffusée à partir du lundi 12 mars 2018 à 21h. La mini-série est disponible en replay et diffusée en streaming sur myCanal
Marjolaine Gaudard

Marjolaine Gaudard

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Passionnée de séries, de web séries, de romans (notamment les polars), de BD et de littérature jeunesse.

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Marjolaine Gaudard

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    2 Commentaires

    1. Personnellement j’ai trouvé Nathalie Baye bluffante dans ce rôle. Déjà, je ne l’attendais pas dans un format série et je suis contente qu’elle ait accepté un rôle pour la télévision. Ensuite, sa prestation en mère incapable de montrer des sentiments pourtant existants, pourtant forts, est très réussie. Ce personnage est en souffrance et elle arrive à nous le communiquer malgré une apparence dure et une totale absence d’empathie. Nous n’avons pas besoin de décider si elle est crédible ou non dans le rôle du flic car la police n’est qu’un prétexte pour parler des sentiments.

    2. Bonjour,
      quelqu’un peut il m’expliquer la fin? merci

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