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Portret van de Amerikaanse zangeres Nina Simone die met kerst op televisie zal verschijnen
© Dutch National Archives, The Hague, Fotocollectie Algemeen Nederlands Persbureau (ANEFO), 1945-1989

TOP 3 des meilleurs livres autour de Nina Simone

2/ Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter (2008)
de Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi

À lire en écoutant les chansons de Nina Simone :
Save Me, Keeper Of The Flame, I Put A Spell On You

 

Le jour où Nina Simone a cessé de chanter Darina al-Joundi et Mohamed Kacimi image couvertureLe deuxième récit de ce TOP 3 des meilleurs livres autour de Nina Simone va également vous faire voyager. Mais c’est au Liban que nous allons embarquer !

En 2006, Mohamed Kacimi rencontre une jeune femme, Darina Al-Joundi, qui lui livre un manuscrit, le récit de sa vie au Liban. Un récit saisissant dont est née une pièce, Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter, que Darina Al-Joundi, comédienne de formation, a interprété seule en scène au Festival Off d’Avignon 2007 et qui a été un succès incontesté. De cette performance est né le récit éponyme, vie-roman de Darina, traduit aujourd’hui dans une dizaine de pays.

C’est par la mort du père que s’ouvre Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter, d’un père qui refuse qu’on l’enterre avec le Coran, mais qui demande à sa fille d’être enterré avec Nina Simone. Darina lui offre Save Me à la place des chants religieux. Le jazz qui libère à la place de la religion qui subordonne.

Mais revenons en arrière. Nous sommes en 1968 dans un couple moderne où le père enseigne la littérature et écrit, un véritable électron libre, et où la mère est journaliste à la radio. Les trois filles grandissent dans un bain d’athéisme. Elles sont envoyées dans une école catholique parce que leur père se méfie de l’Islam. Chez eux, on boit, on rit, on réfléchit. Et la vie se passe dans une fête perpétuelle.

Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter, c’est d’abord le récit de cette enfance placée sous le sceau de la liberté, de la joie, d’une ouverture culturelle fourmillante et singulière. C’est sur I’m Feeling Good que le père initie sa fille à boire du vin de Bordeaux, elle a alors huit ans. C’est lui qui offrira à ses filles leur première cigarette, les fera grandir en leur apprenant à être libre, à surtout ne dépendre d’aucun homme.

Quand la guerre commence en 1975, la narratrice découvre qu’elle n’appartient à aucune des communautés du Liban : ni arménienne, ni grecque orthodoxe, ni grecque catholique, ni syriaque, ni maronite. On découvre avec elle comment on apprend à vivre dans une ville en guerre, comment s’organise la vie dans le Sud du Liban. On voit naître avec elle les premières exactions des communautés religieuses entre elles.

La vie doit continuer, et le père fait tout pour. La guerre s’enlise, et il faut sans cesse composer autrement : quitter le pays, revenir, changer de quartier, vivre dans les abris. C’est le spectre de la mort qui rôde, la barbarie qui devient une amie, la violence comme unique réponse. Ce sont encore les ruines d’une ville où finit par naître parfois la poésie. C’est la rage enfin. La rage de vivre. Ou celle de mourir. La rage de vaincre.

 

 

La guerre s’enlise et notre narratrice avec elle. Elle découvre la sexualité en même temps que la drogue. Elle multiplie les histoires d’amour catastrophiques. Et puis le père meurt. Elle arrête la cassette du Coran pour passer Nina Simone.

Mais il n’y a plus de père pour la défendre ni la protéger. Tabassée, internée, sa famille fait pression pour qu’elle cesse ce comportement qui leur fait honte, pour qu’elle cesse enfin d’être une femme libre, pour qu’elle accepte finalement le joug de la coutume et des traditions. Il faut l’autorité d’un homme pour vivre et revendiquer une telle liberté. Et des hommes comme ce père, il y en a peu.

Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter est un récit d’une force saisissante, qui vous happe et ne vous laisse pas indemne. C’est une ode à la vie et à la liberté, à la jouissance, à l’excès. C’est un poing levé contre les tyrannies politiques et religieuses. Un bras d’honneur aux convenances et aux bienséances. C’est l’incroyable adieu d’une fille à son père. C’est une chanson que l’on brandit comme revendication, comme protestation, comme contestation, comme identité, c’est un cri du cœur : « Save me » !

 

 

En savoir plus :

  • Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter, Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi, éditions Actes Sud, Collection Babel, 2008, 157 pages, 6,60 €
  • Le texte de la pièce de théâtre est également disponible : Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter, Darina Al-Joundi, Mohammed Kacimi, éditions L’Avant-Scène Théâtre, Collection des Quatre-Vents, 2007, 80 pages, 10 €
Morgane P.

Morgane P.

Rédactrice chez Bulles de Culture
Rédactrice

Littéraire dans l’âme, cœur tendre, j’aime que l’on me raconte des histoires, que l’on m’emmène à la rencontre de personnages qui me fassent vibrer, qui m’emportent, qui me touchent, et vivre à travers eux de belles et incroyables aventures.

Top 3 Littérature : Laurent Mauvignier ; "Journal" de Jean-Luc Lagarce, "Aurélien" de Luis Aragon
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Top 3 Théâtre : Jean-Luc Lagarce, Anton Tchékhov, Euripide
Morgane P.

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2 Commentaires

  1. … effectivement j’étais passé à côté. J’ai honte. Félicitations, beau travail!

  2. Une découverte pour moi … Nina Simone …. Une black …une voix qui chante le blues et le jazz … Et une bipolaire …. Une fatalité qui vous touche , dont vous héritez parfois qui vous rend si sensible à tout , et qui vous fait déteste de tous … Le jazz …la musique de l’âme …cela ne m’étonne pas que cette musique, cette voix, et cette personnalité puisse service de trame a des histoires , des romands …

    Merci Morgane pour ce commentaire

    Claude

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