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Terminator: Dark Fate affiche film cinéma

[Critique] « Terminator: Dark Fate » (2019) de Tim Miller

« Je reviendrai » : nous étions prévenus, voici un nouvel épisode de la saga Terminator avec le retour de Linda Hamilton en une Sarah Connor plus badass que jamais. L’avis et la critique film de Bulles de Culture sur Terminator: Dark Fate de Tim Miller.

Synopsis :

De nos jours à Mexico. Dani Ramos (Natalia Reyes), 21 ans, travaille sur une chaîne de montage dans une usine automobile. Celle-ci voit sa vie bouleversée quand elle se retrouve soudainement confrontée à 2 inconnus : d’un côté Gabriel, une machine Terminator des plus évoluées, indestructible et protéiforme, un « Rev-9 » (Gabriel Luna), venue du futur pour la tuer ; de l’autre Grace (Mackenzie Davis), un super-soldat génétiquement augmenté, envoyée pour la protéger. Embarquées dans une haletante course-poursuite à travers la ville, Dani et Grace ne doivent leur salut qu’à l’intervention de la redoutable Sarah Connor (Linda Hamilton), qui, avec l’aide d’une source mystérieuse, traque les Terminators depuis des décennies. Déterminées à rejoindre cet allié inconnu au Texas, elles se mettent en route, mais le Terminator Rev-9 les poursuit sans relâche, de même que la police, les drones et les patrouilles frontalières… L’enjeu est d’autant plus grand que sauver Dani, c’est sauver l’avenir de l’humanité.

Terminator: Dark Fate : une intrigue familière et bien huilée

Sixième épisode de la franchise, Terminator: Dark Fate reprend en fait l’histoire après Terminator 2 : Le Jugement Dernier. Oublions donc les Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines, Terminator Renaissance et Terminator Genisys. James Cameron, réalisateur des deux premiers opus, est revenu mettre son grain de sel dans cette grosse production réalisée par Tim Miller, connu pour Deadpool (2016).

Tentons un bref résumé de la mythologie Terminator. Dans le premier opus, le Terminator, sous les traits d’Arnold Schwarzenegger, est un méchant robot très costaud envoyé du futur afin de tuer une humaine, Sarah Connor (Linda Hamilton). Pourquoi voudrait-il la tuer ? Elle va enfanter John Connor, celui qui deviendra plus tard le leader de la résistance humaine face aux Machines, devenues très avides de pouvoir et très peu sensibles à la vie humaine après une guerre nucléaire. On ressentait donc déjà la peur des débordements de l’intelligence artificielle dans les années 80. Heureusement, John Connor envoie en parallèle Kyle (Michael Biehn), un résistant humain afin de protéger sa mère et assurer sa naissance. Kyle mène à bien sa mission puisque, pour la faire courte, il met Sarah enceinte, lui sauve la vie et meurt dans un acte de bravoure quasiment fatal pour le Terminator.

Quand Terminator rime avec girl power

Comment réinventer ce schéma narratif déjà bien éculé en 2019 ? L’affiche et les premières images laissaient entrevoir un casting assez féminin, ce qui est plutôt étonnant pour une saga gonflée à la testostérone et à l’huile de moteur. On y voit :

  • Linda Hamilton qui reprend son rôle de Sarah Connor 35 ans après le premier volet. Elle n’a plus grand chose à voir avec l’image de la Sainte Vierge, dis donc.
  • Mackenzie Davis (inoubliable Yorky dans l’épisode San Junipero de la série Black Mirror) en humaine « améliorée » : prénommée Grace, c’est elle qui a la mission de sauver la nouvelle cible du Terminator
  • Natalia Reyes interprète cette nouvelle cible, Dani.

Dani est-elle la nouvelle Sarah Connor ? Va-t-elle mettre au monde le prochain sauveur de l’humanité ? C’est ce qu’on nous fait croire pendant une bonne partie du film. Mais la vérité est bien plus intéressante et bien plus féministe. Là où les premiers films faisaient de Sarah Connor une sorte de Marie (mère du sauveur de l’humanité), Terminator version 2019 se moque le temps d’une réplique de cette référence biblique et montre qu’une femme n’a pas besoin d’être la mère de quelqu’un pour mériter d’être sauvée. 

Contrairement aux préjugés, Terminator: Dark Fate passe allègrement le test de Bechdel. La dynamique du trio Sarah/Grace/Dani est extrêmement réjouissante. Après ce qui est arrivé dans Terminator 2 : Le Jugement Dernier, Sarah Connor est déterminée à éliminer méthodiquement chaque Machine venue du futur. Accro à l’alcool, aux chips et aux grosses armes, c’est un bonheur de retrouver une Sarah Connor plus puissante que jamais. Ne serait-elle pas la vraie héroïne ? C’est en en tout cas elle qui, dans cet opus, prononce la fameuse réplique culte « Je reviendrai », « I’ll be back » en version originale. Tant bien que mal, Grace finira par obtenir sa confiance, et c’est ensemble qu’elles protégeront la jeune Dani, qui gagne en épaisseur au fur et à mesure de l’intrigue. Entre Grace et Dani, on passe d’une méfiance légitime à un profond respect et une admiration mutuelle. On espère que le prochain opus, déjà prévu pour 2022, sera centré sur cette relation.

