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[Critique] “Counterpart” saison 1 : L’espionnage à contre-courant

Portée par le mémorable J.K. Simmons, Counterpart saison 1 de Justin Marks débarque sur OCS Max en US+24 à partir du lundi 22 janvier 2018. L’avis de Bulles de Culture sur le pilote d’une série d’espionnage qui se dédouble en un thriller aux portes de la  science-fiction.

Synopsis :

Employé de bas-étage dans une agence de l’ONU, Howard Silk (J.K. Simmons) s’approche du crépuscule d’une vie pleine de regrets lorsqu’il découvre que l’Agence lui a caché un secret qui va tout changer : l’existence d’un portail vers une dimension parallèle.

Counterpart saison 1 : Une histoire à double tranchant

Counterpart saison 1 image 4
© MRC II Distribution Company, L.P. 2017

Entre un quotidien prosaïque, une femme dans le coma et un métier aliénant, Howard Silk traine derrière lui toute une vie d’injustices et d’occasions manquées. C’est son existence entière qui est remise en question quand il apprend qu’il existe non seulement une autre version de lui-même mais également un monde parallèle. Car à un certain moment, l’Histoire a divergé entre les deux mondes, altérant les progrès technologiques et les comportements humains.

Justement, Justin Marks (Le Livre de la jungle), créateur de Counterpart saison 1, avoue sans mal qu’il est davantage fasciné par la dimension humaine de son histoire plutôt que par ses éléments S-F. Si sa série est déclinée en 10 épisodes au lieu d’un film comme envisagé au départ, c’est notamment pour développer ses personnages sur la durée. Selon lui, la série télé Counterpart est un “slow burner” [NDLR : une série qui prend son temps] mais qui n’est jamais avare de twists et de rebondissements pour entretenir la flamme.

Deux J.K. Simmons pour le prix d’un

Counterpart saison 1 image 2
© 2017 Starz Entertainment, LLC

Dans un rôle à contre-emploi de son catalogue de personnages odieux et terrifiants (Oz, Spider-Man, Whiplash), l’acteur J.K. Simmons réussit le tour de force de se dédoubler en deux personnages aux antipodes l’un de l’autre. Howard Silk est timoré, invisible et solitaire. Howard Prime est téméraire, déterminé et sûr de lui. Ils portent le même ADN, ils ont vécu la même enfance, mais chacun a été affecté par des épreuves singulières par la suite.

Après les jumeaux joués par James Franco dans The Deuce, J.K. Simmons incarne et désincarne les deux Howard avec une remarquable versatilité. Dans le regard, la démarche, l’intonation, tout distingue les deux hommes pourtant amenés à se fondre l’un dans l’autre pour mettre fin à une conspiration sanglante entre les deux mondes. “Si cet homme c’est moi, alors comment être sûr que je me connaisse réellement ? nous interroge Justin Marks. “Quelle est finalement la meilleure version de nous-mêmes ?

 Une série “spy-fi” entre Philip K. Dick et J.J. Abrams

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© 2017 Starz Entertainment, LLC

Après The Girlfriend Experience, Outlander ou encore American Gods pour la chaine Starz, l’heure est à la “spy-fi”, contraction de “spy” (“espion”) et “science-fiction”. Présentée comme un « thriller d’espionnage avec un soupçon de métaphysique », Counterpart saison 1 suit les traces de Philip K. Dick autour de l’identité, du double et des affres du temps. Il faut dire que le spectre de l’écrivain ne cesse de hanter le petit écran ces derniers temps (Minority Report, The Man in the High Castle ou encore Electric Dreams sont adaptées de ses œuvres). Avec Counterpart, ajoute-t-on donc une pierre à l’édifice du genre spy-fi sans trop s’y conformer ?

