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[Critique Cannes 2019] « The Dead Don’t Die » (2018) de Jim Jarmusch

The Dead Don’t Die de Jim Jarmusch lance les festivités du 72ème Festival de Cannes. L’édition 2019 s’ouvre mardi 19 mai avec ce film de zombie avec une sortie simultanée dans les salles de cinéma. Le réalisateur de Paterson va-t-il réveiller un festival que certains annoncent comme mort ? La critique film et l’avis de Bulles de Culture.

Synopsis :

Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville : THE DEAD DON’T DIE – les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir. La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville.  

L’univers ultra-référencé de The Dead Don’t Die

Grand amateur de musique pop rock, Jim Jarmusch ouvre son film par la chanson The Dead Don’t Die de Sturgill Simpson. Cette ballade country, dont est tirée le titre du film, va être le runing gag d’un scénario qui bascule vers la folie. Pendant que le policier du comté, interprété par Bill Muray, est lassé de cette chanson qui passe sans arrêt à la radio, une bande d’étudiants, menée par l’actrice Selena Gomez, la trouve plutôt cool. C’est alors qu’on voit apparaitre Tilda Swinton, sous les traits d’un croque mort, qui brandit son katana. On comprend vite que The Dead Don’t Die n’est pas un film d’horreur mais bien une oeuvre complètement déjantée comme Jim Jarmusch sait les faire. 

Le réalisateur truffe le long métrage de références appuyées. On pense notamment à l’univers ultra stylisé de Wes Anderson, renforcé par la présence de ses deux acteurs fétiches Tilda Swinton et Bill Muray. Il est également impossible dans ce film de passer à côté des inspirations « séries Z », portées au cinéma par son ami réalisateur Robert Rodriguez. La manière de filmer les trajets en voiture font ainsi penser au diptyque Grindhouse (Boulevard de la Mort/Planète Terreur) que ce dernier avait réalisé avec Quentin Tarantino. Enfin, Jarmusch distille dans son scénario des petits clins d’oeil aux carrières de ses comédiens. Le personnage d’Adam Driver, l’agent Peterson (déjà une référence à son rôle précédent dans Paterson), remet ainsi à Tilda Swinton un porte-clé Star Wars laquelle réplique instantanément : « Très bonne saga Star Wars« . 

Le réalisateur se permet extravagances et transgressions

On rit énormément de The Dead Don’t Die qui devient une énorme frasque crépusculaire. Les dialogues sont déjantés. Tandis que les situations tirent vers l’absurde. « – Ca va mal finir ! – Pourquoi tu dis ça ? – Parce que j’ai lu le scénario en entier« . On en vient finalement à se demander si The Dead Don’t Die est réellement un film de zombie. En effet, on ne voit apparaitre les premières créatures fantastiques qu’au bout d’une heure de film. Et encore ! sous les traits d’Iggy Pop bouffie qui n’a qu’une envie : boire un café. Il faut dire qu’on est loin de l’ambiance à la Walking Dead. Les êtres réincarnés gardent leurs instincts primaires en se rendant directement en pharmacie pour prendre du Xanax ou en demandant du Chardonnay. Certes, ils continuent à manger les vivants, mais cette préoccupation semble plus anecdotique. 

Au final, Jim Jarmusch offre une belle barre de rire avec son ovni (le mot n’est pas choisi au hasard !) The Dead Don’t Die. Le film d’horreur se transforme en un défouloir de cour de récré où le réalisateur se permet extravagances et transgressions. 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 14/05/2019
  • Distribution France : Universal Pictures France

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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