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[CRITIQUE] “Sense8” (2015) saison 1 des Wachowski

sense_key_008_hAprès l’immense succès de la trilogie Matrix et quelques échecs comme Cloud Atlas ou Jupiter Ascending, le tandem Wachowski, Andy et Lana, maîtres de la science-fiction, aidés par J. Michael Straczynski, scénariste notamment sur World War Z, s’attaquent à l’univers de la série avec Sense8, disponible dès à présent sur Netflix. Notre avis.

Synopsis : Huit individus, éparpillés aux quatre coins du monde et sans relation apparente entre eux, se retrouvent connectés. Ils peuvent se voir, s’entendre, se parler comme s’ils étaient ensemble. Leur vie est alors liée. Chacun doit apprendre à utiliser ce nouveau don alors qu’ils sont recherchés par une organisation secrète qui veut les capturer pour les étudier en tant que cobaye.

Une scène d’ouverture réussie

© Murray Close
Netflix

Dès les premiers instants de Sense8, on est immergé dans un univers fantasmagorique propre aux Wachowski. On oublie les codes de la réalité pour rentrer dans la réflexion “perchés” des réalisateurs.

Dans la scène d’ouverture, une femme est en proie à des démons intérieures. Elle souffre tellement qu’elle décide de se suicider avec le soutien de son ami, interprété par Naveen Green. Avant d’effectuer cet acte de désespoir, elle connecte huit personnes entre elles pour qu’ils effectuent une mission qu’on imagine importante.

Très sombre, on est limite dans un film d’horreur avec une mise en scène à la Saw. Les premiers instants captent le spectateur qui commence à se poser plein de questions avant même le générique de début. C’est l’efficacité de l’écriture.

Une introduction mouvementée mais un rythme qui ralentit

sense8 casting
© Murray Close
Netflix

Cependant, le rythme ralentit considérablement par la suite. Les 4 premiers épisodes sont en effet une sorte de longue introduction des personnages dont le nombre important fait que le spectateur a du mal à se familiariser tout de suite avec eux. Ils ont tous un passé propre, une logique de vie et une culture différentes. Pourtant, ils vont devoir collaborer ensemble.

Si ces longues heures introductives peuvent laisser sur le carreau certaines personnes qui arrêteront Sense8, il faut quand même souligner que les protagonistes deviennent vite attachants. Parmi eux, on retrouve notamment un flic de Chicago, une DJette islandaise de Londres, un acteur mexicain, une Indienne qui travaille dans l’industrie pharmaceutique, un voleur de Berlin, un conducteur de bus Nigérian… La plus attachante est la Sud Coréenne, fille d’un puissant patron, dont la vie semble tellement étriquée qu’on attend avec impatience le moment où elle va se libérer de cette joute paternaliste.

Les questions restées sans réponse attisent la curiosité dans ces premier épisodes. Elles permettent de contrecarrer cette lenteur dans la dramaturgie. En cela, ajouté à la choralité de la mise en scène, la série tient un petit côté Lost qui n’est pas pour déplaire.

Une esthétique parfaite dans Sense8

sense8
© Murray Close
Netflix

Au-delà de l’histoire, on reconnaît à chaque instant la patte des Wachowski. L’esthétique est parfaite avec des plans HD qui sillonnent l’ensemble du globe. Pour ce faire, les paysages ont été tournés sur site, en utilisant le moins possible la technologie sur fond bleu.

On en prend plein les yeux avec des filtres qui sont affectés à chaque lieu dans lesquels évoluent les personnages. Par exemple, le milieu urbain est très froid, tirant vers le bleu, alors qu’au contraire les paysages africains sont d’un jaune vif et ensoleillé.

Les réalisateur ont certes un peu la main lourde sur les effets spéciaux qu’ils utilisent constamment pour perturber sensoriellement le public mais ça marche !

Globalement, Sense8 est dans la même veine que les films de ses créateurs. Elle est captivante, immersive et interrogative. On retrouve inévitablement quelques réflexions profondes sur le sens de la vie, l’identité des individus.
Si en étant amateur des œuvres précédentes des réalisateurs, on est susceptible d’adhérer, cette série prend aussi le pari de s’ouvrir à un nouveau public, amateur de sérialité de science-fiction.

On prend le pari qu’elle n’aurait pu se faire à la télévision…

 

 

En savoir plus :

Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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