Un Terminator ancré dans son époque ?

Dans ce Terminator: Dark Fate, les clins d’œil aux anciens épisodes sont très nombreux : devant certaines scènes d’action, on oscille ainsi entre déjà-vu et nostalgie. Mais le plus gros clin d’œil est évidemment la présence d’Arnold Schwarzenegger. Absent durant la première moitié du film, l’ex-Terminator repenti apparaît comme une aide indispensable à la destruction de la Machine nouvelle génération, ce qui un peu agaçant tant on est persuadé que les trois héroïnes auraient pu s’en sortir sans homme.

L’intérêt de la présence de Schwarzy est certainement moins scénaristique que nostalgique : les fans sont contents de retrouver leur héros, et il faut bien avouer que ses interactions avec Sarah Connor ajoutent quelques notes humoristiques appréciables.

Si l’ennemi du futur a changé de nom (on ne craint plus « Skynet » mais « Légion »), les questions philosophiques restent les mêmes depuis le début de la franchise : avec les progrès de l’intelligence artificielle, les robots vont-ils finir par nous diriger ? Avons-nous un destin déjà tracé ou pouvons-nous décider de notre futur, et comment ? Finalement, qu’est-ce qui fait de nous un humain ? L’empathie, l’humour ? Voilà des questions que les fans de Terminator se posent depuis 35 ans.

Quelques éléments de l’intrigue résonnent plus spécifiquement avec notre monde de 2019, comme ce camp de détention d’immigrés au Mexique. Mais surtout, avec Sarah Connor, Grace et Dani, Terminator: Dark Fate fait montre d’une audacieuse modernité : une soixantenaire, une jeune femme hispanique et une cyborg androgyne prennent les armes et mettent la misère à un robot à première vue indestructible. Comme c’est rare et réjouissant de voir cela dans un film d’action !

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 23/10/2019
  • Distribution France : Twentieth Century Fox France

Lauriane N.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Cinéphile dilettante, j'aime qu'on me raconte des histoires.

Top 3 Cinéma : "Mulholland Drive" (2001), "Mommy" (2014), "Volver" (2006)
Lauriane N.

2 Commentaires

  1. Votre critique est désastreuse, vous ne parlez même pas de l’attitude ridicule du T800 qui au lieu de préparer le jugement dernier à la fin de sa mission, décide de se marier, de prendre un chien et de changer des couches. D’ailleurs il reconnait que sa femme l’apprecie car il est super éfficace !!!!. Le mouvement ME TOO a des adeptes de notre côté aussi

  2. UN TERMINATOR ANCRE DANS SON EPOQUE ?

    Au moins un point où je suis d’accord vu qu’il est ancré dans la médiocrité filmique du moment (exception faite du Joker) quoique il sera rattrapé prochainement par Charlie’s Angels 2019. Avec des cascades et une intrigue semblables à un téléfilm allemand sur TMC « Alerte Cobra  » (ou W9 je sais plus).

    QUAND TERMINATOR RIME AVEC GIRL POWER

    Heureusement je suis un mec j’ai compris les images subliminales et les mots clés subliminaux qui jonchent le film mention particulière au « ‘nouveau » T 800 adepte des changements de couche ! et de « je ferme ma gueule » vendeur de rideaux de son état (la présence de Swcharzy dans ce métier va être un grand créateur de vocation sans doute ?) – bref que de rêve dans ce film !!! – je vais dans mon Castorama local prochainement peut-être que le vendeur est un T-800 en puissance ???.

    Dernière réplique qui va faire date  » les femmes sauvent le monde aussi »(un truc du genre) Girl power rime avec Nanar power plutôt ! Linda Hamliton le faisait déjà dans le 2 sans avoir besoin de le dire avec un tableau géant !!!.

    UNE INTRIGUE FAMILIERE BIEN HUILEE

    Une intrigue familière plutôt bien « rouillée », la séquence à la frontière…clin d’oeil au méchant Trump ??? mais je m’en fout comme de l’an 40 de ce clin d’oeil – si je veux voir l’avis politique de BFM TV j’ai pas besoin de Terminator Dark Fate, je regarderais la chronique de Jean-Bernard Cadier ou de François Durpaire elle coûte pas une place de ciné au moins !!!.

    Les mecs ouvrez là et changez pas les couches – quoique un TX609 000 peut revenir du futur faites attention !!!.

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