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ENNIO MORRICONE
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Mauvaises Herbes critique film avis affiche Kheiron

Critique / « Mauvaises herbes » (2018) : retour bâclé pour Kheiron

Mauvaises herbes est le deuxième long-métrage de et avec l’humoriste Kheiron qui a fait appel à deux pointures du cinéma français pour l’accompagner : Catherine Deneuve et André Dussollier. La critique film et l’avis de Bulles de Culture.

Synopsis :

Waël (Kheiron), un ancien enfant des rues, vit en banlieue parisienne de petites arnaques qu’il commet avec Monique (Catherine Deneuve), une femme à la retraite qui tient visiblement beaucoup à lui. Sa vie prend un tournant le jour où un ami de cette dernière, Victor (André Dussollier), lui offre, sur insistance de Monique, un petit job bénévole dans son centre d’enfants exclus du système scolaire. Waël se retrouve peu à peu responsable d’un groupe de six adolescents expulsés pour absentéisme, insolence ou encore port d’arme. De cette rencontre explosive entre « mauvaises herbes » va naître un véritable miracle.

Mauvaises herbes : la magie ne prend pas

Après Nous trois ou rien (2015) qui racontait l’histoire vraie de ses parents fuyant l’Iran, Kheiron s’attache une nouvelle fois à mettre en avant les laissés-pour-compte. Dans une certaine continuité, le réalisateur tient à parler de ces enfants exclus du système scolaire, avec toujours en filigrane, un message d’espoir sur la banlieue, endroit qui l’a vu grandir. Ce Mauvaises herbes, bien que premier scénario original du cinéaste, est néanmoins un brin autobiographique tant on peut y déceler le caractère de Kheiron dans ces jeunes atypiques.

Cependant, ce deuxième long-métrage perd la subtilité du premier à cause de scènes caricaturales. L’osmose ne prend pas avec le groupe d’adolescents qui se basculent un peu trop facilement de délinquants inattentifs à de jeunes espoirs captivés par leur animateur. Ce n’est pas les pitreries de Kheiron lors des séances qui convaincront. Ces moments atypiques sont ponctuées par des blagues qui tombent à plat, à gros trait de caricatures. Une chose est sûre, si la transformation des jeunes se fait un peu par magie, un peu comme dans Esprits Rebelles (John N. Smith), celle-ci ne prend pas dans Mauvaises herbes.

Catherine Deneuve, d’une jeunesse insolente

Cette fois-ci, la mise en scène de ce film tire les violons à mauvais escient. La jeunesse misérable du protagoniste est une sorte de copie de Slumdog Millionnaire (Danny Boyle), ou du plus récent Capharnaüm (Nadine Labaki). Pourtant, le traitement est conventionnel et reste dans les carcans ordonnés d’un bon film français du dimanche soir plutôt que de livrer une vraie proposition d’auteur.

Néanmoins, on sent dans ce Mauvaises herbes une touche Kheiron qui empreinte des sujets graves pour les traiter avec légèreté. Mais c’est surtout le choc intergénérationnel qui est particulièrement intéressant dans cette oeuvre. Catherine Deneuve, d’une jeunesse insolente, est drôle avec ses répliques de femme de caractère face à un amour de jeunesse joué par André Dussolier, gauche et attachant. Mauvaises herbes a donc du potentiel mais celui-ci est gâché par un scénario peu soigné et des situations pas crédibles.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 21/11/2018
  • Distribution France : Mars Films
Antoine Corte

Un commentaire

  1. Et bien moi et tout mon entourage, toute génération confondue, avons trouvé ce film absolument sympathique et émouvant. Chaque acteur parfait….Un film digne d’un Capra. ..Nous avons ri, et pleuré..Et sommes sortis le coeur pris par cette belle histoire. ..

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