Car l’autre raison qui a fait de Counterpart une série est, selon le créateur Justin Marks, l’allergie hollywoodienne envers les histoires originales. Le scénariste s’est néanmoins attaché les services d’un habitué du grand écran pour les deux premiers épisodes, Morten Tyldum (Imitation Game, Passengers) avant de céder le flambeau à des vétérans de Lost, les disparus (Stephen Williams), Game Of Thrones (Alik Sakharov) et Mad Men (Jennifer Getzinger). Beau casting de réalisateurs.

Une série au climat original

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© 2017 Starz Entertainment, LLC

À l’image d’Imitation Game et des autres séries sur Starz, notamment Boss, on retrouve dans Counterpart saison 1 un cachet austère et tamisé. Dès le moment où l’on pénètre dans l’autre monde, Justin Marks promet que la réalisation trouvera son parfait équilibre et que le rythme deviendra encore plus efficace. “Notre” monde est éclairé avec des lumières tungstène pour un teint plus chaud, l’autre monde est refroidi aux LED. Un ensemble de choix créatifs qui participent au climat original de la série.

En effet, si le ton est d’abord proche d’un thriller bureaucratique et désaturé comme L’Agence (2011), la série télévisée Counterpart ne manque pas de regarder dans le rétroviseur pour se démarquer de ses poursuivants. Le pilote tisse ainsi une mythologie solide pour les neuf épisodes suivants et annonce les enjeux sans trop abattre toutes les cartes d’entrée de jeu. On se rapproche du territoire des productions de J.J. Abrams telles qu’Alias, Fringe, voire Westworld.

Counterpart, en quête d’identité

Avec une saison 2 déjà précommandée, la mécanique de la série Counterpart saison 1 est bien huilée, sans bavure mais toutefois un peu lisse et sérieuse au départ. Peu à peu, l’espionnage classique et la rigueur faciale de J.K. Simmons devraient se dé(b)rider pour proposer une lecture plus métaphysique, à la Lost, les disparus ou à la Fringe, entre jeux de piste et chasses à l’homme. Cependant, on regrette que l’attention soit trop concentrée sur les Howard, au point de délaisser les personnages secondaires trop sous-développés pour le moment. Parmi eux, plusieurs visages familiers tels que Jamie Bamber (Apollo dans Battlestar Galactica), Harry Lloyd (Game Of Thrones), Nazanin Boniadi (Homeland) ainsi qu’Emily Silk (Olivia Williams, vue dans Dollhouse) qui est au cœur d’un triangle amoureux. Un cast solide qui laisse espérer que la série Counterpart ne se reposera pas excessivement sur les lauriers de J.K. Simmons.

Réputé pour ses personnages sans vergogne, l’acteur de Whiplash aurait d’ailleurs accepté le rôle afin de casser cette image qui lui colle prosaïquement à la peau depuis vingt ans. Comme si depuis quelques temps, avec Counterpart et autres Westworld, la télévision aurait à cœur de rappeler qu’il n’est jamais bon de trop s’accrocher aux apparences.

En savoir plus :

  • Counterpart saison 1 sera diffusé chaque lundi sur OCS Max en US+24 et en version multilingue à partir du 22 janvier 2018 à 20h40 et sera disponible sur OCS GO
  • Counterpart saison 1 est composé de 10 épisodes de 57 minutes environ. La saison 2 est déjà commandée par Starz
  • La page OCS de la série
  • Découvrez les prochaines séries qui seront diffusées en US+24 sur chaîne OCS dans notre article sur le Showeb Séries 2018
Paul Vogel

Paul Vogel

Rédacteur/Editor chez Bulles de Culture
Piégé très tôt dans l'"Engrenages" des séries, impossible de passer plus de "24h chrono" sans sauter dans "La Quatrième Dimension" sans craindre de finir aux "Urgences". Citation inspirante préférée : "Sheeeeeeiit" (Clay Davis, "The Wire").

TOP 5 TV : "Six Feet Under", "Breaking Bad", "The Wire", "Urgences", "Boardwalk Empire"
Paul Vogel

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