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Dear White People (2014), guide de survie dans un monde de Blancs / survival guide in a White’s world

Dear White People - affiche
Franche réussite, bonne tranche de rire et sujet d’actualité, Dear White People de Justin Simien est efficace, plein de fougue et d’énergie et nous fait raisonner sur des problématiques actuelles.

Synopsis : Nous y suivons la vie à l’université de Winchester, un nid d’étudiants brillants voués à de grandes carrières dans différents domaines. Samantha White – interprété par la charismatique Tessa Thompson (Prix du Meilleur espoir aux Gotham Awards 2014) tient une émission de radio Dear White People [aka « Chers Blancs »] où elle moque le comportement des blancs envers la communauté noire. En effet, le campus possède plusieurs résidences dont la Armstrong/Parker réservée aux étudiants afro-américains que le Président (Peter Syvertsen) menace de fermer. Sam lutte, se fait entendre et va être élue à sa grande surprise, représentante des étudiants.

Dear White People - image
© Happiness Distribution

Prix Spécial du Jury au Festival de Sundance 2014, le film met en scène des personnages hauts en couleur qui illustrent le problème de l’identité et des inégalités sociales de nos jours, dues à aux origines ou à la couleur de peau…

En jouant sur les clichés et les stéréotypes, ce film traduit et décrit de façon satirique la complexité de la question raciale aux États-Unis de nos jours. En effet, tous les problèmes ne se sont pas réglés avec l’arrivée d’Obama et la question de l »identité traitée dans le film est aujourd’hui plus que jamais une question d’actualité. Le réalisateur Justin Simien insiste sur le fait que malgré l’élection d’un Président noir, « le succès d’un homme ne fait pas le succès de tous. (…) L’élection est à double tranchant: on peut du coup, occulter certains problèmes qui persistent dans le pays ».

 

Même s’il est parfois plus insidieux, le racisme est toujours présent bien qu’il devient aujourd’hui presque tabou d’en parler… En effet, Justin Simien s’est vu accuser de « racisme anti-blancs » par certains lors de sa sortie aux États-Unis. Celui-ci s’explique en disant  » qu’il ne voulait offenser personne mais exprimer le malaise que peut encore ressentir aujourd’hui la jeunesse noire dans un environnement blanc « , en s’inspirant de sa propre histoire et de ses années de faculté.

Le réalisateur a confié avoir eu « beaucoup de retours positifs » de la part de différents publics qui se sont sentis « représentés » par ses personnages qui cherchent juste leur place, à leur manière dans différentes situations, et qui se sentent jugés ou dévalorisés par rapport à leur couleur de peau.

Dear White People - image
© Happiness Distribution

Dans son émission, Sam s’adresse aux Blancs de façon cynique et acerbe. Sa voix ouvre le film : « Dear White People, le nombre d’amis noirs désormais requis pour ne pas paraître raciste vient de passer à deux. Et désolé, cela n’inclut pas Tyrone, votre dealer de cannabis…  »

Fille d’une mère noire et d’un père blanc, Sam essaie d’oublier ses origines européennes et n’assume que moyennement son métissage. Elle cache à tout le monde son histoire avec Martin (Brian Curtis James), jeune homme blanc, fou amoureux d’elle et soutien indéfectible dans toutes ces décisions. En guerre perpétuelle contre les stéréotypes et les préjugés des blancs, Sam fait paraître son propre livre Ebony and Ivory, sorte de « guide de survie en milieu blanc », où elle répertorie des anecdotes, des tests à faire pour prouver le mépris et le racisme de ceux-ci envers la communauté afro-américaine.

Très vive et très radicale, elle classe les Noirs dans trois catégories immuables et caricaturales représentées par les autres personnages du film :
les « Ooftas » représentent ceux qui adaptent leurs personnalités en fonction de leur auditoire, n’hésitant pas à alimenter les stéréotypes et à faire des blagues douteuses si cela les aide à s’intégrer à un groupe. Le personnage de Troy (Brandon P Bell) en est l’exemple le plus parlant. Fils du Doyen de l’Université (Denis Haysbert) et ex-petit ami de Sam, il exécute toutes les volontés de son paternel. Ce dernier, ayant lui-même fait de brillantes études à Winchester, est en conflit perpétuel avec le Président de l’Université, un ancien camarade de promo blanc avec lequel il s’est toujours senti injustement mis en compétition. Obsédé par l’intégration et la réussite de son fils, il le pousse à faire des choix que celui-ci n’approuve pas, mais qu’il accepte docilement…
 – dans un style différent, les « Nez-Refaits » essaient à tout prix d’avoir les mêmes caractéristiques physiques que les blancs. Ils renient ce qu’ils sont et d’où ils viennent, comme le magnifique personnage Coco, alias« Colandrea » (Teyonah Parris), qui fait tout pour s’éloigner de ses racines et de son environnement familial… Les prises de parole de Sam l’agace et elle cherche à rester exclusivement avec des blancs. S’intégrer pour elle signifie cesser d’être ce qu’elle est et renier son milieu social d’origine.
– enfin, les « 100% » sont ceux qui, plus que l’égalité et le pacifisme, prônent une séparation nette entre les deux communautés. Comme le personnage de Reggie (Marque Richardson), ami de Sam et sorte de Malcolm X moderne,  ils pensent que l’égalité de leurs droits passe inévitablement par l’affrontement et le conflit.

Dear White People - image
© Happiness Distribution
 

En plus d’un rythme prenant et de situations cocasses à mourir de rire, Justin Simien nous offre de très belles images où les héros sont sans cesse magnifiés par la lumière et le cadrage. Cette légèreté de ton permet, sans donner de réponses et sans donner de jugement, d’exprimer un ressenti et de soulever des questions importantes .

En bref, gentiment barré et délicieusement drôle, Dear White People nous enchante en abordant en douceur et avec humour les « complexités de la conscience raciale au temps d’Obama » (New York Times).

 

Pour en savoir plus:
http://www.happinessdistribution.com/catalogue/181-dear-white-people (site officiel du distributeur)
– date de sortie France : 25/03/ 2015

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