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[ITW] Lou de Laâge et Michelangelo Passaniti, acteurs dans Le Tournoi (2015) / Lou de Laâge and Michelangelo Passaniti, actors in The Tournament (2015)

Par/by Marie Deconinck
Rédactrice/Editor

Le Tournoi - image
© Diaphana Distribution

Le Tournoi est le premier film d’Élodie Namer. Ce teen movie riche et bien ficelé sur le monde des échecs est une belle réussite. Rencontre avec les acteurs Michelangelo Passaniti et Lou de Laâge.

The Tournament is Élodie Namer‘s first feature film. This teen movie is an interesting and well done film about the world of chess. This is an interview of French actors Michelangelo Passaniti and Lou de Laâge.

More in English >> (Translation in progress, come bubble later)

Synopsis : Cal Fournier (Michelangelo Passaniti), 22 ans, est le grand favori du 34ème Tournoi international d’échecs de Budapest. Ce beau génie immature passe pourtant un temps fou à boire, courir après sa copine Lou (Lou de Laâge) et à faire des paris improbables avec les membres de son équipe. Une recette qui semble lui réussir jusqu’à ce que Max (Adam Corbier), un inconnu de 8 ans, se mette à battre tous ses concurrents.

BdC : Même si le film n’évoque jamais les règles des échecs, vous avez tous les deux appris à y jouer et toutes les parties présentes dans le film sont de vraies parties apprises par cœur par les comédiens…

Lou de Laâge (LL) : Élodie voulait faire découvrir un milieu qui souvent est très cliché dans la tête des gens et que finalement personne ne connait. On a vraiment découvert ce monde-là en travaillant en amont et le film est très réaliste. Pour préparer nos rôles, on a appris à jouer aux échecs. Michelangelo a énormément joué.

Michelangelo Passaniti (MP) : Oui je suis tombé amoureux du jeu.

LL : Et on a aussi fait de la boxe ! Michelangelo m’a donné des cours.

Le Tournoi - image
© Diaphana Distribution

BdC : Michelangelo, tu es boxeur en plus d’être comédien. Comment as-tu utilisé cela pour jouer ton rôle de champion d’échecs ?

MP : Aux échecs, une rage de vaincre est nécessaire. Garry Kasparov dit que pour gagner, il ne faut pas vouloir battre son adversaire mais le détruire : chercher les coups les plus agaçants, vouloir être une plaie. Les dispositions mentales sont les mêmes à la boxe et aux échecs.

BdC : Michelangelo comment as-tu abordé le jeu avec Adam Corbier, un enfant de 8 ans surdoué ?

MP : C’est un enfant brillant ! Il a neuf ans aujourd’hui, deux ans d’avance à l’école, il parle trois langues… et il est aussi très dynamique, comme le sont souvent les petits génies.

LL : Il a une des qualités qu’ont souvent les enfants comédiens : il vit les complètement les situations ! Je crois que ça se voit.

BdC : Qu’est-ce qui vous touche chez vos personnages ?

LL : Le personnage de Lou lutte pour des valeurs nobles mais elle est seule dans son combat. En voulant se protéger, elle s’isole. Elle se bat pour les échecs depuis qu’elle est petite, mais arrive un moment où le milieu qui l’entoure est plus fort qu’elle. C’est un personnage terrible sur ce qu’il raconte du monde. Le film essaie à travers ce personnage de parler de la condition féminine.

MP : Ce qui m’a fasciné chez mon personnage est son absence de ressenti. Sur beaucoup d’aspects, je suis différent de lui, mais je pense que mon échelle de ressenti est plus basse que la moyenne des gens : je m’emballe un peu moins, je vis tout de façon un peu moins brillante. Cal est né avec un esprit plus logique que celui de la plupart des gens. Avec les échecs, il a construit une frontière entre ses capacités émotives et ses capacités logiques. La plupart des joueurs d’échecs ont cette carence : ils travaillent tellement l’intelligence logique que tout le reste ne se développe pas.

Le Tournoi - image
© Diaphana Distribution

BdC : Comment avez-vous appris votre métier de comédien ?

LL : Depuis toute petite, je voulais faire du théâtre. Je n’avais pas envisagé le cinéma avant d’y arriver. J’étais dans une compagnie d’enfants de dix ans à dix-neuf ans, avec laquelle chaque année, on jouait une pièce à travers la France. Je suis ensuite venue à Paris faire l’École Claude Mathieu. C’est le théâtre qui m’a donné les piliers pour envisager un personnage, sans ça, je me serais sentie larguée.
MP : J’ai fait beaucoup d’impro. Et pour préparer le rôle, j’ai été coaché par un ancien professeur de l’Actors Studio qui enseigne la mémoire sensorielle.

BdC : Michelangelo, qui étais-tu avant de jouer dans ce film ?

MP : J’étais un adolescent prétentieux et bagarreur. J’ai mauvais caractère, je suis colérique et je n’aime pas qu’on me marche dessus. Ça m’a rendu plus modeste de faire ce film. Rencontrer Élodie Namer et les joueurs d’échecs m’a appris à avoir des valeurs.

LL : Ce n’est pas le travail de comédien qui rend prétentieux. Il rend plutôt modeste. Ce qui rend prétentieux, c’est tout ce qu’il y a autour.

BdC : Michelangelo, Le Tournoi est ton premier long métrage. Quel serait ton rêve pour les prochaines années ?

MP : J’ai envie de jouer un boxeur ! Çà n’arrivera peut-être jamais parce qu’il y a déjà eu beaucoup de films sur ce domaine. Ce qui m’intéresse, c’est le moment où un boxeur décide qu’il ne sait faire que ça. Se battre est ce qu’il fait mieux que les autres, c’est sa seule chance dans la vie. Les joueurs d’échecs ont un avantage par rapport aux boxeurs : c’est grand d’être intelligent alors qu’il n’y a rien de grand à savoir se battre.

Propos recueillis à Paris en avril 2015.

En savoir plus :
http://bullesdeculture.blogspot.com/search/label/Le%20Tournoi (critique et interviews du film)
http://diaphana.fr/film/le-tournoi (site officiel du distributeur)
– date de sortie France : 29/04/2015

Marie Deconinck

Marie Deconinck

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Comédienne franco-québécoise, scénariste à mes heures et surtout obsédée de cinéma, j'aime les oeuvres flamboyantes et hypersensibles (Terrence Malick, Leos Carax, Charlie Kaufman, Xavier Dolan, David Lynch, Les frères Coen, Coppola...).

Top 5 Cinéma : "Nos meilleures années" (2003),"The Tree of Life" (2011), "Fargo" (1996), "Apocalypse Now" (1979), "Les enfants du paradis" (1945), "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" (2004)
Marie Deconinck

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