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[CRITIQUE] “A Most Violent Year” (2014) de J.C. Chandor

À la base de la filmographie du réalisateur J.C. Chandor, on retrouve des parcours de vie d’individus en perte de repères luttant pour leur survie dans un monde hostile. Dans All Is Lost, un navigateur de talent, interprété par Robert Redford, subissait les affres d’une tempête d’envergure. Pour Margin Call, Kevin Spacey se frottait à l’économie de Wall Street et devait tout faire pour sauver sa peau dans ce milieu de requins bouleversé par une crise économique annoncée. Pas étonnant donc de retrouver au centre du récit de A Most Violent Year cet instinct d’urgence qui scotche le spectateur à son siège. Notre avis.

Synopsis :

À New York au début des années 80, la ville est sous le contrôle de la mafia du pétrole. Abel Morales (Oscar Isaac) est un immigré qui tente de se faire une place dans ce milieu. Cependant, la violence dans lequel il baigne risque de détruire tout ce qu’il a construit, dont sa famille.

A Most Violent Year : Deux acteurs sublimes

A Most Violent Year image 1
© StudioCanal

La force de du film A Most Violent Year résulte inévitablement dans la prise de position esthétique du réalisateur. Dès les premières images, on est dans une ambiance dérangeante, obscurcie par une lumière jaune. La ville de New York est un personnage vivant à part entière, sublimé par des plans larges. Si elle est d’une douceur extrême dans le crépuscule du matin – notamment à la fin du film lorsque les personnages admirent un Manhattan faussement apaisé -, elle est d’une brutalité immense dans les scènes d’exécution situées dans la pénombre sombre d’une ruelle mal fréquentée.

Pour tenir cet univers stéréotypé, J.C. Chandor se repose dans A Most Violent Year sur deux acteurs sublimes, charismatiques qui nourrissent l’intrigue d’une intensité dramatique. Oscar Isaac est dans le contrepied de son rôle dans Inside Llewyn Davis ou il interprétait un musicien frêle et fragile. Il est ici froid et déterminé. La première scène où on le voit en train de faire son jogging quotidien caractérise sa pugnacité à survivre dans ce monde d’escrocs. Jessica Chastain incarne tout en finesse cette femme de pouvoir, mariée à Abel Morales, prête à tout pour protéger sa famille. Elle cristallise l’écran et apporte avec son jeu minimaliste une portée grandiose.

Un film ambitieux mais inabouti

A Most Violent Year image 2
© StudioCanal

A côté de ces qualités indéniables, il est dommage que J.C. Chandor n’arrive pas à fournir un scénario sans fausse note au long métrage A Most Violent Year . En effet, le rythme est parfois monocorde. Le réalisateur peine à donner une intensité réelle à ses scènes d’action qu’il noie malheureusement dans un récit complexe et pesant. En effet, l’adrénaline ne monte pas lorsque Abel poursuit un mafieux qui vient de s’en prendre à l’un de ses camions de pétrole. De même,  c’est pratiquement sans sursaut, comme anesthésié, que l’on assiste aux meurtres des conducteurs.

Ambitieux, J.C. Chandor s’inscrit avec le film A Most Violent Year dans la riche mouvance de réalisateurs célèbres comme Sidney Lumet ou Brian de Palma. Pour autant, le ton résolument intello de son histoire aux multiples questions sans réponses brouille les pistes quant à la capacité du cinéaste à garder l’attention du spectateur tout au long de son récit.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 31/12/2014
  • Distribution France : StudioCanal
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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