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Alice et le maire - Photo Anaïs Demoustier, Fabrice Luchini critique avis film
© BAC Films

[Critique Cannes 2019] « Alice et le maire » (2018) de Nicolas Pariser

Alice et le maire de Nicolas Pariser avec Fabrice Luchini et Anais Demoustier est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs dans le cadre du Festival de Cannes 2019. L’avis et la critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Le maire de Lyon, Paul Théraneau (Fabrice Luchini), va mal. Il n’a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann (Anais Demoustier). Un dialogue se noue, qui rapproche Alice et le maire et ébranle leurs certitudes.

Alice et le maire : inspiration rohmérienne

C’est à la force de ses dialogues que Nicolas Pariser a construit Alice et le maire, teinté d’une forte inspiration d’Eric Rohmer. Impossible en effet de ne pas associer le film à L’Arbre, et le maire à la médiathèque. Le cinéaste ne se cache pas de ses inspirations : « Disons que l’œuvre d’Éric Rohmer dans son ensemble est pour moi une influence considérable. Dans un premier temps, je voulais que le film ne soit qu’une succession de scènes entre Alice et le maire, une sorte de suite de « dialogues philosophiques » mais c’était sans doute trop théorique, il fallait des choses autour« . 

Alice et le maire est une plongée dans les incarnes de la politique. A l’opposé de L’exercice de l’Etat de Pierre Schoeller, le long métrage avec Fabrice Luchini utilise la force théâtrale de l’acteur pour créer une fable philosophique. Les textes sont travaillés et ne parlent que de politique. La subtilité des dialogues est ancrée dans un contexte sociologique très actuel. La scène de préparation du discours d’investiture de Paul Théraneau est un vrai petit bijou. Les deux protagonistes se complètent dénonçant un système qui transforme notamment les ingénieurs en banquiers, les penseurs en banquier ou les étudiants en école de commerce en banquier. Le film évite d’être pompeux grâce à des pointes d’humour distillées avec parcimonie. 

« Long métrage frais et agréable »

Face à Fabrice Luchini qui ne déçoit jamais, Anais Demoustier s’infiltre en douceur sans en faire trop. Son personnage est à l’écoute d’une directrice de cabinet punchie. Elle arrive grâce à son seul intellect à redonner du sens aux actions de son patron. Le film s’accompagne par ailleurs d’une mise en scène classique, mais soignée. Alice et le maire montre à quel point le métier de dialoguiste doit de nouveau avoir une place prédominante dans le cinéma français. Tel un parolier, il est au centre de la réussite de ce long métrage frais et agréable. 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 02/10/2019
  • Distribution France : BAC Films

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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