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“Hard Day” (2014), un polar burlesque

Fin d’année en mode humour noir décalé avec le film Hard Day (끝까지 간다, 2014), deuxième long métrage du réalisateur coréen Kim Seong-hun (How the lack of love affects two men, 2006) ou les tribulations d’un policier dans les rues coréennes pour camoufler ses méfaits. 
    

Synopsis :

En route pour assister aux funérailles de sa mère, et tandis qu’il est visé par une enquête pour corruption, le lieutenant de police Ko Gun-su (Lee Sun-gyun) renverse accidentellement un homme. Pour se couvrir, il décide de cacher le corps dans le cercueil de sa mère. Lorsque l’affaire est découverte, on nomme son partenaire, Detective Choi (Jeong Man-sik), pour mener l’enquête. Et quand l’unique témoin de l’accident l’appelle pour le faire chanter, Gun-su comprend qu’il n’est pas au bout de ses peines…

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2014, ce film est une plongée fictionnelle dans les coulisses d’une police sud-coréenne corrompue.

Un film singulier

 

© Bodega Films

Disons-le tout de suite, Hard Day est un film singulier. En effet, pendant presque deux heures, le réalisateur Kim Seong-hun va nous mettre dans les pas d’un homme qui est loin d’être un héros : il fait partie d’une brigade de policiers ripoux, sa femme a demandé le divorce et il préfère se débarrasser d’un corps en usant de sa position sociale plutôt que de se dénoncer. Mais ce qui va le rendre attachant et rendre le film haletant, ce sont les nombreux bâtons que l’auteur-réalisateur va glisser dans les roues de la belle voiture coréenne Kia du lieutenant de police.

Des corps burlesques

 

© Bodega Films

Ce qui est fascinant dans le film est que son point de départ absurde (maquiller un accident et non un meurtre) va entraîner le personnage principal – qui, pour ajouter au plaisir, est très malchanceux –  dans un engrenage implacable d’une succession de situations de plus en plus inextricables et… burlesques. Le genre burlesque est souvent présent dans les films noirs coréens. Ainsi en est-il des scènes de ce film comme celle au bord d’un toit où Ko Gun-su interroge un homme en le menaçant de le pousser dans le vide s’il ne parle pas. Le burlesque naît de l’exagération du jeu des comédiens (les cris de panique du suspect qui déforme son visage ) et l’absurdité de la scène (les petits coups de pied au cul donné au suspect par le lieutenant pour le convaincre de parler).

Une lumière travaillée

 

 

© Bodega Films

Comme souvent dans les films venus d’Asie, la lumière du chef opérateur Kim Tae-sung est magnifique. L’ombre et la lumière sont magnifiquement travaillées sur les personnages et les décors. Et si le film part du sombre de la nuit à la belle lumière du jour, le réalisateur ne se prive pas d’un plan final sous la lumière de néons blafards pour rappeler la nature pas si exempte de tout reproche du personnage principal.

Un polar décalé

 

Bref, avec peut-être un twist de trop à la fin mais une utilisation efficace du thème entêtant de Dmitri Shostakovich (Valse No. 2), Hard Day est un très sympathique polar décalé qui comblera les fans du genre en cette fin d’année.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 07/01.2015
  • Distribution France : Bodega Films
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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